Pas de temps à perdre

Vos clients sont prêts à recevoir des véhicules hautement connectés. Êtes-vous prêt à leur en vendre ?

Si vous avez tardé à former votre personnel de vente à la technologie des véhicules automatisés et connectés, on pourra vous aider. Diverses initiatives du gouvernement et des fabricants contribuent à préparer les concessionnaires et les conducteurs à l’avenir des transports.

Mais il n’y a pas une seconde à perdre.

Selon un comité sénatorial sur les communications dans les transports, il ne fait aucun doute que les voitures entièrement automatiques seront un jour capables de réaliser presque toutes les tâches liées à la conduite. Cependant, les véhicules connectés — des voitures pouvant interagir avec leur environnement et transmettre de l’information au conducteur — offrent déjà de nouveaux niveaux de sécurité et un accès instantané à l’information.

Mais alors que les voitures autonomes sont déjà une réalité, le Canada est mal préparé à leur entrée en scène, selon un communiqué de presse du Sénat. Universus Media Group a publié un rapport exhortant le gouvernement fédéral à élaborer une stratégie nationale garantissant que les Canadiens bénéficieront de technologies automobiles émergentes — et permet au gouvernement de prévenir les dommages potentiels.

Le rapport intitulé Driving Change: Technology and the Future of the Automated Vehicle indique que de solides mesures en matière de cybersécurité seront nécessaires pour maintenir la sécurité et la confiance du public. Et une surveillance rigoureuse doit protéger les renseignements personnels recueillis dans les véhicules autonomes.

L’intense concentration qui est mise sur la connectivité ne devrait pas surprendre la plupart des acteurs de l’industrie, selon François Boisvert, directeur général de Boisvert Ford, à Boucherville, au Québec.

« L’industrie est consciente de ce qui s’en vient. C’est fascinant pour tout le monde — les conducteurs, les vendeurs, les concessionnaires — tout le monde », ajoute-t-il.

Les constructeurs proposent plusieurs niveaux de formation pour aider le personnel des concessions à expliquer aux clients la gamme de fonctionnalités connectées de la marque, explique M. Boisvert.

Ils exercent également une forte pression sur les concessionnaires pour qu’ils s’assurent que les membres de l’équipe des Ventes complètent efficacement leur formation en ligne sur les véhicules dotés de fonctionnalités connectées et hautement connectées, a déclaré Simon Legendre, directeur général de Ford 440, à Laval, au Québec.

« Les clients sont également très au courant de la technologie, ce qui met également une pression importante sur la crédibilité de la connaissance des produits du représentant », explique M. Legendre.

Il croit que les concessionnaires seront prêts pour ce qui va arriver, en partie parce qu’ils sont enthousiasmés par la technologie — et aussi parce qu’ils ont besoin de l’être.

Pour Simon Legendre, la révélation a eu lieu il y a presque trois ans. C’est à ce moment-là qu’il a remarqué que les consommateurs « manifestaient un véritable intérêt pour toutes ces fonctionnalités de connectivité et étaient plus enclins à les acheter ».

Ses observations sont corroborées par la recherche : les acheteurs de voitures du monde entier exigent de plus en plus de connectivité — et sont prêts à payer pour l’obtenir.

En un an à peine, le nombre de personnes qui ont annoncé qu’elles passeraient de leur constructeur actuel à un autre fabricant de confiance qui leur propose une voiture offrant un accès complet aux applications, aux données et aux médias, est passé de 20 à 37 %, selon un rapport de septembre 2015 de McKinsey & Company.

Selon M. Legendre, trois facteurs ont contribué à rendre les fonctionnalités connectées moins effrayantes pour le consommateur : les critères socio-démographiques, l’importance de la R & D pour les constructeurs et la croissance technologique dans tous les secteurs liés à l’automobile.

« La pression sociétale a eu son effet, et nous voyons aujourd’hui des acheteurs de tous âges qui, non seulement se renseignent sur la technologie, mais souhaitent également en être informés avant d’acheter le produit », déclare Simon Legendre.

Qu’est-ce qui les retient ?
Cependant, la connectivité n’est pas à la portée de tous. Certaines personnes ont encore des problèmes de sécurité, malgré ce que les concessionnaires peuvent leur offrir en termes d’information et d’essais routiers. Beaucoup veulent savoir comment ils seront protégés des cybermenaces. Ils veulent être sûrs que leurs données sont protégées des pirates informatiques.

