
Cependant, les maigres résultats de décembre poursuivent le déclin à 10 mois consécutifs
Comme on s’y attendait depuis longtemps, les ventes d’automobiles au Canada en 2018 ont été les deuxièmes meilleures ventes de l’histoire, malgré une chute spectaculaire des ventes en décembre qui a prolongé la période de déclin progressif à 10 mois consécutifs.
Les ventes de 114 289 véhicules en décembre, en baisse de 8 % par rapport à celles du même mois de l’année dernière, ont contribué à faire chuter les chiffres de ventes annuelles de 2,6 %, à 1 984 992 véhicules, selon les données compilées par DesRosiers Automotive Consultants (DAC) – ce qui est inférieur à barrière psychologique des 2 millions de ventes.
(REMARQUE : D’autres sources, qui comprennent une estimation des ventes non déclarées de Tesla et d’autres fabricants spécialisés, poussent le total à un peu plus de 2 millions de véhicules. Les chiffres de DAC sont basés sur les ventes réelles déclarées et se comparent directement aux chiffres de l’année précédente.)
« Compte tenu de toutes les turbulences politiques et économiques ainsi qu’à la hausse des taux d’intérêt, il est difficile de qualifier 2018 d’année décevante en termes de ventes », a déclaré David Adams, président de Global Automakers of Canada. « Nous enregistrons une décennie de ventes record chaque année et, à un moment donné, ça va ralentir – c’est la nature même de cette industrie », a-t-il ajouté.
Alors que les chiffres de ventes totales pour 2018 constituent une deuxième meilleure performance sans aucun doute louable, la tendance persistante des baisses mensuelles semble mettre un frein à toute célébration, car elle suggère une année plus difficile en 2019.
Comme l’a observé Dennis DesRosiers, « l’industrie a perdu progressivement de sa vigueur au cours du second semestre, ce qui a entraîné le premier recul d’une année par rapport à la précédente depuis 2009 ».
Les ventes de décembre, plus particulièrement, envoient un message qui donne à réfléchir ; en effet, la baisse substantielle de 8 % s’applique sur un niveau de comparaison déjà relativement bas en 2017. De plus, le taux annuel désaisonnalisé (TAD) corrigé des variations saisonnières de décembre était inférieur à 1,7 million, selon DAC – le plus bas niveau depuis décembre 2012.
En outre, bien que nous ayons été habitués aux baisses constantes des ventes d’automobiles, ces dernières ont été largement compensées par l’augmentation des ventes de camionnettes, y compris les VUS. Un peu moins en décembre toutefois.
Comme il se doit, les ventes d’automobiles ont diminué de 12,1 %, mais les ventes de camionnettes ont également diminué de 6,5 %.
Sur l’ensemble de l’année, les ventes de voitures ont diminué de 9,7 %, mais les ventes cumulées de camionnettes n’ont augmenté que de 0,6 %. En termes de part de marché, les camionnettes ont enregistré 70,9 % contre 29,1 % pour les automobiles, ce qui représente un gain de 2,3 % pour les camionnettes par rapport à l’an dernier.
Ford toujours en tête
Comme ç’a été le cas au cours de neuf des dix dernières années, Ford a été le constructeur qui a vendu le plus d’automobiles au Canada en 2018. La poussée de General Motors au milieu de l’année, qui laissait présager une course serrée à l’arrivée, a perdu son élan au dernier trimestre.
Cependant, une baisse de 8,4 % des ventes chez Ford en décembre a limité son total annuel à 297 902 véhicules, soit une baisse de 3,4 % par rapport à 2017, entraînant une perte de part de marché de 0,1 %, à 15 %.
Les ventes de General Motors ont encore souffert en décembre, ayant diminué de 30 % par comparaison avec l’an dernier. Les ventes de l’année entière de 288 310 véhicules ont diminué de 4,8 %, réduisant la part de marché de GM de 0,4 %, à 14,5 %.
Fiat Chrysler Automobiles (FCA) s’est maintenue à la troisième place en termes de ventes annuelles malgré une baisse de 32,5 % en décembre ; elle a été coiffée par Toyota pour le cinquième mois consécutif. Sur l’ensemble de l’année, les ventes de FCA ont atteint 224 889 véhicules, en baisse de 15,8 % par rapport à 2017, et la part de marché de la société a diminué de 1,8 % – la baisse la plus importante du secteur.
