Le projet de loi 104, un désastre pour les concessions, dit John White, président de la CADA

Posted by

 

La demande pour les véhicules zéro émission (VZE) au Canada reste marginale; elle représente moins de un pour cent des ventes totales de véhicules au pays.

Cependant, une province, le Québec, espère changer cela. Le projet de loi 104 vise à augmenter le nombre de véhicules automobiles zéro émission au Québec afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre et autres polluants.

Si l’intention mérite le respect, les conséquences pourraient se révéler désastreuses, selon John White, président et chef de la Direction de la Corporation des associations de détaillants d’automobiles (CADA).

« Cela va perturber le marché, les consommateurs et les concessionnaires de façon importante. Ça va limiter la disponibilité des véhicules. Ça va forcer les constructeurs à modifier leur offre. Ça pourrait également forcer les consommateurs à acheter leur véhicule dans une province voisine », ajoute M. White.

« Imaginons qu’un constructeur n’atteint pas sa cible ! Alors, il devra payer des pénalités. Et à qui pensez-vous qu’il refilera la facture ? »

Le projet de loi 104 fixe des objectifs élevés, et la loi sera en vigueur l’an prochain. Les constructeurs d’automobiles devront obtenir des crédits VZE correspondant à 3,5 pour cent de leurs ventes au Québec en 2018, et allant jusqu’à 22 pour cent vers 2025. Les constructeurs qui n’obtiendront pas ces crédits devront payer une amende.

« Les constructeurs d’automobiles vendront donc n’importe quoi dans une cause perdue », selon l’analyste automobile canadien très connu, Dennis DesRosiers.

« Le problème numéro 1 de cette réglementation — VZE, mandats d’efficacité énergétique, normes CAFE [Corporate Average Fuel Economy] — c’est qu’elle vise la mauvaise cible. Ce ne sont pas les constructeurs d’automobiles qui déterminent la consommation de carburant des véhicules ni le véhicule que le consommateur achète. C’est le consommateur.

« C’est là l’un des problèmes fondamentaux — vous ne pouvez pas forcer un constructeur d’automobiles à vendre un certain nombre de véhicules que les consommateurs, fondamentalement, ne veulent pas acheter », ajoute-t-il.

Cette législation impose des pénalités à un constructeur d’automobiles comme Mazda qui, selon Dennis DesRosiers, commercialise des véhicules de masse parmi les plus écoénergétiques sur le marché au Québec.

« Mazda vend de bonnes petites voitures, mais elle n’a pas de véhicules hybrides ni de véhicules électriques. Elle n’a pas de VZE — rien. Alors, imposer un mandat VZE pénalise un constructeur qui s’implique probablement le plus en termes d’efficacité énergétique sur le marché » précise-t-il.

On compte actuellement 26 millions de véhicules sur les routes au Canada; 11 millions d’entre eux sont âgés de plus de 10 ans et ne disposent pas d’une technologie d’efficacité énergétique moderne. Près de deux millions de ces vieux véhicules se trouvent au Québec.

« Plutôt que de forcer la main des consommateurs avec des véhicules dont la technologie n’est pas suffisamment développée, il serait préférable de les encourager à acheter un véhicule neuf et à retirer leur vieux de la route », a dit Denis DesRosiers. Dans une récente étude comparant les 100 derniers véhicules introduits au Canada avec leur version précédente (la nouvelle Toyota Corolla contre la vieille Toyota Corolla, par exemple), M. Desrosiers a découvert que l’amélioration de la moyenne de consommation de ces 100 véhicules dépasse les 25 pour cent.

« S’ils veulent vraiment être efficaces et améliorer l’environnement, ils doivent viser les consommateurs, pas les constructeurs », conclut Dennis DesRosiers. Une période de consultation de 45 jours est actuellement en cours sur le projet de loi 104.

Affaires automobiles