LeDé Sports Honda aux Îles de la Madeleine

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Une stratégie d’affaires qui a bon vent

Steeve Déraspe, Caroline Bénard, Marie-Claude Leblanc, Mario Déraspe et le directeur des Ventes du district pour Honda, Miguel Pomerleau

Établie depuis plus de trente ans sur le chemin de la Vernière, à la jonction du chemin des Gaudet à un kilomètre de Capaux- Meules, LeDé Sports Honda, l’enseigne du fabricant la plus à l’Est au Québec, souffle sur le défi insulaire. Qualifiée d’exploit dans l’archipel, l’entreprise qui a initié le changement de pratiques auprès de ses pairs dans l’île du Cap aux Meules, produit à elle seule environ 332 ventes de véhicules neufs et d’occasion bon an mal an. De mémoire de Madelinot, du jamais vu. Contre vents et marées, l’entreprise se démarque de manière manifeste à plusieurs autres égards.

Originaire des Îles de la Madeleine, plus précisément de l’Étang du Nord, Mario Déraspe, mécanicien certifié et friand de sports motorisés, est le président-directeur général de LeDé Sports. Il traduit le génie de l’innovation d’entreprise sur l’île et l’emblématique savoir-être Madelinot. Une dynamique singulière assurant une vitalité durable.

À titre indicatif, l’établissement, qui rassemble tous les autres produits de l’emblème Honda, dont les motos, les hors-bord, les génératrices et les chasse-neige, constitue une des rares vitrines complètes d’exposition, de ventes et d’entretien de produits et d’accessoires du constructeur sous une même enceinte au Canada. Une disposition qui assure la bonne marche des opérations de la concession à longueur d’année, une bonne idée pour vaincre la conjoncture des saisons dans l’archipel.

CULTURE DE MARCHÉ

Avant de créer la concession Honda aux Îles en 1986 avec des amis actionnaires, l’homme d’affaires visionnaire, qui a notamment travaillé à Québec, à Calgary et à Montréal, a résolument constaté son profond attachement à l’archipel et à ses dunes, où il est rentré. Depuis 2008, il est le propriétaire unique d’une entreprise qui rayonne dans l’industrie de l’automobile.

La raison sociale issue de la première syllabe de chacun des patronymes des fondateurs et actionnaires majoritaires de l’époque, Déraspe et Leblanc, ne chérit aucun projet d’expansion des affaires vers d’autres marques. « Ce n’est pas la volonté de croître auprès d’autres enseignes qui est en cause, dit Mario Déraspe. C’est tout simplement la réalité du marché insulaire qui l’impose. »

En effet, pour le gestionnaire avisé, on ne fait pas des affaires aux Îles de la Madeleine comme on en fait à proximité sur le continent. « Ici, on ne peut afficher plusieurs marques au risque de concurrencer l’un de ses propres produits ou services et mettre en péril des emplois. Dans un contexte de faible densité de population, il importe d’éviter de cannibaliser ses efforts », dit-il.

Illustrant cette différence de dynamique, il précise qu’il est impensable de faire des ventes privées comme c’est monnaie courante dans les grands centres urbains, « des espaces de vie plus anonymes ». Exit également le démarchage téléphonique ou les communications promotionnelles par courriel pour les mêmes raisons. Ses clients et ses éventuels clients, Mario Déraspe les rencontre presque quotidiennement au hasard d’une promenade ou d’un déplacement dans l’île. « On les voit autant à l’épicerie, à l’hôpital qu’à la plage. La communication, c’est directement là que sa passe. »

Le remarquable esprit d’entraide et de solidarité d’entreprise au service du client. De gauche à droite : Dany Turbide, André Lejeune, Cédric Richard, Annabelle Aucoin, André Boudreau, Paul Richard, Steeve Chevarie, Sophianne Lapierre, Mario Leblanc, Jean-Philippe Jomphe, Line Vigneau, Denis Leblanc, Josélito Richard. Absente lors de la prise de photo, Claudia Richard. Des employés multitâches

RECETTE INSPIRANTE

À titre d’exemple, un soir qu’il magasinait une paire de chaussures chez Rona, une cliente l’a salué et abordé pour lui faire part en personne d’un petit ennui avec sa voiture. Une rencontre d’un profond respect. « Or, tout en jasant du petit dernier, nous avons aussitôt convenu de se voir en concession le lendemain pour en régler tous les détails. C’est comme ça qu’on fait des affaires au pays des vents. »

Un peu comme on reprend une conversation où on l’avait laissée la veille, sans formalité, les Madelinots se parlent tout de go, sans barrière et en toute amitié, peu importe l’endroit. Parce qu’ils savent qui je suis et quelle entreprise je représente, tout comme je sais à qui je m’adresse dans 99 % des cas, tout se déroule dans la bonhomie et de manière franche. Ce qui évite toute incompréhension. Impossible d’échapper à cette réalité à moins de quitter l’île », plaide-t-il.

« Dans ce contexte, partout et en tout temps dans l’archipel, je véhicule l’image de la concession et je conviens de toute la considération que cela engage au quotidien. La première règle pour faire du commerce sur l’île consiste donc à se faire un bon nom à se construire une saine réputation et à ne jamais baisser la garde à ce chapitre. Le bouche à oreille et le climat de confiance que tu bâtis et que tu entretiens avec les gens de l’île, tant sur le plan humain que commercial, se chargent d’établir ton devenir. »

INITIATEUR DE CHANGEMENT

Dans cette communauté tissée serrée, il est important de fournir aux clients une expérience d’achat personnalisée, en leur procurant tout ce qu’ils ne peuvent trouver ailleurs sur l’île.

À cet égard, LeDé Sports Honda a été le premier établissement de ventes d’automobiles neuves sur l’île, parmi les trois concurrents autorisés existants, à adopter l’image graphique du constructeur de véhicules. Ce qui comprend des locaux entièrement aux normes du fabricant. « Une première chez nous », plaide fièrement Mario Déraspe qui doit également composer avec la présence de nombreuses sous-concessions, c’est-à-dire des établissements dont les pratiques ne sont pas officiellement reconnues par les constructeurs d’automobiles.

« Dans la foulée, nous avons notamment été les premiers à créer un centre complet de service aprèsvente, comprenant une aire d’accueil dédiée avec salon d’attente. En gros, un département où l’on trouve des techniciens certifiés dans l’atelier, une personne qualifiée au comptoir des pièces et un conseiller technique professionnellement formé par le constructeur. »

L’entreprise a également investi dans l’achat d’outillage approprié à la marque, ce faisant dans la diplomation continue du personnel. Un procédé qui a suscité la confiance et l’engagement des clients et qui a permis à la concession de croître efficacement et rapidement dans l’industrie. »

PASSAGE DU FLAMBEAU

LeDé Sports rafle à présent 36,4 % des parts de marché de l’automobile aux Îles de la Madeleine. De mémoire d’homme, un chiffre rarement atteint pour une concession canadienne, explique Mario Déraspe, heureux du travail accompli. De solides assises sur lesquelles pourra continuer de construire Steeve Déraspe qui a contribué à cet essor et à qui le relais d’entreprise, planifié, sera bientôt confié.

Le frère de Mario et son épouse, fortement engagés dans la poursuite des activités au sein de la concession depuis leur retour de Magog, il y a une dizaine d’années, ont été vaillamment sollicités par le fondateur pour prendre la relève des opérations. « Des repreneurs garants du même esprit d’entreprenariat et d’appartenance madelinienne », confie Mario Déraspe qui, à l’annonce prochaine d’une retraite bien méritée, prépare une transition éclairée.

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