Après la pause estivale, les députés vont se retrousser les manches !
Les journées raccourcissent. La température a chuté de quelques degrés. Au moment où vous lirez ces lignes, il est probable que l’automne ait déployé ses couleurs lumineuses. L’été au cours duquel on a établi des records de chaleur est terminé.
À Ottawa, cela signifie essentiellement une chose : le Parlement siège de nouveau, et les longs et chauds circuits barbecue des politiciens dans leur circonscription ont pris fin. Ils sont maintenant de retour dans la course épuisante et les calendriers parlementaires qui rendent leur travail si difficile. Pour le gouvernement fédéral, cela signifie que l’ordre du jour doit être réglé pour le reste de l’année.
N’importe quel planificateur financier vous dira (ou devrait vous dire) que les performances passées ne présument pas des rendements futurs. En dépit de cette maxime, nous pouvons être certains que l’objectif du gouvernement, à son retour dans son rôle de Législateur, sera, comme ça l’est depuis sa prise du pouvoir en 2006, la toujours fragile perspective économique nationale.
BONNE POLITIQUE OU QUESTION DE CHANCE ?
Le premier ministre et ses collègues au sein du Cabinet trimeront dur pour convaincre les électeurs que la seule chose entre eux et le désastre économique ce sont 308 parlementaires le nez dans le pare-brise, à Ottawa. Et il y aura même une certaine vérité là-dedans : le Canada a connu une meilleure performance que d’autres économies en raison de la réglementation et de la législation.
Mais malheureusement pour le gouvernement et l’histoire qu’il tente de faire, une plus grande part peut être attribuée à la chance. Quelles que soient les causes, le Canada est arrivé à bon port comme on aurait pu l’espérer pendant les tempêtes de ces dernières années.
Que nous ayons en quantité dans notre sous-sol ce dont le monde a besoin nous en dit plus sur notre réussite économique dans un passé récent qu’un secteur bancaire qui n’a pas eu de succès avec les prêts octroyés à des personnes sans revenu, sans emploi ou sans actif. Toutefois, le dernier facteur n’a pas fait mal.
Pourtant, une politique gouvernementale saine est un élément essentiel si l’on veut maintenir le niveau de vie auquel nous sommes habitués.
La politique économique sera le thème principal des efforts du gouvernement cet automne. Plus précisément, les autorités sont susceptibles de fournir plus de détails sur leur initiative de réduire les charges administratives des entreprises canadiennes, après la réception d’un rapport décrivant des dizaines de recommandations qui permettaient de réduire le fardeau administratif et réglementaire des affaires dans ce pays quelques mois auparavant.
L’un des piliers mentionnés par le premier ministre dans un discours à Davos, en Suisse au début de cette année, soit la réduction du fardeau de la réglementation ‒ en particulier pour les petites entreprises ‒ est une véritable priorité pour le gouvernement.
Si elles sont adoptées dans leur intégralité, ces mesures permettraient de simplifier la réglementation importante que des entreprises de toutes sortes doivent respecter pour s’installer au Canada. Le défi sera de vaincre l’inertie bureaucratique qui freine inévitablement de tels efforts visant à la simplification des règles.
LA RÉDUCTION DU DÉFICIT
Le gouvernement poursuivra son travail pour réduire et éliminer le déficit au cours des deux prochaines années. Ce sera un objectif particulièrement difficile à atteindre. Les projections actuelles, qui conduisent à l’élimination éventuelle du déficit, reposent sur des projections optimistes de croissance économique et de réduction des dépenses qui ne seront pas faciles à réaliser. Pourtant, à seulement quelques points de pourcentage du PIB, le déficit fédéral actuel est tout à fait gérable et beaucoup plus bas que celui de nos voisins du sud, d’une grande partie de l’Europe et d’autres pays développés.
Inévitablement, les problèmes viendront faire dérailler même les meilleurs plans du gouvernement et, comme toujours, il faut agir et réagir en conséquence. Comme elle l’a toujours fait, la CADA continuera d’être la voix des concessionnaires à Ottawa au cours de la session d’automne et de la période pré-budget, une période pendant laquelle le gouvernement consulte les intervenants sur les priorités économiques du pays.
Tout agenda est soumis à l’assaut constant des événements, et celui du gouvernement n’est pas différent. Notre destin économique est lié à des éventualités indépendantes de notre volonté à un degré que le gouvernement ne saurait probablement pas admettre. Nous regarderons donc avec beaucoup d’intérêt ce qui se passe en Chine, aux États-Unis et en Europe au cours des prochains mois.
Le gouvernement a un mandat majoritaire et la liberté législative qui vient avec. Mais il ne peut pas contrôler ce qui se passe au-delà de ses frontières. Restez à l’écoute !









