
Il n’y a peut-être pas eu d’éclats de voix, mais il y a eu des divergences d’opinion sur la meilleure façon d’inciter les consommateurs à acheter plus de véhicules électriques et alternatifs lors de la table ronde EV Tipping Point du 5e Sommet annuel de la CADA.
Sous la loupe du modérateur Huw Williams, directeur des Affaires publiques de la CADA, les panélistes ont défendu leur position, laissant le public — composé principalement de concessionnaires d’automobiles — avec le sentiment qu’il n’y a vraiment pas de réponses faciles.
D’un côté, on trouvait Glen Murray, ministre de l’Environnement et des Changements climatiques de l’Ontario. M. Murray a présenté l’image d’une planète quasi condamnée qui serait invivable pour les générations futures si l’on ne fait pas de plus grands efforts pour réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre, y compris le remplacement des véhicules à essence par des véhicules plus respectueux de l’environnement.
À l’autre bout du spectre, on trouvait les représentants des constructeurs et des fabricants, représentés par David Adams, président de Global Automakers of Canada, et Mark Nantais, président des Constructeurs de véhicules du Canada, qui disaient qu’il y avait un nombre croissant d’options pour les consommateurs, mais ces derniers restent non intéressés à les acheter — malgré les généreux incitatifs gouvernementaux.
M. Murray a exprimé sa frustration sur le fait que, malgré un incitatif financier important du gouvernement de l’Ontario à l’achat d’un véhicule électrique ou hybride branchable, pas suffisamment de personnes ne passent à l’acte. « Nous avons besoin de votre aide pour en faire la promotion », dit M. Murray, s’adressant aux concessionnaires présents dans la salle. « Nous avons des subventions depuis près d’une décennie en Ontario, et elles n’ont presque pas eu d’effet sur le marché. »
M. Murray a relaté des anecdotes d’expériences vécues par lui et par d’autres au moment d’approcher des concessionnaires pour se renseigner sur l’achat d’un véhicule électrique. Il dit qu’ils rencontrent souvent un personnel de concession non formé qui ne s’y connaît pas bien dans les technologies de véhicules électriques, ne semble pas promouvoir ou comprendre les incitatifs gouvernementaux offerts et présente peu de choix de modèles et de couleurs.
Dans certains cas, on encourage plutôt les gens à se procurer un véhicule traditionnel à essence.
M. Murray a demandé aux concessionnaires de dire au gouvernement ce qu’il pourrait faire pour aider à stimuler les ventes de véhicules électriques, appelant les programmes incitatifs actuels « L’affaire la plus intéressante au pays ».
« Si vous ne pouvez vendre un véhicule électrique en Ontario – je ne sais vraiment pas pourquoi – dites-le-moi », dit M. Murray.
David Adams a mentionné que, pendant que les constructeurs investissent fortement dans les nouvelles technologies et les nouveaux modèles, le consommateur perd de l’intérêt. Les concessionnaires jonglent avec d’autres problèmes qui touchent les intérêts de leur entreprise et avec le fait que les véhicules électriques et les hybrides branchables ne représentent qu’une infime portion de leurs ventes.
Adams a également mentionné que lorsque les gouvernements tentent de forcer l’offre, ça ne fonctionne pas sans demande des consommateurs.
Un concessionnaire GM dans la salle pris la parole et précisé à M. Murray que, même s’il vend environ 600 voitures par an à sa concession — six seulement étaient des véhicules électriques.
Mais M. Adams dit qu’il ne pense pas que les constructeurs soient en désaccord avec les objectifs de faire la transition vers ces nouvelles technologies technologies. « Ils sont d’accord pour décarboniser l’avenir », dit M. Adams.
Mark Nantais, président de l’Association canadienne des constructeurs de véhicules, mentionne de faire des partenariats avec les gouvernements est la meilleure façon de fonctionner. « Voilà sur quoi nous nous concentrons avec les gouvernements », ajoute M. Nantais. « Comment travaillons-nous ensemble ? »M.
Nantais dit que les concessionnaires ont un rôle à jouer par la formation de leur équipe et pour travailler avec les constructeurs pour s’assurer que ces technologies entrent dans le marché, sans nuire au choix des consommateurs. « La technologie nous a amenés là où nous sommes aujourd’hui. Elle nous amènera là où nous aurons besoin d’être dans le futur » dit M. Nantais.
Nouveau dans le débat, Simon Ouellette, partenaire de Mogile Technologies Inc., a dit que tout le monde dans la salle a un rôle à jouer dans l’écosystème véhicule électrique.
M. Ouellette mentionne que son entreprise opère un certain nombre de programmes avec les concessionnaires et les constructeurs pour avoir une meilleure compréhension des meilleures pratiques de vente de véhicules électriques et hybrides branchables.
Il dit que les meilleurs vendeurs ne sont pas dans les concessions — ce sont des propriétaires de véhicules électriques qui deviennent des porte-parole auprès de leurs amis et de leur famille. Ils vivent dans le même environnement, ont accès à la même infrastructure de recharge et voyagent de la même façon que leurs voisins et amis. « Pour augmenter la demande, nous devons nous assurer que chaque personne qui entre dans une concession à la recherche d’un véhicule électrique, sorte avec un véhicule électrique », explique M. Ouellette.
L’œuf ou la poule
Au fur et à mesure que le panel s’engageait, le débat sur le fait de savoir si l’infrastructure était suffisante pour soutenir l’adoption généralisée des véhicules électriques a été soulevé. Sans infrastructure, les consommateurs n’achèteront pas les voitures. Si les consommateurs n’achètent pas les voitures, alors ils n’ont pas besoin d’infrastructure.
L’infrastructure pour soutenir cet investissement n’est pas encore présente au Canada, affirme M. Nantais. « Je pense que nous sommes loin d’une révolution », dit-il. Les choses vont évoluer, dit-il, mais « il y a beaucoup d’éléments qui doivent se mettre en place. »
Pour sa part, M. Murray a réitéré ses préoccupations récentes sur l’importance des coûts environnementaux de ne pas agir plus rapidement pour stimuler les ventes de ces véhicules.
« L’opinion publique va changer très rapidement », dit M. Murray, ajoutant que le gouvernement essaie d’être pratique et de trouver des façons de travailler avec les équipementiers et les concessionnaires. « Les concessionnaires sont importants. Les concessionnaires sont des entrepreneurs », dit M. Murray, ajoutant que l’industrie doit trouver un moyen qui rend plus lucratif pour les concessionnaires la vente de ce type de véhicules et pour fournir une meilleure expérience client.
« Nous devons élever notre jeu d’un cran et nous devons vous soutenir pour que vous puissiez le faire », ajoute M. Murray. « Je pense que nous avons beaucoup de travail à faire. »
À son avis, M. Adams dit que les concessionnaires doivent prendre tous les risques pour constituer un inventaire de véhicules électriques qu’ils peuvent vendre. Il suggère au gouvernement de considérer diverses options de financement pour s’assurer que ces véhicules soient disponibles dans tout le Québec.








