Mise à jour de CBB sur l’industrie en temps de pandémie

En avril, nous avons connu la plus forte baisse mensuelle des prix de gros depuis la création de l’indice de rétention du Canadian Black Book en 2005. L’indice a chuté de 3,20 points en mai, très proche de la baisse record de 3,58 en avril. Depuis février, l’indice a chuté de 7,8 points pour les véhicules à 2 à 6 ans en raison de la crise du COVID-19 et de son impact sur le marché.

Cette diminution est due à l’effondrement de la confiance des consommateurs ainsi qu’à des niveaux élevés d’incertitude quant au marché actuel de l’automobile provoqués par la pandémie. Tout au long du mois de mai, nous avons constaté que les prix de gros ont poursuivi leur baisse. Bien que les concessionnaires de voitures neuves d’occasion soient maintenant en mesure d’opérer avec moins de restrictions que les mois précédents, les volumes demeurent en baisse et la demande future est incertaine. Les encans sont limités aux opérations en ligne uniquement; cependant, le volume des ventes aux enchères revient lentement aux niveaux pré-COVID-19 et la participation des soumissionnaires augmentant régulièrement d’une semaine à l’autre.

Les prix ont chuté dans l’ensemble de l’industrie depuis mars. La semaine dernière, la valeur du segment des voitures pondérée en volume a connu une baisse globale de 0,38 % contre 0,65 % la semaine précédente. Les camions et les VUS ont déprécié de 0,79 % au cours de la dernière semaine, soit une baisse par rapport à la baisse de 0,47 % enregistrée la semaine précédente. Il s’agit de la plus forte baisse hebdomadaire que nous ayons connue cette année. Dans l’ensemble, nous avons vu le marché se déprécier de 0,59 %, ce qui ressemble au 0,56 % de la semaine précédente.

Pour les mois d’été, nous nous attendons à ce que les prix de gros et de détail baissent encore davantage. Nous attribuons cette diminution prévue à l’afflux important de véhicules d’occasion sur le marché à l’affaiblissement continu de la demande dû à la profonde récession de même qu’à la hausse du chômage.

Ces derniers mois, la baisse des ventes a été sans précédent. Le mois de mars a connu une baisse de 48 % des ventes de véhicules neufs, suivie d’une baisse de 75 % en avril. Lorsque DesRosiers Automotive Consultants a publié le chiffre des ventes hier, ç’a été un soulagement de voir que la baisse des ventes pour le mois de mai n’était que de 44 %.

En mars, le nombre de chômeurs a commencé à augmenter fortement au Canada, qui a coïncidé avec la déclaration d’état d’urgence, sous une forme ou une autre, dans toutes les provinces et tous les territoires. L’Ontario et le Québec ont en outre ordonné la fermeture d’entreprises jugées non essentielles. Par conséquent, les demandes des chômeurs ont rapidement monté en flèche. En mai, l’Enquête sur la population active de Statistique Canada a indiqué que le taux de chômage était de 13,3 %, soit une augmentation de 232 % depuis février 2020.

Comme on pouvait s’y attendre, la confiance des consommateurs en a pris tout un coup. Pour le secteur de l’automobile, un niveau sain de confiance des consommateurs est essentiel aux ventes. L’indice de confiance des consommateurs du Conference Board du Canada a augmenté de 16,2 points en mai, après avoir atteint un creux record en avril. Plus de la moitié des Canadiens demeurent pessimistes quant à leurs perspectives d’emploi futures à 52,2 %, ce qui n’augure rien de bon pour la vitesse de reprise à l’échelle nationale. Nous pouvons voir les consommateurs reporter l’achat de véhicules ou passer d’une voiture neuve à une voiture d’occasion, malgré les nombreuses et généreuses mesures incitatives des constructeurs et des concessionnaires.

Du côté offre de l’équation pour ce qui est des véhicules d’occasion, nous nous attendons à ce qu’un afflux important se matérialise au cours des six prochains mois. Ces véhicules inonderont le marché avec des baux différés, une réduction des effectifs de parcs de de véhicules de location (y compris la vente prévue d’un grand nombre de véhicules de Hertz), une augmentation des véhicules de reprise et d’un d’inventaire de véhicules non vendus de la période de mars-mai. Par conséquent, nous maintenons notre projection selon laquelle il y aura une baisse continue des prix de gros au cours des prochains mois, et une certaine amélioration devrait être enregistrée d’ici l’hiver.

Même si les effets économiques de la pandémie continueront à se faire sentir dans trois ans, nous prévoyons que la valeur de gros reviendra comme elle était avant la COVID-19 d’ici 2023, car l’offre de véhicules d’occasion diminuera en raison de la réduction des ventes au détail et des parcs tout au long de 2020 et jusqu’en 2021.

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