La Corporation des associations de détaillants d’automobiles (CADA) a fait sa première incursion dans le monde des événements en ligne avec le Sommet annuel de cette année qui a eu lieu le 3 février 2021 de 13 heures à 17 h 30.
Le Sommet affichait un ordre du jour chargé qui comprenait un mélange de présentations préenregistrées, de vidéos, de sessions en direct et de questions et réponses en direct avec certains présentateurs. L’événement a débuté en direct par le discours inaugural de Michael McGhee, premier vice-président et chef de Financement Auto TD Canada — commanditaire exclusif de l’événement.
« C’est avec grand plaisir que je vous souhaite la bienvenue au Sommet en ligne de la CADA 2021 », a déclaré M. McGhee qui n’aurait jamais cru cela possible il y a un an, lorsqu’il a prononcé son discours au Sommet de 2020. « Les années se suivent, mais ne se ressemblent pas. La pandémie a bouleversé notre monde. »
M. McGhee a mentionné que l’institution financière était fière de demeurer le commanditaire exclusif de l’événement. Il a parlé brièvement de ses efforts pour rester en contact avec les concessionnaires pendant la pandémie. « Nous avons connu des pics et nous avons vu le fond du baril », a déclaré M. McGhee.
Le président de la CADA, Trevor Boquist, a fait quelques brèves remarques et fait une présentation provinciale des salutations vidéo de dirigeants d’associations de concessionnaires provinciales d’un océan à l’autre. Cela a ajouté une certaine légèreté et un sentiment de collectivité à un moment où les participants, pour la plupart, assistaient probablement au Sommet de leur domicile ou d’entreprises fonctionnant en plein confinement.
Tim Reuss a remercié Financement Auto TD pour sa commandite et a donné le coup d’envoi des événements de la journée en affichant un aperçu de la programmation.
Tout d’abord, Jeremy Gutsche, pdg de Trend Hunter et best-seller du New York Times; il a passé deux décennies à étudier le chaos et une autre à faire du travail de consultant pour aider les marques, les milliardaires et les PDG à accélérer l’innovation et à s’adapter au changement.
Son exposé a débuté la journée par une exploration relevée de la façon dont la pandémie a accéléré le changement à l’échelle mondiale et comment elle a secoué des industries entières, y compris l’industrie de l’automobile canadienne. Le concept principal mis de l’avant consistait dans le fait que le chaos est plus prévisible que nous le pensons.
« C’est légèrement différent d’une crise, car le chaos apparaîtra une fois que nous aurons émergé de cette crise », a déclaré M. Gutsche lors du Sommet de la CADA. « Et une fois que vous commencez à voir tous les nouveaux modèles d’affaires et toutes ces vitrines vides, les entreprises en faillite seront remplacées — et qu’est-ce qui les remplacera ? Eh bien, les entreprises qui avaient déjà adopté les nouvelles tendances.
Dans le cas de la pandémie de COVID-19, certaines de ces tendances tournent autour du numérique et du commerce électronique. M. Gutsche a indiqué que les tendances actuelles commencent à s’accélérer pour les entreprises qui les ont déjà adoptées, et maintenant que la crise a forcé le changement, les entreprises de détail qui prennent déjà des mesures en ce sens ont fait un bond en avant.
Alors que les concessionnaires réfléchissent à leur expérience dans le cadre de la pandémie et à la façon d’accélérer le changement, M. Gutsche a déclaré que les grandes idées que les concessionnaires trouvent sont probablement plus à leur portée qu’ils ne le pensent. Ils ont juste besoin d’agir.

La présentation de Jeremy Gutsche a été suivie d’une mise à jour économique de Thomas Feltmate, économiste principal au Groupe Banque TD, qui a offert un point de vue sur la façon de naviguer dans l’incertitude au milieu de la pandémie.
M. Feltmate a commencé par un aperçu macroéconomique de l’économie canadienne qui a connu une baisse inattendue au début de 2021, principalement en raison de la résurgence du virus et des fermetures dans tout le Canada.
La bonne nouvelle, c’est que la Banque prévoit une reprise plus marquée à compter du deuxième trimestre de 2021, au fur et à mesure que les vaccins seront distribués et administrés partout au Canada. Le marché du travail se redresse, mais « les cicatrices sont également visibles », a déclaré Thomas Feltmate.
