Le combat a été difficile, mais, à la fin, la Corporation des associations de détaillants d’automobiles a remporté une victoire tardive qui permettra d’empêcher les banques du Canada de financer la location de voitures – au moins jusqu’à la Loi sur les banques soit rouverte pour discussion.
Avec un appui solide des concessionnaires et avec une équipe active de lobbyistes à Ottawa, le président et chef de la Direction de la CADA, Richard Gauthier, a mené une bataille dans tout le Canada pour empêcher les banques du Canada de financer la location de véhicules. Dans le coin opposé de l’arène, on trouvait les banques canadiennes, les associations de consommateurs, l’Institut CD Howe, certains analystes de l’industrie et, même, certains constructeurs d’automobiles.
« Nous savons que les banques représentent une partie importante de l’industrie », a déclaré M. Gauthier dans une entrevue avec Affaires automobiles. « Nous savons qu’elles sont des partenaires précieux et qu’elles jouent un rôle important dans le succès de l’industrie de l’automobile et des réseaux de concessionnaires. Nous pensons simplement que quand il est question de location, c’est juste trop. »
Gauthier dit que, après 41 années dans l’industrie, il sait que les concessionnaires ont très peu d’options quand il s’agit de leurs partenaires financiers. Donner plus de contrôle aux banques en matière de crédit-bail présente des risques pour les concessionnaires, car elles intensifient le financement de la location, dit-il. « Donner à ces mêmes institutions le pouvoir de rivaliser avec ces gens qui fournissent des fonds pour faire fonctionner ces entreprises de location est la recette parfaite pour un désastre », affirme M. Gauthier.
Gauthier dit que les banques cherchaient à accéder à la location depuis 1980, et la CADA et ses concessionnaires ont toujours combattu l’idée. « Nous avons été en mesure de convaincre le gouvernement qu’il n’était pas dans le meilleur intérêt de l’économie ni des consommateurs de donner aux banques cette possibilité additionnelle de financer la location », a déclaré M. Gauthier. « Tous les gouvernements l’ont compris ! »
Rick Gauthier dit qu’il s’est entretenu avec le premier ministre, le ministre des Finances, et d’autres responsables du gouvernement sur le sujet. Il reconnaît également que Huw Williams, directeur des affaires publiques à la CADA, les a aidé à s’assurer que le gouvernement entendait clairement l’opinion des concessionnaires.
Ottawa recule !
Ottawa a révélé ses intentions dans une lettre du 22 juillet adressée à M. Gauthier par le ministre des Finances, James Flaherty.
« Notre gouvernement a tenu des consultations dans le cadre du budget de 2009 sur les mérites potentiels de l’évolution des activités législatives et réglementaires régissant le régime de crédit-bail par les institutions financières fédérales. Il y avait un large éventail de points de vue exprimés lors de ces consultations par les intervenants au sujet des impacts potentiels de cette nouvelle mesure », écrit M. Flaherty. « Notre gouvernement continue à surveiller les développements dans le marché du financement des baux de location. Toutefois, à ce moment, nous n’envisageons pas de lever cette restriction sur le crédit-bail automobile. »
Effort de lobbying puissant
L’Association des banquiers canadiens (ABC) a fait du lobbying auprès d’Ottawa pour obtenir le financement des baux de location automobile. Dans une présentation effectuée le 8 mai 2009 à M. Flaherty, l’ABC s’est prononcée en faveur « de la concurrence et du choix » dans tous les marchés financiers.
L’ABC est une association industrielle qui travaille pour le compte de 51 banques nationales, des filiales de banques étrangères et des succursales de banques étrangères opérant au Canada.
Plus de pression
La pression pour la réforme ne venait pas que des banques. Dans une entrevue donnée à La Presse Canadienne en 2009, Bruce Cran, de l’Association des consommateurs du Canada, s’est dit en faveur de l’implication des banques dans la location d’automobiles.
Dans ce même article de La Presse Canadienne, l’analyste automobile respecté dans l’industrie, Dennis DesRosiers, a également mentionné que plus de concurrence serait bienvenue. Dans son mémoire à Ottawa sur le sujet, l’Institut C.D. Howe a aussi dit clairement que le gouvernement devrait faire tomber ces restrictions sur les institutions financières réglementées.






