Une nouvelle année commence, et avec elle, un secteur automobile québécois qui n’a jamais été aussi stratégique, aussi observé.
L’entente récente entre le Canada et la Chine sur les véhicules électriques n’est pas passée inaperçue. Et pour cause : en ouvrant partiellement la porte aux VÉ chinois, Ottawa vient de lancer une pierre dans un étang déjà bien agité. Pour les concessionnaires automobiles, la question n’est pas idéologique. Elle est très simple : qu’est-ce que ça change sur le terrain ? Nous avions eu une conférence et un panel très intéressant sur le sujet au Sommet de la CCAM deux jours plus tôt, et la journée du 16 janvier a été assez mouvementée. Car cette grande nouvelle est arrivée quand l’industrie était rassemblée pour la Soirée Avant-Première du Salon de l’auto de Montréal et ses nombreuses activités, soirée qui a été un grand succès cette année. On aurait presque cru que c’était planifié !
D’abord, mettons les choses en perspective. On ne parle pas d’une invasion massive. Les quotas annoncés représentent une part modeste du marché canadien. Mais le signal, lui, est puissant. Le Canada envoie un message clair : l’accessibilité des véhicules électriques devient une priorité politique, même si cela bouscule l’écosystème actuel.
Pour les concessionnaires, cela crée à la fois une pression et une opportunité.
Pression parce que la comparaison sera inévitable. Le client est informé, et il l’est de plus en plus. Pression aussi sur la fidélité aux marques établies.
Mais opportunité parce que cette concurrence pourrait enfin forcer une accélération réelle : meilleure offre, meilleure technologie, meilleure proposition de valeur. Et, surtout, une occasion de ramener en concession une clientèle qui, jusqu’ici, regardait encore l’électrique de loin.
Il faut aussi être honnête : le modèle de distribution des VÉ est déjà en transformation. Ventes directes, agents, plateformes numériques… Les règles du jeu changent, avec ou sans la Chine. Les concessionnaires qui réussiront seront ceux qui miseront sur ce que personne ne peut importer à bas prix : le service, la relation client, la crédibilité locale et l’expertise après-vente. Au bout du compte, la vraie question n’est peut-être pas de savoir si les VÉ chinois sont une menace. La vraie question est : étaient-ils l’électrochoc dont le marché avait besoin ?
Les concessionnaires du Québec évoluent dans un environnement en profonde transformation générale. Électrification, évolution des attentes des consommateurs, pénurie de main-d’œuvre, technologies de plus en plus sophistiquées, cadre réglementaire en mouvement : les défis sont nombreux. Mais au cœur de ces changements demeure une constante : un réseau de concessionnaires entrepreneurs, innovants et engagés, qui continuent de faire avancer l’industrie avec rigueur et vision. Pensons à la Certification et à la mise en place du Comité de conformité professionnelle et de discipline de la CCAQ.
Cette nouvelle année sera exigeante, mais elle sera aussi riche en occasions pour ceux et celles qui sauront s’adapter, innover et investir intelligemment. Ensemble, poursuivons le développement d’une industrie forte, professionnelle et fière !
Bonne année à toute l’industrie automobile québécoise !
Et nous vous donnons rendez-vous dans notre numéro de juin prochain pour célébrer ensemble ces 20 dernières années… Car 2026 est une grosse année pour nous aussi, elle marque le 20e anniversaire du magazine Affaires automobiles !