Selon une étude réalisée en 2017 par Foley & Lardner LLP :

  • 63 % des répondants étaient plus préoccupés par les cyberattaques en termes de problèmes juridiques;
  • 58 % étaient préoccupés par la protection de la propriété intellectuelle; et
  • Les dommages corporels et les dommages matériels figuraient au premier plan pour 55 % des répondants.

C’est un domaine qui nécessite une exploration plus poussée de la part des constructeurs et du gouvernement et où certains concessionnaires peuvent nécessiter d’une formation plus poussée.

Entre-temps, le gouvernement fédéral prend des mesures pour enrayer ces craintes.

Transports Canada a réservé 2,9 millions de dollars pour financer le programme visant à améliorer la connectivité et l’automatisation du système de transport. Il finance des recherches, des études et des démonstrations technologiques dans tout le pays.

Les résultats aideront à régler les problèmes techniques, politiques et réglementaires liés aux véhicules connectés et autonomes, et les résultats seront largement partagés, selon un communiqué de presse.

L’un des bénéficiaires du financement est la ville de Saskatoon, en Saskatchewan, qui a reçu 25 000 dollars pour un projet de soutien au renforcement des capacités en matière de véhicules connectés et autonomes.

À Calgary, on a récemment attribué un total de 390 000 $ pour la mise en branle de trois projets :

  • 290 000 $ à la Ville de Calgary pour mettre sur pied un banc d’essai pour véhicules connectés sur la 16e Avenue North;
  • 50 000 $ à l’Institut national canadien pour les aveugles afin d’étudier l’impact des véhicules connectés et autonomes sur les piétons malvoyants; et
  • 50 000 $ à la Ville de Calgary pour mettre à l’essai une navette autonome reliant le train léger sur rail au zoo de Calgary et au centre scientifique Telus Spark.

De plus, les fournisseurs de télécommunications devront se pencher sur une autre préoccupation, soit la question des frais de données. Selon Benjamin Hunting, journaliste automobile basé à Montréal, les débits de données élevés au Canada rendent les voitures connectées difficiles à vendre.

« L’idée d’ajouter des frais mensuels supplémentaires pour les données (après la fin de la période initiale offerte par le fabricant) n’est pas attrayante, en particulier compte tenu des frais de dépassement des tarifs ou des frais associés aux voyages à l’extérieur du pays », explique M. Hunting.

Il ajoute qu’il « ne s’attend pas à ce que sa voiture présente les mêmes fonctionnalités que son téléphone intelligent, et que très peu des fonctionnalités uniques associées aux voitures connectées sont attrayantes. »

Mais les constructeurs repoussent les limites en matière de connectivité pour offrir des options plus intrigantes à des personnes comme M. Hunting.

Hyundai, par exemple, a mis au point quelque chose qui correspond à l’attrait que présente le téléphone intelligent ; cela procure un sentiment de facilité et de sécurité au consommateur et augmente l’efficacité quotidienne. Au Salon international de l’électronique (CES) 2018, Hyundai Motor America a dévoilé un concept montrant comment ses futurs véhicules seront contrôlés par l’entremise d’un cockpit personnel intelligent, qui permet la commande vocale depuis la voiture jusqu’à la maison.

« L’idée de la voiture connectée repose sur la technologie de télécommunication que Hyundai envisage d’installer à l’avenir dans tous ses véhicules afin de fournir aux clients une connectivité permanente », a déclaré Steve Flamand, directeur, Stratégie produit et entreprise chez Hyundai Auto Canada Corp. « En installant des modules de communication dans nos véhicules, nous espérons fournir aux clients des services connectés à fort débit de données, une qualité améliorée et des services connectés plus sûrs et plus sécurisés. »

En 2011, MyFord Touch a marqué un tournant pour le constructeur d’automobiles en termes de connectivité — et plus tard, les commandes vocales, Bluetooth et le système d’infodivertissement. L’intrigue concerne à présent le système de connectivité de troisième génération (SYNC3) de la société, avec une application qui permet aux conducteurs de contrôler certaines fonctionnalités distantes, la géolocalisation, etc.

Alors que les constructeurs contrôlent ce qu’il y a en concession sur la connectivité et s’efforcent d’éduquer les concessionnaires et les consommateurs, il appartient en dernier ressort au concessionnaire de s’assurer que le personnel est prêt pour la transition.

« Si vous êtes encore à la phase de préparation de votre équipe concernant les fonctionnalités de connectivité de vos véhicules, vous avez du travail à faire », déclare Simon Legendre, concessionnaire Ford. « Vous devez au moins avoir des spécialistes pour ces produits de connectivité qui serviront de référence à votre concession. »

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