Ce qui est intéressant, c’est que les revenus des ménages ont augmenté pendant la pandémie, malgré les pertes d’emplois. Les programmes du gouvernement fédéral comme la prestation canadienne d’urgence (PCU) ont plus que compensé la perte de revenus provenant de ces emplois, qui a constitué un net avantage. Les Canadiens ont également amassé 200 milliards de dollars en économies, car ils n’étaient pas en mesure de dépenser de l’argent pour le tourisme, les voyages et d’autres activités comme les dîners à l’extérieur. Les économistes tentent maintenant de prédire comment les dépenses de consommation évolueront au cours des deux prochaines années.
M. Feltmate a déclaré que les ventes de véhicules neufs pour 2020 se chiffraient à environ 1,6 million d’exemplaires, soit environ 20 % de moins qu’en 2019. Pour 2021, il a ajouté que les ventes du premier trimestre étaient au ralenti ; cependant, il s’attend à une reprise au deuxième trimestre, et cette reprise pourrait même atteindre le niveau de 1,9 million de véhicules pour l’année.
Le Sommet de la CADA a également présenté un certain nombre de groupes de discussion dont l’un s’est attaqué à la question de savoir si la pandémie avait déclenché ou non un dérapage temporaire ou un renversement permanent au sein de leur industrie.
Le groupe de discussion des concessionnaires était formé des personnes suivantes : Susan Gubasta, présidente et chef de la direction de Mississauga Toyota, en Ontario; Steve Chipman, président et chef de la direction de Birchwood Automotive Group, au Manitoba; Kim Day, présidente et chef de la direction de Steele Auto Group, dans les provinces de l’Atlantique; et Charles Saillant, vice-président du Groupe Saillant, au Québec.
Au cours de la discussion, Charles Saillant s’est concentré sur l’élaboration d’un processus de gestion des ventes en ligne et en personne, en mettant l’accent sur le second. Il a proposé quatre domaines clés sur lesquels il faut porté une attention particulière :
- La possibilité d’avoir une personne (et non une machine) pour répondre à toutes les demandes des consommateurs 24 heures sur 24, 7 jours sur 7;
- Éviter les réponses écrites dans la mesure du possible et se concentrer davantage sur l’utilisation du téléphone, des textos puis des courriels;
- Personnaliser le plus possible afin que le client se sente unique (éviter les modèles de préconçus pour que les clients ne sentent que c’est artificiel;
- Construire une équipe uniquement dédiée au traitement des demandes des clients, par téléphone et par Internet.
M. Saillant a mentionné qu’un petit segment de consommateurs veut se taper l’ensemble du processus d’achat d’une voiture en ligne. Même si ce segment est petit, les concessionnaires doivent faire preuve de souplesse et aborder ce segment.
« Il faut apprendre et jouer selon les règles au fur et à mesure qu’elles viennent à vous », a dit Charles Saillant.
Un autre groupe de discussion sur le financement numérique s’est attaqué à la façon dont l’industrie de l’automobile prévoit gérer les risques de fraude et assurer la protection de la vie privée avec un financement entièrement numérique.
John Carmichael, chef de la direction et registraire de l’Ontario Motor Vehicle Industry Council (OMVIC), a déclaré qu’il souhaitait que les transactions numériques se produisent, mais qu’il fallait d’abord trouver une solution entre les industries du financement et de la vente au détail d’automobiles. Des choses comme les signatures électroniques et les livraisons de véhicules ont eu une incidence sur leur capacité à avancer dans ce dossier.
« Lorsque vous examinez la législation ontarienne, il y a trois niveaux », a dit M. Carmichael. « Pour ce qui est de relier les points, nous devons trouver notre chemin dans tous ces règlements. »
Howard Thompson, vice-président Ventes et Distribution chez Financement Auto TD, a déclaré que l’entreprise s’est impliquée avec les constructeurs au fil des ans en incitant les clients à adopter le numérique.
Il a reconnu que, si les concessionnaires veulent garder une longueur d’avance, ils doivent investir dans des choses comme l’achat de voitures à distance ou à domicile. Mais il a ajouté : « Nous finançons à l’échelle nationale, mais nous sommes assujettis à la réglementation provinciale ».
