Récemment, on m’a demandé comment c’était de travailler dans un milieu majoritairement masculin. C’est le genre de questions auxquelles il m’est toujours un peu difficile de répondre, surtout quand une femme, qui n’est pas de l’industrie, me la pose et attend ma réponse avec subjectivité ! Eh bien, j’aime cette industrie et je tente par tous les moyens de bien faire comprendre mon point de vue sans passer pour une extra-terrestre.
Je commence toujours par expliquer que, avant d’être dans l’automobile, je travaille dans l’édition, un domaine où il y a autant d’hommes que de femmes. Et avant d’être dans le domaine de l’automobile, j’oeuvrais déjà dans l’édition mais, plus précisément, dans le camionnage, un domaine où la testostérone atteint un taux assez élevé.
Je travaille dans l’automobile parce que c’est une industrie qui me passionne. Tout ce qui est motorisé, roule sur des roues et comporte un volant m’allume ! Entre faire une manucure ou laver ma voiture, je choisis le boyau d’arrosage et la microfibre avec le sourire ! Un atelier d’automobile m’aurait probablement plu, mais jamais l’idée d’une formation en mécanique ou en carrosserie ne m’a traversé l’esprit dans les années 80. Ce travail dans un monde d’hommes est arrivé par hasard et s’est révélé plaisant ; j’avoue bien humblement que travailler avec des hommes, c’est plutôt simple, direct, sans chichi… et ça me plaît !
Mes recherches m’ont permis de découvrir que, selon Statistique Canada, 98,6 % des travailleurs du groupe de base du secteur de l’automobile, y compris les mécaniciens et les carrossiers, sont des hommes ; il ne reste donc plus que 1,4 % de femmes. En fouillant un peu, j’ai aussi découvert que divers organismes reconnaissent les luttes et les réussites des femmes travaillant dans l’industrie. Certains projets ont fait la promotion du recrutement et de l’avancement des femmes et, même si elles ont gagné du terrain, elles demeurent peu présentes dans les métiers spécialisés et les professions technologiques et scientifiques. L’an dernier, le CSMO-Auto a annoncé avoir reçu une subvention de Condition féminine Canada pour promouvoir l’avancement des femmes dans l’industrie des services de l’automobile grâce au mentorat. Ce projet visait à développer et à implanter un modèle de mentorat auprès de quatre métiers spécifiques, soit mécanicienne, carrossière, commis aux pièces et conseillère technique. Il y a aussi l’organisme à but non lucratif CIME, un centre d’intégration au marché de l’emploi et au développement de la main-d’oeuvre féminine dans des métiers non traditionnels, dont l’automobile, qui a pour mandat d’assurer la meilleure participation possible des femmes au marché du travail dans la région de l’Estrie.
Ainsi, les femmes ont maintenant leur place au sein de ce domaine majoritairement masculin. Toutefois, malgré les efforts de l’industrie à promouvoir ses métiers à la gent féminine, nous en retrouvons toujours très peu. Ceci dit, cet encouragement a permis aux femmes de se tailler une place qui semble de mieux en mieux ancrée dans l’industrie en amenant de nouveaux points de vue. De toute manière, la femme a toujours son mot à dire !







