Les dernières statistiques publiées le week-end dernier montrent beaucoup de progrès favorables dans la bataille contre COVID-19 à l’échelle nationale. À l’heure actuelle, il y a plus de 27 000 cas actifs du virus au Canada. Samedi, 221 nouveaux cas ont été signalés, soit un peu plus d’un dixième des rapports quotidiens typiques en avril et mai. C’est le témoignage de tout le travail acharné de nos travailleurs médicaux de première ligne et de l’adaptation du grand public aux nouveaux modes de vie quotidienne. Une grande partie de ces nouveaux cas, soit près de 60 % proviennent de l’Ontario. Comme de nombreuses villes et régions de l’Ontario rendent obligatoire l’utilisation du masque dans les lieux publics, on s’attend à ce que la propagation du virus continue de diminuer. La façon dont le pays combat le virus et prévient d’autres vagues a un impact direct sur le bien-être économique du Canada et sur l’état de notre secteur de l’automobile.
Chaque semaine, nous suivons et rendons compte de l’évolution de la valeur des véhicules des années 2012 à 2018. Des ajustements sont apportés à ces données pour compenser les changements dans l’état du véhicule. L’objectif est d’empêcher les tendances du kilométrage des véhicules d’influer sur les mesures de changement de valeur signalées. Si nous ne considérons pas ce facteur, la valeur des véhicules peut être considérée comme s’améliorant. Cependant, c’est la qualité des véhicules d’occasion vendus qui s’améliore. Étant donné que moins de kilomètres sont parcourus par une grande partie de la population actuellement, il est raisonnable de s’attendre à ce que le kilométrage moyen des ménages diminue cette année. La semaine dernière, nous avons vu les prix de gros rester remarquablement stables. Les segments de voitures n’ont affiché qu’une légère baisse de 0,03 % après deux semaines de gains positifs. Sur les neuf segments de voitures, cinq étaient en hausse pour la semaine et quatre ont montré des baisses. La plus forte amélioration de 0,60 % a été due au segment des véhicules de luxe. La plus forte baisse a été le segment prestige de voitures de luxe à -0,86 %.
Les segments de camions ont affiché une baisse marginale similaire de 0,05 %, après un gain de 0,18 % la semaine dernière. En examinant les 13 segments camionnettes/multisegments/VUS sur lesquels Canadian Black Book fait un suivi, sept étaient en baisse et six ont montré des gains pour la semaine. C’est la classe des multisegments sous-compacts de luxe qui a gagné le plus à 0,74 %. Pour ce qui est du segment des multisegments de luxe/VUS pleine grandeur, c’est lui qui a été le plus faible avec une perte de 0,40 % en valeur.
Cette décélération récente du déclin des valeurs reflète certaines pénuries d’approvisionnement sur le marché qui seront de nature temporaire. Avec la normalisation des opérations des concessionnaires, les stocks se resserrent à mesure que de plus en plus de véhicules quittent le lot. À mesure qu’un plus grand nombre de baux sont conclus, que les gens achètent des véhicules neufs et que les parcs liquident leurs actifs, nous prévoyons une offre croissante pour les activités de gros et de détail.
L’impact de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (CUSMA) sur le commerce est un facteur clé du marché des véhicules d’occasion, que nous surveillons attentivement. Avec un nouvel ensemble de règles en place et la certification de l’ALENA qui permettait à certains véhicules de traverser la frontière sans que les droits de douane ne soient rendus invalides, nous nous attendons à ce que cela ait un effet sur un ensemble restreint de prix de gros utilisés au Canada. On s’attend à ce que les véhicules qui ont été fabriqués aux États-Unis soient manipulés comme des marchandises de retour dans leur pays d’origine, de sorte qu’ils traverseraient la frontière sans taxe. Si un exportateur ne peut prouver au gouvernement américain qu’un véhicule qu’il exporte est conforme aux nouvelles règles de la CUSMA, le véhicule serait assujetti à une taxe à l’importation. Pour la plupart des véhicules de tourisme fabriqués à l’extérieur des États-Unis, le tarif serait de 2,5 % de la valeur déclarée. Toutefois, pour les camionnettes et les VUS/fourgonnettes avec seulement deux sièges, ces véhicules devraient être assujettis à un tarif de 25 %. Cela rend les véhicules avec un VIN qui commence avec 2 (pour le Canada) taxés à 25 % ou 3A à 3W (pour le Mexique), les candidats pauvres pour l’exportation vers le marché américain.
À moins que le marché canadien local ne puisse absorber ces véhicules qui ne sont pas souhaitables pour l’exportation, les valeurs en gros diminueront. Cela pourrait être une bonne nouvelle pour de nombreux détaillants canadiens qui, depuis de nombreuses années, surenchérissent aux enchères alors qu’ils tentaient d’acquérir des camionnettes pour leurs lots. Toute camionnette mexicaine ou canadienne restera probablement au pays à moins que les exportateurs ne soient en mesure de prouver la conformité à la CUSMA, ce qui peut être presque impossible sans le soutien direct de l’usine du constructeur.
La semaine dernière, le gouvernement fédéral canadien a fourni son aperçu financier qui illustre l’ampleur des dommages causés par la COVID-19 à notre économie et aux registres gouvernementaux. On s’attend à ce qu’il y ait deux millions de Canadiens sans emploi et que la croissance ralentisse jusqu’à la fin de 2021. Pour 2020, le gouvernement s’attend à ce que le taux de chômage atteigne 9,8 %, tombant à 7,8 % l’an prochain, selon les prévisions des économistes du secteur privé. À la fin de juin, la Prestation canadienne d’intervention d’urgence (CERB) a versé 53,5 milliards de dollars en prestations. Elle a couvert les revenus du travail perdus estimés à 44,6 milliards de dollars par les Canadiens au cours du premier semestre de l’année. Le déficit public devrait maintenant atteindre un sommet historique de 343,2 milliards de dollars. Le coût de la COVID s’est maintenant élevé à 231,9 milliards de dollars en dépenses directes et un déficit comparable à celui observé pendant la Seconde Guerre mondiale.
Un rétablissement complet n’est pas considéré comme possible tant qu’un vaccin ou un traitement efficace n’est pas largement disponible et qu’il n’est pas déployé dans la population. Le gouvernement fédéral craint que la situation du COVID-19 ne s’aggrave si deux scénarios se concrétisent. Si des fermetures ou des restrictions prolongées demeurent en place, un retour à l’activité normale pour l’économie sera volatil et plus lent que prévu. Cela entraînera une baisse plus prononcée du PIB que ce qui est prévu. Si le pays est frappé par une deuxième vague du virus pendant la saison annuelle de la grippe, les blocages qui en découleraient causeraient ce que le ministère des Finances décrit comme un impact négatif plus profond et plus durable sur l’économie. Ces perspectives s’alignent sur notre scénario le plus probable et les récessions sévères pour les prévisions de valeur résiduelle de CBB. On est optimiste quant au fait que le scénario le plus probable prévaudra compte tenu de l’état actuel du virus au Canada. Toutefois, si notre capacité à gérer la crise n’est pas efficace, le scénario de récession sévère pourrait entrer en jeu.