Andrew Ojamae, président et chef de la direction d’Auto IQ Dealership Network, a déclaré que tout n’est pas encore parfait, mais que les concessionnaires progressent sur des projets comme les contrats en ligne avec les clients numériques.
« Je pense que nous devons être actifs et collaborer à titre d’industrie », a déclaré M. Ojamae, ajoutant que le groupe de discussion était un bon début de conversation pour stimuler le changement.
Dennis DesRosiers, président de DesRosiers Automotive Consultants (DAC), Jerry Dias, président national d’Unifor, et Flavio Volpe, président de l’Auto Parts Manufacturers Association (APMA), ont discuté de la réinitialisation de l’industrie de l’automobile canadienne.
Cette discussion a porté sur l’idée qu’il existe des possibilités dans l’industrie canadienne de l’automobile, dans les nouvelles ententes conclues avec les constructeurs de véhicules au pays ainsi que dans la technologie et les véhicules électriques — bien que des questions demeurent quant à l’adoption massive par les consommateurs.
Le chroniqueur politique et social, David Frum, a été l’un des derniers orateurs de la journée à faire une présentation destinée à aider les concessionnaires à comprendre l’ambiance à Washington et l’impact continu que la division politique aux États-Unis aura sur les relations entre les deux pays sur tout entre le commerce et les changements climatiques.
Il a parlé de l’ambiance de l’autre côté de la frontière, où Joe Biden a maintenant été nommé le 46e président des États-Unis après les émeutes du Capitole, et du contrôle que les démocrates exercent maintenant sur la Chambre et le Sénat, ce qui rend la situation pour le Canada un moins tendue qu’elle ne l’était avec l’ex-président américain, Donald Trump.
En termes de bonnes nouvelles, il a ajouté que le rythme mondial de distribution des vaccins fera une grande différence pour ramener la vie à la normale après la pandémie. « L’humanité gagne cette course », a déclaré M. Frum. « Le Canada a été un peu à la traîne, ce qui est très curieux. »
Il croit que nous verrons des choses remarquables de la part des États-Unis, ce qui constitue de bonnes nouvelles pour le Canada. Mais en matière de commerce, il y a lieu d’être préoccupé. L’approche de Joe Biden en matière de commerce est moins belliqueuse que celle de Donald Trump, mais il s’attend à ce que le virage du commerce mondial se poursuive sous le président Biden.
Jusqu’en 2004, il a mentionné que M. Biden avait voté en faveur de tous les accords commerciaux qui sont passés au Sénat. Après 2005, il a voté contre. « Joe Biden n’a jamais été un sénateur particulièrement axé sur le commerce », a déclaré M. Frum, ajoutant qu’il s’est déplacé vers le centre de son parti.
Le « Buy America » de Joe Biden pourrait également devenir un problème plus important. « C’est une grande préoccupation pour les Canadiens », a déclaré M. Frum.
Toutefois, le Canada bénéficie habituellement d’exemptions de ces mesures, et M. Frum s’attend à ce que le pays évite certaines dispositions.
Le dernier conférencier de la journée était Stephen Poloz, ex-gouverneur de la Banque du Canada, qui a donné son point de vue et son analyse sur la politique monétaire canadienne, américaine et mondiale — actuelle et post-pandémique.
Il a exploré l’idée que la COVID est plus d’une catastrophe naturelle, et que la deuxième vague de la pandémie pourrait être similaire à la première vague, mais avec quelques différences. L’épargne des ménages, d’une part, a considérablement augmenté depuis la première vague, bien que les dépenses se soient également améliorées, tandis que les ventes au détail d’automobiles ont repris.
M. Poloz s’attend également à ce que le déploiement du vaccin améliore la situation mondiale, et a déclaré que l’économie pourrait se normaliser beaucoup plus tôt que prévu.
Au cours du Sommet de la CADA, les lauréats du Sondage sur l’indice de satisfaction des concessionnaires (ISC) ont également été annoncés, et deux vidéos — l’une en l’honneur des lauréats de la CADA et l’autre en hommage à Gino Cozza de la TD — ont également été incluses dans l’événement. Financement Auto TD est le commanditaire exclusif du Sommet de la CADA, et Cozza est une figure bien connue dans le secteur financier qui a pris sa retraite en janvier après des décennies de travail dans l’industrie.
Plus d’information sera fournie dans le numéro de mars d’Affaires automobiles.