Toyota a régulièrement pris la troisième place des ventes mensuelles depuis le mois d’août et a récidivé en décembre, avec une augmentation de 28 %, la plus forte de tous les grands constructeurs. Mais la marque japonaise s’est classée quatrième pour l’année avec 207 535 ventes totales, en hausse de 3,9 % par rapport à l’année précédente. Cette augmentation a entraîné une hausse de 0,7 % de sa part de marché qui a atteint 10,5 %, la plus forte progression de l’industrie.
Avec une augmentation des ventes de 11,2 % en décembre, Honda est restée incontestée à la cinquième place, et pour le mois et pour l’année. Les ventes totales de 175 042 véhicules en 2018 sont en baisse de 1,1 % par rapport à l’année précédente, mais, compte tenu de la baisse générale du marché, la part de marché de Honda a augmenté de 0,1 %, à 8,8 %.
Lutte serrée en milieu de peloton
La lutte pour la sixième place au cours de l’année a parfois été la plus serrée de l’industrie, mais Nissan l’a revendiquée de manière décisive sur Hyundai à la fin de l’année.
Avec des ventes en baisse de seulement 1,6 % en décembre et en hausse de 1,7 % pour l’année, à 136 536 véhicules, Nissan a gagné 0,3 % de part de marché, à 6,9 %.
C’est la troisième meilleure progression du secteur et la deuxième année consécutive avec une amélioration similaire.
À la septième place pour le mois et pour l’année, les ventes de Hyundai ont chuté de 5,5 % en décembre ; à 127 839 véhicules, elles ont diminué de 1,4 %. La part de marché de la marque sud-coréenne s’établit maintenant à 6,4 %.
Volkswagen a pris le contrôle de la huitième place des ventes mensuelles depuis le mois d’octobre, mais elle avait encore beaucoup de chemin à faire pour rattraper Mazda et Kia qui se disputaient également cette position pour l’année.
Finalement, Mazda a réussi, de peu, à se faufiler. Malgré une baisse de 14,9 % en décembre qui a entraîné une baisse des ventes totales de l’année à 73 869 véhicules, la part de marché de Mazda a augmenté de 0,1 % pour atteindre 3,7 %.
Kia s’est classé neuvième avec des ventes en baisse de 4 % pour le mois et pour l’année. Son total de ventes annuel de 73 009 véhicules n’était que de 860 véhicules sous la huitième place, bien qu’il ait perdu 0,1 % de sa part de marché pour atteindre 3,7 %.
Malgré sa huitième place pour décembre avec une hausse de 17,6 % de ses ventes, Volkswagen s’est classée au dixième rang pour l’année. Cela dit, la montée en flèche au second semestre du constructeur allemand s’est traduite par un gain de 3,7 % à 72 210 ventes pour l’année – ce qui représente 1 500 ventes derrière la huitième place de Mazda, et est suffisante pour augmenter sa part de marché de 0,4 %, à 3,6 % – la deuxième la plus importante amélioration de l’industrie.
Subaru a consolidé sa onzième position au cours de l’année, et l’augmentation de 3,1 % de ses ventes en décembre a contribué à la progression de 6,4 % de ses ventes annuelles qui ont atteint 58 070 véhicules. Par conséquent, la part de marché de Subaru s’est améliorée de 0,2 %, à 2,9 %.
Malgré une baisse des ventes de 4,7 % pour l’année, Mercedes-Benz a conservé la 12e place, mais conserve la première place parmi les marques de luxe. BMW a résisté à une menace d’Audi et conservé la deuxième place chez les constructeurs de marques de luxe.
Gagnants et perdants
Sur une base de pourcentage, les grands gagnants en 2018 ont été Genesis (+174,5 %), Volvo (+29,8 %), Land Rover (+11,5 %), Mitsubishi (+11,1 %) et Porsche (+7,9 %).
Les grands perdants ont été Maserati (-37,1 %), FCA (-15,8 %), smart (-6,3 %), Jaguar (-5,9 %) et Mercedes-Benz (-4,8 %).





