Mais à quelle vitesse et dans quelle mesure ?
Ce qui monte doit redescendre. Si vous ne grandissez plus, vous êtes en train de mourir. Le statu quo n’est jamais statique. Pour beaucoup de personnes, ce genre de leitmotiv d’affaires relève souvent de la
rhétorique. Mais pas dans le monde de l’automobile.
Ici, le pendule oscille constamment entre le succès et l’échec, mais à un rythme différent et avec des écarts différents pour les diverses marques et les concessionnaires.
Il y a eu plusieurs grands mouvements de balancier en 2011 qui se sont poursuivis en 2012 et qui ont entraîné des variations importantes des ventes de véhicules neufs au Canada. D’un faible taux annuel désaisonnalisé de 1,54 million de véhicules en décembre ‒ le plus bas depuis mai 2011 ‒ à 1,7 million de véhicules en janvier, qui était le plus haut niveau depuis janvier 2008.
Mesurée différemment, les ventes de janvier ont connu une hausse phénoménale de 25,4 % comparativement au même mois en 2011, ce qui est 11,6 % supérieur à la moyenne de janvier pour les cinq dernières années, la deuxième après 2008.
Il est trop tôt pour sabrer le champagne pour l’instant, cependant. Un mois ne fait une année record. Il pourrait être tentant d’interpréter cette variation d’un mois comme un indicateur que le vent a tourné, mais ce serait du délire.
Beaucoup de facteurs peuvent expliquer de revers de fortune, y compris les ventes de parcs retardées jusqu’au nouvel exercice financier, la demande refoulée des consommateurs, le rafraîchissement de la chaîne d’approvisionnement après les catastrophes survenues au Japon en 2011 et l’introduction de nouveaux produits. C’est probablement l’ensemble de ces facteurs.
Si l’on y regarde à plus long terme, le balancier est en train de revenir vers l’extrémité positive du cadran des ventes. Lentement… très lentement.
Outre certaines exceptions à court terme, les ventes ont eu une tendance à la hausse depuis le creux de janvier 2009, comme le montre le graphique ci-joint. Et l’on s’entend sur le fait que cette tendance de croissance lente de 2011 se poursuivra en 2012, mais pas de façon spectaculaire.
Chrysler, Kia et Audi ont le vent en poupe !
Dans cet essor du marché mondial, certains constructeurs automobiles sont plus dynamiques que d’autres. Parmi ceux-là, on retrouve Chrysler, dont les ventes de janvier ont augmenté de 22 % depuis janvier 2011 et de 18 % sur la moyenne mensuelle des cinq dernières années, ce qui en fait le meilleur mois de janvier depuis 2002 et lui permet de l’emporter devant Ford pour la première place des ventes, avec 16,9 % des parts de marché.
Ce n’est pas une mauvaise façon de commencer l’année, mais ce n’est pas le fruit du hasard. Janvier a été le 26e mois consécutif de hausse des ventes pour Chrysler, ce qui a engendré une course sérieuse pour la deuxième place avec General Motors tout au long de 2011 et lui permettant de terminer l’année pas très loin à la troisième place (avec seulement 4 % de retard au chapitre des ventes totales).
Mais Chrysler n’est pas la seule à connaître un tel essor. Les ventes de Kia ont augmenté de 24 % en janvier, ce qui représentait le 37e mois consécutif de hausse des ventes pour la marque sud-coréenne ; sa part de marché a ainsi progressé de 1,6 % (à 2,9 %) et ne donne aucun signe de ralentissement.
Audi se porte bien également. La marque allemande se retrouve deuxième derrière Kia en termes de pourcentage d’augmentation des ventes pour l’année 2011 et a poursuivi sur sa lancée jusqu’en janvier avec 32 % d’augmentation pour le mois.
Après une année 2011 difficile, les constructeurs automobiles japonais semblent vouloir compenser en 2012 pour les pertes subies. Avec leurs chaînes d’approvisionnement rétablies, Honda (143,8 %) et Toyota (+18,3 %) ont retrouvé leur santé en janvier ‒ respectivement en avance de 38,6 % et de 8,8 % sur leur moyenne quinquennale.
GM accuse des pertes.
Mais là où il y a des gagnants, il doit y avoir des perdants. Et GM accuse des pertes à l’heure actuelle.
Il y a déjà plus de trois mois que GM a enregistré une augmentation mensuelle significative par rapport à la même période de l’année précédente, et les ventes ont baissé de 11 % en janvier par rapport à 2011 dans un marché qui a progressé de plus de 25 %. La part de marché de GM en janvier était tombée à 13,3 % ‒ peut-être son plus bas niveau à ce jour.
Il y a eu un autre effet de retour du balancier en janvier, avec des ventes de voitures en hausse de 28,4 % comparativement à la hausse des ventes de camions de 7,4 %. Au cours de l’année 2011, la croissance des ventes camion avait largement dépassé celle des voitures.
Le revirement apparent peut simplement refléter l’essor soudain de Honda, avec le retour de la production de sa Civic et un retour à la normale de la production de voitures chez d’autres fabricants. Cela peut également suggérer un changement dans le marché.
Le temps nous le dira. Au moment où vous lirez ces lignes, vous aurez l’avantage de connaître les chiffres de ventes de février ; cela pourrait répondre à certaines des questions que janvier a laissées en suspens. Mais l’année 2012 est encore bien jeune.








