L’espoir naissant d’un certain retour sur le marché canadien de l’automobile, d’après les résultats de janvier et de février, a été submergé par l’arrivée, en mars, du virus de la COVID-19 au Canada ; les conséquences sont dévastatrices pour le marché de l’auto.
Comme l’économie canadienne s’est pratiquement mise en pause au cours de la seconde moitié du mois, les ventes de véhicules neufs de mars ont diminué d’environ 48 % par rapport au même mois de l’an dernier, selon les estimations de DesRosiers Automotive Consultants (DAC). Par conséquent, les ventes réelles de 329 108 véhicules au premier trimestre (T1) ont diminué de 20 % par rapport à la même période en 2019.
Plus dramatique encore, le taux annuel désaisonnalisé (TAD) pour le mois de mars est tombé à 1,02 million de véhicules, selon DAC, soit un million de moins que le mois précédent.
Avec les innombrables incertitudes associées à cette pandémie et à sa propagation, la seule chose qui semble certaine, c’est que la situation est mauvaise et qu’elle s’aggravera avant de s’améliorer.
Après avoir modélisé plusieurs scénarios possibles, Dennis DesRosiers, de DAC, prévoit une baisse des revenus de 25 à 30 % pour les ventes de véhicules neufs en 2020. Un scénario plus pessimiste annoncerait une chute précipitée de plus de 60 % pour l’année », a-t-il ajouté.
« Bien que les modèles économiques, pour la plupart, montrent une stabilisation des variables clés d’ici au troisième trimestre, nos perspectives indiquent que la reprise sera en grande partie retardée dans l’automobile jusqu’en 2021 », affirme M. DesRosiers.
Les marques de voitures de luxe sont les plus durement touchées
Ce qui n’a pas changé avec l’arrivée de la pandémie, c’est la préférence du public pour les camionnettes, les fourgonnettes et les VUS par comparaison avec les voitures. Au premier trimestre, les consommateurs ont acheté 260 747 camionnettes, soit une baisse de 14,7 % par rapport au premier trimestre de 2019. Mais les ventes de 68 361 voitures au cours de la même période ont diminué de 35,3 % par rapport à l’an dernier. Cette disparité a laissé les voitures avec une part de seulement 20,8 % du marché, par rapport à 79,2 % pour les camionnettes – une différence de 4,9 % par rapport à il y a un an.
Les effets du virus ont particulièrement frappé les marques de luxe. Toutes les marques sauf trois – Land Rover (-11,1 %), Lexus (-13,1 %) et Genesis (-17,8 %) – ont subi des baisses en pourcentage supérieures à la moyenne du marché (-20 %), contrairement à toutes les marques de masse, à l’exception de Honda (-31,2 %) et de Nissan (-36,4 %).
La moins touchée des grandes marques de masse, en pourcentage, a été Subaru (-12,7 %), suivi de près par General Motors (-12,8 %), de Ford (-13,8 %), de Hyundai (-15 %) et de Kia (-15,2 %).
Les plus touchées ont été Maserati (-57,4 %), Infiniti (-50,3 %), Porsche (-42,1 %) et MINI (-36,6 %).
Le classement change très peu, mais les parts de marché bougent
Alors que toutes les marques ont subi une baisse de ventes au premier trimestre, leur classement n’a pas beaucoup changé, bien que plusieurs aient connu des changements significatifs au chapitre de leur part de marché, ce qui peut être particulièrement important dans un marché en baisse.
Ford a conservé son leadership commercial pour la période avec 53 279 ventes (-13,8 %), réclamant 16,3 % du marché, en hausse de 1,2 % par rapport à l’an dernier, le gain le plus significatif de l’industrie, à égalité avec GM.
General Motors suivait derrière avec 5 000 ventes de retard et 48 201 véhicules vendus (-12,8 %), ce qui a fait monter sa part de marché de 1,2 %, à 14,6 %.
Avec 4 000 ventes de mois, FCA a vendu 44 140 véhicules (-18,8 %), pour une part de marché 13,4 %, en hausse de 0,2 %.
Toyota a maintenu sa quatrième place habituelle avec 34 963 véhicules vendus (-18,6 %), améliorant sa part de marché de 0,2 %, à 10,6 %.
Les 26 541 ventes de Honda (-31,2 %) ont permis au fabricant de conserver une solide cinquième place, malgré une baisse des ventes au-dessus de la moyenne, mais elle a cédé 1,3 % de sa part de marché, à 8,1 %, soit la deuxième plus forte baisse de part de marché dans l’industrie.
Hyundai et Kia gagnent des parts de marché
Hyundai a continué de dépasser la moyenne du marché avec 20 630 ventes (-15 %), haussant sa part de marché de 0,4 %, à 6,3 % ; seules Ford et GM ont mieux fait.
Les difficultés de Nissan se sont poursuivies avec 18 228 ventes, soit une baisse de 36,4 %, la plus forte en pourcentage de toutes les marques de masse. Sa perte correspondante de 1,5 % au chapitre de sa part de marché, à 5,5 %, a été la plus importante de toutes les marques.
Kia, en huitième place pour le trimestre, a connu une meilleure performance que le marché avec 12 594 véhicules vendus (-15,2 %), augmentant sa part de marché de 0,2 %, à 3,8 %.
Mazda, en neuvième position, a vendu 11 237 véhicules neufs (-18,7 %), ce qui est supérieur au marché et maintient sa part de marché stable à 3,4 %.
Volkswagen complète le top 10 avec 11 064 ventes (-20,4 %) et affiche également une part de marché stable à 3,4 %.
Subaru, en onzième place, a vendu 9 595 véhicules (-12,7 %) et a vu sa part de marché chuter de 0,2 %, à 2,9 %.
Mercedes-Benz a continué de dominer le classement des marques de luxe avec une douzième place, des ventes de 7 963 véhicules (-22,2 %) et une hausse de sa part de marché de 0,1 %, à 2,4 %.
Il est à noter que les chiffres de ventes déclarés ici sont conciliés trimestriellement par DesRosiers Automotive Consultants (DAC) sur la base des ventes déclarées par les fabricants.








