
Mélanie Joly, ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie (à gauche), et le ministre des Transports, Marc Garneau, (à gauche) à un événement médiatique du 17 avril à Montréal, Québec
La récente annonce du gouvernement du Canada de lancer son programme incitatif pour véhicules à zéro émission (VZE) le 1er mai est un pas dans la bonne direction — mais il reste encore du travail à faire, selon divers groupes de l’industrie. Affaires automobiles a recueilli les réactions des dirigeants de l’industrie au sujet des détails du programme juste après la conférence de presse du gouvernement tenue le 17 avril à Montréal, au Québec.
Le programme arrive à la suite de pressions importantes de l’industrie pour accélérer son lancement et fournir plus de détails aux consommateurs et aux concessionnaires. Lorsque le plan de rabais à l’achat d’un VZE a été révélé dans le budget fédéral en mars, peu de détails ont été fournis, et aucun calendrier n’a été mentionné. Depuis lors, les concessionnaires ont constaté que les achats en VZE étaient bloqués, alors que les consommateurs attendaient que les incitatifs prennent effet.
John White, président et chef de la Direction de la CADA, a déclaré que cette annonce de Marc Garneau, ministre des Transports du Canada, constituait « un premier pas positif » pour le gouvernement. La CADA attend des détails concrets sur la stratégie nationale des VZE et fait pression sur le gouvernement pour qu’il mette en place un programme aussi rapidement que possible.

Denis Dessureault, vice-président principal de l’Association des concessionnaires d’automobiles de Montréal (ACAM) (à gauche), l’économiste en chef de la CADA, Oumar Dicko (au centre), et John White, président et chef de la Direction de la CADA (à droite) rétroagissent à l’événement médiatique sur les VZE du 17 avril.
Dans les coulisses, à Transports Canada, on s’est également entretenu avec la CADA pour s’assurer d’être en mesure de mettre en place un programme qui répondra aux préoccupations de la Corporation et qui soit transparent pour les consommateurs et les concessionnaires.
« Nous avons un excellent exemple de l’efficacité d’un tel programme au Québec et en Colombie-Britannique. L’exemple de l’Ontario n’était pas pertinent car les concessionnaires disposaient de dizaines, voire de centaines de milliers de dollars, dans l’attente que le gouvernement de l’Ontario les paye à un moment donné », a déclaré M. White dans une entrevue. « Maintenant que ce programme a disparu, nous avons fait part de nos commentaires à Transports Canada qui nous a fourni à l’avance les questions et les réponses diffusées et qui s’est engagé à collaborer avec nous avant la publication du bulletin. »
John White a déclaré qu’il était confiant que tous les détails seraient mis en place, mais quant à savoir qui allait tout gérer, cela reste un point d’interrogation.
Denis Dessureault, vice-président exécutif de la Corporation des concessionnaires automobiles de Montréal (CCAM), s’est dit ravi des détails fournis par M. Garneau.

Robert Poëti, président et chef de la Direction de l’Association des concessionnaires du Québec (CCAQ) pose derrière des véhicules admissibles dans le cadre du programme incitatif à l’achat de VZE du Canada.
Dans une entrevue avec Affaires automobiles, M. Dessureault a déclaré que les concessionnaires perdaient de leur élan dans la vente de ces voitures. « Particulièrement au Québec, il existe de nombreux types de véhicules disponibles, vous n’avez donc pas à attendre trois ou six mois pour vous en procurer un. Mais quand ils ont annoncé le programme dans le budget fédéral, tout a été arrêté. Alors maintenant, nous savons que cela va redémarrer.
De même, Robert Poëti, nouveau président et chef de la Direction de l’Association des concessionnaires d’automobiles du Québec (ACAQ), se dit ravi que l’annonce représente quelque chose de concret, car il existe une date et environ une vingtaine de véhicules que les consommateurs peuvent choisir et qui sont admissibles au rabais.
Quand on lui a demandé s’il craignait que tout ne soit pas prêt à temps, et que les détails restants (comment inciter les consommateurs) ne soient pas disponibles avant le 1er mai, M. Poëti s’est dit inquiet seulement à la première annonce du plan VZE en mars.
« Aujourd’hui, je pense que nous avons assez de détails et que nous avons déjà appliqué un programme similaire au Québec, alors c’est déjà plus facile. Les concessionnaires ont déjà connu cela. Je ne m’inquiète pas de l’application du prgramme au Québec », a déclaré M. Poëti lors d’une entrevue.
Quant à Sidney Ribaux, directeur principal d’Équiterre, il a déclaré que l’annonce était un pas dans la bonne direction, mais a reconnu qu’il fallait faire davantage. Équiterre est une organisation environnementale canadienne à but non lucratif. Elle a siégé au conseil consultatif national sur les véhicules à zéro émission créé par le gouvernement du Canada pour discuter du type de politiques à mettre en œuvre pour stimuler la vente de véhicules électriques.
« Il y a eu énormément de recommandations politiques émanant de ce comité. Des experts universitaires et des groupes environnementaux comme le nôtre ainsi que du secteur de la fabrication, ont discuté de ce qui pouvait être fait pour stimuler la vente de véhicules électriques », a déclaré M. Ribaux. « Obtenir un rabais, pour le consommateur, c’est l’une de ces motivations. C’est l’un de ces incitatifs, c’est important, mais ce n’est certainement pas tout ce que le gouvernement devrait faire. Mais c’est un pas dans la bonne direction, donc, au moins, nous avançons. »

Sidney Ribaux, directeur principal d’Équiterre, donne ses impressions sur l’événement médiatique du 17 avril à Montréal, Québec.
M. Ribaux a ajouté que le gouvernement devait également mettre en place des objectifs de ventes. « Nous sommes fermement convaincus qu’il est nécessaire de réglementer les objectifs des constructeurs et le nombre de véhicules qu’ils doivent vendre. »
Il considère que c’est la clé pour faire avancer les choses — un moyen de pousser les fabricants à trouver le meilleur moyen de vendre des véhicules électriques. Le marché, a-t-il dit, ferait le reste du travail.
Ce n’est pas une suggestion avec laquelle la CADA est d’accord, mentionne John White.
« Équiterre a siégé avec la CADA à un groupe consultatif national sur les VZE. Nous avons également recommandé de parvenir à un consensus. D’abord, nous avions notamment déclaré que le gouvernement devait investir dans les infrastructures partout au pays; ensuite, qu’il fallait investir dans la sensibilisation et la formation », a déclaré M. White. « Enfin, ils devaient trouver un moyen de donner aux concessionnaires une sorte de crédit d’impôt pour l’ensemble des outils et des équipements qu’ils devront investir dans ces véhicules. »
Il a ajouté qu’un fabricant avait déjà demandé à ses concessionnaires de dépenser 300 000 $ US pour mettre en place l’infrastructure nécessaire à la gestion des VZE.
La CADA ne souhaite pas que le gouvernement arrive avec un mandat VZE comme au Québec. « C’est peut-être un domaine sur lequel nous ne sommes pas d’accord avec Équiterre, mais sur les autres éléments, nous sommes sur la même longueur d’onde. »

Le ministre des Transports du Canada, Marc Garneau (à gauche), Robert Poëti, président et chef de la Direction de l’Association des concessionnaires du Québec (CCAQ) (au centre), et Mélanie Joly, ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie (à droite).








