Retour sur l’année qui se termine et aperçu de ce à quoi les concessionnaires peuvent s’attendre en 2024 en matière de ventes de véhicules.
Alors que la fin de l’année 2023 et le début d’une toute nouvelle année approchent à grands pas, j’ai pensé que le moment était venu de revenir une fois de plus sur les grandes tendances économiques qui teintent notre industrie. Beaucoup d’entre vous envisagent 2024 avec beaucoup d’optimisme et espèrent poursuivre avec la dynamique économique observée ces derniers mois.
En effet, la dernière année a été extrêmement productive pour les concessionnaires d’automobiles canadiens. Non seulement la hausse des ventes a-t-elle été significative, mais elle a également été soutenue ! En réalité, le secteur de la vente au détail d’automobiles a réussi à enchaîner 12 mois consécutifs de ventes positives par comparaison avec l’année précédente.
Cela a été possible parce que beaucoup de choses se sont produites simultanément et ont, d’une manière générale, été positives pour les concessionnaires automobiles : la demande est restée relativement forte, les constructeurs ont pu proposer aux concessionnaires les modèles les plus recherchés, et les acheteurs n’étaient pas entièrement découragés par l’environnement actuel où les taux d’intérêt élevés sont la norme.
DesRosiers Automotive Consultants a récemment présenté une pléthore d’informations extrêmement intéressantes : 2015 est la dernière année où l’on a vu une croissance similaire et soutenue en termes de ventes d’automobiles. À cette époque, le mois de novembre marquait la fin d’une séquence de 32 mois de croissance.
Cette évolution positive n’est pas non plus liée à une ou deux grandes régions économiques : la croissance des ventes a été partagée entre les provinces au cours des 12 derniers mois. Le plus souvent, l’augmentation des ventes observée en Ontario ou au Québec ne se traduit pas nécessairement par des marchés plus petits comme ceux des provinces de l’Atlantique. Habituellement, le manque d’offres dicte la capacité de la concession à répondre à la demande, ce qui se traduit par moins de ventes que dans les autres grandes provinces.
Prenons le mois de septembre par exemple. À l’inverse, l’Île-du-Prince-Édouard affichait une augmentation de 39 % des ventes de véhicules légers neufs depuis le début de l’année. La Nouvelle-Écosse a enregistré une augmentation de 28,6 %, et Terre-Neuve, même si elle a connu la plus faible augmentation des ventes de toutes les provinces canadiennes, a tout de même connu une augmentation de 10,3 % pour l’année.
De multiples variables pourraient expliquer cela, mais il est évident que les fabricants rattrapent progressivement leur retard en termes de production globale. Il existe même des objectifs de production de marques spécifiques qui ont dépassé la demande actuelle du marché, ce qui a entraîné une répartition accrue des stocks sur des marchés plus petits.
Maintenant, la vraie question consiste à savoir si nous pouvons nous attendre à ce que cette dynamique se poursuive au cours du 1er semestre de l’année à venir ? Eh bien, les indicateurs sous-jacents semblent indiquer que notre économie se trouve dans le scénario de la pointe de l’iceberg, et qu’un important ralentissement est toujours à l’ordre du jour.
La Banque Nationale du Canada a produit un rapport qui mentionne que 43 % des hausses de taux d’intérêt n’ont toujours pas été ressenties sur la consommation actuelle. Alors que les effets des hausses de taux d’intérêt deviennent de plus en plus apparents sur les salaires des consommateurs, d’importantes décisions budgétaires devront être prises, ce qui pourrait très bien réduire l’intérêt des consommateurs pour l’achat d’un nouveau véhicule.
De nombreux économistes prédisent un tel scénario depuis des mois maintenant, mais nous disposons désormais de données quantitatives et centrées sur le Canada sur les effets différés des hausses de taux d’intérêt. Quand les chiffres de ventes sont aussi positifs qu’ils l’ont été récemment, il existe un risque de décalage entre les prévisions économiques et ce qui est observé sur le terrain. Les concessionnaires d’automobiles doivent s’en méfier et planifier en comprenant bien comment – et quand – les taux d’intérêt peuvent affecter la consommation.
Les données montrent également que les ventes au détail canadiennes en termes réels sont habituellement en baisse depuis le début de 2023, les baisses les plus prononcées s’étant produites au cours des cinq dernières semaines.
Même si le secteur de la vente au détail d’automobiles a bénéficié d’une demande refoulée accumulée au cours d’une période où les stocks étaient presque inexistants, il est juste de supposer que le marché de l’automobile pourrait rapidement se réajuster vers un état plus équilibré où le niveau de l’offre continue d’augmenter, et la demande des consommateurs stagne.
Enfin, l’économie canadienne a enregistré une augmentation rapide du taux de chômage de près de 1 % depuis le 2e trimestre de 2023 – ce qui devrait également être considéré comme un autre facteur qui fait baisser la demande et les ventes au détail.
L’année qui vient de s’écouler a été la bienvenue, car les concessionnaires d’automobiles et les consommateurs partageaient l’impatience face au manque de stocks.
L’augmentation de la production de véhicules a permis aux concessionnaires d’automobiles de rattraper leur retard et de répondre à cette demande refoulée. Cette séquence d’événements positifs a cependant généré une bulle de ventes à court terme pour notre industrie qui pourrait entamer sa déflation dès le 1er ou le 2e trimestre de 2023.
Être informé de l’évolution du marché grâce à des prévisions économiques quantitatives sera crucial pour les concessionnaires d’automobiles qui souhaitent prendre des décisions et planifier avant que ce ralentissement ne survienne au lieu de se retrouver coincés dans une situation difficile après des mois de résultats de ventes positifs.








