Prenez du bon temps !

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Connaîtrons-nous d’autres records de ventes ? Difficile à dire dans cette période d’incertitude.

Après des années de croissance en termes de ventes et de revenus et une quatrième année consécutive de ventes record de véhicules neufs (un peu moins que 1,95 million vendus en 2016), il est tentant de se camper dans son siège et de prendre du bon temps.

Les concessionnaires d’automobiles ont été largement épargnés par les tempêtes qui ont touché d’autres secteurs du commerce de détail en raison du simple fait que, pour un achat aussi important et peu fréquent qu’un véhicule, il est vital de voir, de toucher et de sentir le produit avant d’investir des dizaines de milliers de dollars.

En d’autres mots, donner un coup de pied dans les pneus ne peut se faire en ligne ; ainsi, les concessionnaires ont prospéré dans une ère de valeur sans précédent dans l’industrie, avec le meilleur produit dans l’histoire offert à un prix concurrentiel.

Et les consommateurs ont joué un rôle dans le succès de ces dernières années en se procurant des millions de véhicules neufs et en assurant aux concessionnaires des revenus record chaque année au cours des dernières années.

Mais le passé n’est pas garant de l’avenir ; et tandis que les fondements de notre industrie restent solides — l’offre et la qualité du produit continueront à s’améliorer puisque les constructeurs investissent des milliards pour mettre des produits concurrentiels sur le marché — il est important de mettre les choses en perspective.

D’abord, le niveau d’endettement des consommateurs qui soutiennent actuellement les ventes ne doit pas être négligé.

Bien sûr, la dette a toujours fait partie intégrante de nos ventes, et 9 acheteurs de voitures neuves sur 10 requièrent du financement pour être en mesure de compléter la transaction.

Émergence de prêts à échéance très longue

On a connu une augmentation de la dépendance aux prêts à échéance très longue pour faire ramener le versement mensuel (ou hebdomadaire) à sa valeur la plus faible possible.

Cette façon d’amortir le prix du véhicule est soutenue par le fait que les véhicules durent plus longtemps, bien sûr ; mais cette tendance positive des voitures qui durent plus longtemps n’est pas de bon augure pour les ventes à venir. Et c’est un peu la même chose pour la sur-dépendance à l’égard des prêts qui s’approchent des 100 mois.

Il y a aussi la question de notre niveau de croissance économique régulièrement médiocre. Nous ne sommes plus à l’avant-garde à cet égard, et même si notre croissance totale depuis 2009 semble forte par rapport à celle de nos homologues du G7, elle a eu lieu, la plupart du temps, pendant la première moitié de la période écoulée depuis la récession.

« On a connu une augmentation de la dépendance aux prêts à échéance très longue pour faire ramener le versement mensuel (ou hebdomadaire) à sa valeur la plus faible possible. »

Au cours des dernières années, nous nous sommes retrouvés au mieux dans le milieu du peloton en termes de croissance économique de pays riche. Pour cette année, les projections, pour la plupart, nous placent sous les 2 %, ce qui n’est pas très élevé.

Une croissance pas vraiment spectaculaire

Un indice important, comme les ventes de véhicules neufs, ne peut pas continuer à surpasser la croissance économique ad vitam aeternam, comme c’est le cas depuis plusieurs années maintenant. Et même avec le record établi en 2016, la croissance des ventes n’a été que légèrement inférieure à 2 % par rapport à l’année précédente.

C’est donc dire que notre propre croissance commence à ressembler plus étroitement à la croissance économique globale, que personne ne prévoit qu’elle sera très forte cette année ou dans l’avenir immédiat.

Enfin, c’est également la même situation dans les journaux d’aujourd’hui et les ragots de bureau au sud de la frontière. Le monde connaît maintenant l’administration américaine la plus protectionniste de l’après-guerre et un leadership qui semble vouloir laisser son rôle vital de garant du commerce mondial et de la paix (économique et autre).

Ici, au Canada — Bien que nous ayons reçu l’assurance que la plupart des grands joueurs commerciaux de Washington s’orienteront vers le sud au-delà de la frontière mexicaine — il est difficile de conclure qu’il n’y aura aucun dommage collatéral à la relation commerciale bidirectionnelle la plus précieuse du monde.

Même si nous parvenons à éviter l’érection d’un mur le long du 49e parallèle, il n’est pas difficile de prédire les conséquences économiques négatives majeures aux États-Unis si le président Trump met en place sa plateforme économique nationale. S’il déclenche une guerre commerciale avec le Mexique ou la Chine et entraîne l’économie américaine en récession, nous la sentirons chez nous, malgré l’habileté de nos diplomates.

Ceci dit, nous sommes toujours dans une position très forte. Si vous aviez dit à la plupart des joueurs de l’industrie en 2009 que nous serions dans un marché de 2 millions de véhicules en 2016 et en 2017, vous auriez fait rire de vous.

Nous avons la mémoire courte ! Il faut donc éviter de croire que, parce que nous avons établi quatre records d’affilée, nous le ferons encore une fois cette année.

Les événements récents nous ont démontré que la réalité peut causer des ravages même avec les meilleures prévisions. Alors, prenez du bon temps, mais ayez toujours la prudence de garder un œil sur les périodes de vaches maigres.

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