Les véhicules électriques à batterie sont-ils une solution de court terme ?
Après plus de 135 ans, l’ère des moteurs à combustion interne (MCI) prendra fin au plus tard en 2035, si les règles actuellement proposées au Canada et dans une grande partie du monde entrent en vigueur. Sur la base de ce que nous savons maintenant, elle fera place à l’ère des véhicules électriques à batterie (VEB).
Mais combien de temps cette ère des VEB pourrait-elle durer ?
Pas aussi longtemps que l’ère des MCI, si une autre technologie actuellement en cours de développement tient ses promesses. En réalité, la technologie des VEB d’aujourd’hui pourrait elle-même disparaître d’ici 2035.
Faisons un retour en arrière de 65 ans, plus précisément en 1957. Cette année-là, le modèle concept Ford Nucleon, laissait entrevoir un avenir où les voitures, comme les sous-marins nouvellement lancés de l’époque, seraient alimentées par l’énergie nucléaire. Cette idée a été rejetée depuis longtemps, même pour les vols spatiaux. Mais que se passerait-il si ce n’était pas le cas ?
Que se passerait-il si les batteries au lithium-ion au cœur de l’ère actuelle des VEB étaient elles-mêmes remplacées par une nouvelle forme de batteries exploitant l’énergie nucléaire ? Cela pourrait arriver, car une nouvelle technologie en cours de développement fait exactement cela, ce qui pourrait perturber sensiblement le monde de l’automobile.
Cette technologie s’appelle batterie Nano-Diamond (BND), tel que définie par la société californienne NDB qui la développe et en fait la promotion.
« Ce nouveau type de batteries viendrait changer la donne, car il éliminerait complètement les deux plus grands problèmes liés à l’utilisation des VEB (à l’exception du coût) : l’autonomie et le temps de recharge. »
De toute évidence, « nano » est un terme plus acceptable que « nucléaire » dans un environnement commercial. Dans les milieux scientifiques, on l’appelle la batterie Diamond Nuclear Voltaic (DNV), mais peu importe son nom, c’est une idée intrigante.
Le concept de base, initialement adopté en 2017 par Tom Scott, professeur d’ingénierie à l’Université de Bristol, proposait de convertir un composant spécifique des déchets nucléaires en un diamant synthétique radioactif qui pourrait ensuite être utilisé comme source d’énergie.
À titre d’exemple, une partie du graphite utilisé comme doublure protectrice dans les conteneurs de combustible nucléaire dans les centrales électriques devient radioactif et émet un rayonnement bêta de faible niveau à mesure qu’il se désintègre. Le rayonnement bêta est relativement bénin par rapport à d’autres formes de rayonnement.
Si elle est exploitée sous forme de cellules « bêtavoltaïques », cette énergie peut générer un courant électrique. Cette technologie est supposément éprouvée et utilisée dans les prothèses biomédicales ainsi que dans les applications de renseignement militaire.
Ce que la société NDB essaie de faire, c’est de commercialiser l’idée en « cultivant » des diamants synthétiques à l’échelle nano à partir du matériau graphite irradié et en les coinçant entre des couches de diamants synthétiques non radioactifs comme boîtier de protection, en feuilles minces.
Il s’agit d’un processus beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît, et il en est, au mieux, à ses premiers balbutiements en termes de développement. Bien que la science soit valable en termes théoriques, elle peut ou non se prêter à la commercialisation et à la production de masse à une échelle économiquement réalisable. Sur les médias sociaux, il y a beaucoup d’affirmations douteuses, sinon absurdes, faites sur la technologie, et certains suggèrent même qu’il s’agit d’un canular.
Ça pourrait être le cas ! Mais que se passe-t-il dans le cas contraire ?
Outre la fabrication des batteries nano-Diamond, leur adoption représenterait une transition relativement simple pour les constructeurs d’automobiles. Les VEB déjà sur le marché ont démontré qu’ils sont concurrentiels par comparaison avec les véhicules à moteur à combustion interne traditionnels à presque tous les égards. Donc, le simple fait de passer à un autre type de batterie présenterait peu de défis. Le reste des véhicules pourrait rester essentiellement inchangé.
Ce nouveau type de batteries viendrait changer la donne, car il éliminerait complètement les deux plus grands problèmes liés à l’utilisation des VEB (à l’exception du coût) : l’autonomie et le temps de recharge.
En effet, la BND n’est pas seulement une batterie ; elle stocke de l’énergie, comme le fait une batterie, mais elle est aussi sa propre source d’énergie : l’énergie nucléaire, qui met des milliers d’années à se dissiper complètement.
Elle n’aurait jamais besoin d’être rechargée ou remplie de carburant pendant la durée de vie du véhicule.
Essayez d’imaginer. Le besoin de bornes de recharge pour lesquelles nous dépensons collectivement des milliards de dollars diminuerait et disparaîtrait à mesure que les ventes de VEB elles-mêmes diminueraient et disparaîtraient, tout comme les véhicules à moteur à combustion interne et les stations-service avant elles.
Les coûts d’exploitation des véhicules pour les consommateurs disparaîtraient aussi, en grande partie, de même que le besoin d’entretien des véhicules. Et les entreprises qui fournissent ces services ! Cela changerait vraiment notre monde, pour le meilleur et pour le pire, en fonction de notre point de vue et de notre capacité d’adaptation.
Tout cela n’est peut-être que pure fantaisie, comme le Ford Nucleon. Mais, que se passera-t-il si ce n’est pas le cas ?





