Quels effets ont sur nous les divers événements qui se passent dans le monde ?
Nous avons tous tendance à vivre dans notre propre petit monde. Nous passons le plus clair de notre temps à l’intérieur d’une zone géographique relativement petite. Nos actifs, pour la plupart, se retrouvent à la maison ou pas trop loin. Pour cette raison, nous avons tendance à faire une projection de notre propre petit monde à l’échelle de la planète et à supposer que nos vies sont des microcosmes du monde au sens large. Ce qu’elles ne sont pas.
En affaires, alors, il peut être facile de supposer que, dans le reste du monde, l’industrie automobile passe par le même type d’examen existentiel que nous avons connu en Amérique du Nord au cours des trois dernières années. Pourtant, ce ne l’est pas. Pouvez-vous imaginer que 2011 pourrait bien être la première année dans l’histoire de l’industrie où il se sera vendu 60 millions de véhicules sur la planète ? Cela représente une augmentation de 50 % par comparaison avec le total annuel moyen des années 1990, époque dont les Occidentaux se souviennent avec nostalgie.
De 2008 à 2009, l’image globale n’a, dans une faible mesure, été que le miroir de la crise qui touchait la demande et la production nord-américaine d’automobiles. Les ventes totales à l’échelle de la planète ont glissé de 52 millions à un peu plus de 50 millions de véhicules neufs en 2009, une baisse d’environ 4 %. Mais depuis lors, en raison en grande partie de la demande des économies émergentes, les ventes mondiales ont bondi sainement de presque 20 %.
Aujourd’hui, il y a environ 750 millions de voitures sur les routes dans le monde entier. Près d’un tiers de ces voitures sont en Amérique du Nord. Selon certaines estimations, il y en aura autant dans la Chine seule dans 30 ou 40 ans. Bien sûr, ce type de prévisions est très difficile, mais comme dans la plupart des industries, le gros de la croissance de la demande dans les années à venir ne viendra pas des pays développés et riches du monde.
Ainsi, les producteurs se concentreront de plus en plus sur la Chine, l’Inde, le Brésil et d’autres pays importants en train de créer la classe moyenne la plus grande du monde. Pour être sûr, dans ces pays et dans beaucoup d’autres, les gens, pour la plupart, restent très pauvres. Posséder un véhicule n’est plus un objectif réaliste comme c’était le cas il était il y a 20 ans.
Mais pour des centaines de millions de personnes dans le monde qui émergent de la pauvreté, le genre d’articles de consommation que nous tenons pour acquis est désormais de plus en plus à leur portée. Cela aura des répercussions importantes sur l’industrie automobile. Il faudra satisfaire de nouvelles populations, respecter de nouveaux règlements et observer de nouvelles. Les producteurs et les concessionnaires devront apprendre à faire de l’argent en vendant des véhicules peu coûteux à la masse avec une faible marge.
Pour le concessionnaire moyen exploitant une concession dans le marché canadien, cela peut sembler un peu ésotérique, et dans une certaine mesure, ça l’est. Après la lecture de cet article, vous reviendrez sans doute à votre monde sans problème en pensant à tout ce qui se passe au Brésil. Mais c’est important. Et c’est encore plus important dans un monde aussi dépendant de l’Internet comme le nôtre. Votre petit monde n’est pas un microcosme du monde. Mais ce qui arrive dans ce dernier a des répercussions importantes dans votre monde.





