Des réjouissances bien méritées

Robert Poëti, président-directeur général de la Corporation des concessionnaires d’automobiles du Québec

75e anniversaire de la CCAQ

Une année difficile vient de s’écouler. En parallèle avec la guerre livrée à la pandémie, la CCAQ trace le bilan d’un épisode de déjà vu il y a soixante-quinze ans. Clin d’œil à l’Histoire.

Reprenant l’expression de Robert Poëti, président-directeur général de la Corporation des concessionnaires d’automobiles du Québec, « la COVID-19 a changé le monde ». Ainsi, il y avait de prévu pour le mois de mai dernier la célébration du 75e anniversaire de la CCAQ. L’organisation a dû annuler l’événement dans sa forme convenue, c’est-à-dire un regroupement de l’ensemble de ses membres.

Cette soirée reconnaissance avait pour but d’honorer, comme cela se fait annuellement, tous les prédécesseurs qui ont joué un rôle déterminant dans le regroupement. « De la mémoire des fondateurs qui ont mis sur pied l’entreprise au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et qui ont permis son évolution au fil des ans », explique-t-il.

Me Ian P. Sam Yue Chi, vice-président directeur général de la CCAQ

C’est en effet en 1945 qu’est né ce qui allait devenir beaucoup plus tard la CCAQ. La même année où le gouvernement canadien révoquait le War Act pour rétablir le fonctionnement normal de l’économie. « C’était une période déterminante pour la relance de l’industrie. Contraignante, la Loi sur les mesures de guerre interdisait à tout fabricant d’automobiles de construire et de vendre des véhicules aux civils. Ces produits motorisés étaient exclusivement destinés aux Forces armées. »

On s’est resserré les coudes comme il y a 75 ans pour, ensemble, passer à travers une année qui restera dans les annales des plus importantes périodes de difficultés d’opérations.

L’épaule à la roue

« Nos pairs, au lendemain de la Seconde Guerre, ont ainsi contribué à relancer la machine, en créant le premier regroupement de concessionnaires. Ils ont réfléchi à des moyens de remettre sur les rails l’activité de ventes et d’entretien de véhicules pour les citoyens, explique aujourd’hui le porte-parole des 890 concessionnaires du Québec. Mais, ironiquement, 75 années plus tard, est survenue la pandémie de coronavirus. Une guerre sanitaire qui a provoqué à nouveau la fermeture des concessions d’automobiles. Une situation qui a ébranlé l’industrie et entraîné plusieurs mises à pied. »

Ainsi après trois quarts de siècle, le regroupement a joué encore une fois un rôle majeur pour appuyer les concessionnaires dans une période difficile. C’est ce qui explique le report des célébrations.

« Nous nous sommes organisés pour offrir des services à nos membres, édifiés sur un protocole de retour au travail sécuritaire pour les employés, les clients et les entreprises. Un exercice qui a suscité la reprise graduelle puis complète des affaires. La CCAQ est intervenue à ce titre dans une période où l’on aurait dû célébrer, résume Robert Poëti. On s’est resserré les coudes comme il y a 75 ans pour, ensemble, passer à travers une année qui restera dans les annales des plus importantes périodes de difficultés d’opérations. »

Tourner la page

« Nous aimerions d’une certaine façon pouvoir bientôt souligner, probablement en décembre, cet important jalon d’années d’activités. C’est en tournant la page sur une année que je décrirais comme excessivement périlleuse sur les plans humain et économique qu’on pourrait souligner l’événement. Je crois que, dans les circonstances, l’expression souligner est plus appropriée que célébrer, précise-t-il. L’activité qui reste à déterminer contribuera à remercier l’ensemble des concessionnaires qui ont su s’adapter et se réinventer sous l’incidence de la COVID. »

Lot de véhicules non vendus, découlant de la COVID

Ces entreprises qui ont su opérer au quotidien tout en gardant leurs employés dans des conditions sanitaires optimales pourraient potentiellement prendre part, dans un contexte de règles et de prudence pandémiques établies, à cet esprit de festivités. « Cette occasion permettra de ne jamais oublier ce que nous avons vécu en 2020, et démarrer l’année 2021 sous un autre jour. À l’instar de ce qui s’est passé en 1945 lors de la réouverture des concessions d’automobiles, et où 1946 a permis de lancer une bien meilleure année. »

« Comme à cette époque, d’ailleurs, nous avons eu, cette année, beaucoup de discussions avec le gouvernement pour permettre cette reprise. Car l’État ne comptait pas l’industrie de l’automobile dans la liste des services essentiels consenties en pleine pandémie. Elle omettait le redémarrage de nos entreprises. Cependant, les discussions que nous avons menées avec le Législateur québécois, bien aiguillées par le vice-président directeur général de la CCAQ, Me Ian P. Sam Yue Chi, sont parvenues à définir que bien qu’un véhicule automobile ne soit pas un service essentiel, il constitue néanmoins un déplacement essentiel ».

Nature des mots

L’automobile est, pour tout individu et au-delà du rôle prioritaire d’un travailleur de la santé ou des services de l’ordre, un moyen fort efficace d’aller porter de la nourriture et des médicaments à ses proches en situation de précarité, plaide Ian P. Sam Yue Chi.

La résultante de cette reconnaissance a permis la réouverture en quelques semaines des centres d’entretien de véhicules dans les concessions. Elle a été suivie de l’accès aux salles de ventes d’automobiles, dans le respect des règles gouvernementales.

Pour Robert Poëti, en poste depuis deux ans, le fait d’avoir antérieurement contribué au libellé et au déploiement de mesures d’urgence à la Sûreté du Québec, particulièrement dans la désignation de cas difficile à gérer, a aidé à orchestrer la réouverture rapide des concessions. Au même titre que la maîtrise du fonctionnement de l’appareil gouvernemental, issue de son expérience de député à l’Assemblée nationale et de ministre des Transports.

Cette occasion permettra de ne jamais oublier ce que nous avons vécu en 2020, et démarrer l’année 2021 sous un autre jour.

Bougie d’allumage

La qualité des relations gouvernementales liées aux besoins d’information du gouvernement ont de plus concrètement facilité le travail d’équipe mené par la CCAQ et ses membres. Cette énergie a permis de rédiger un protocole de réouverture des concessions et de relancer promptement l’industrie… comme il y a 75 ans.

Cette prestance fait de la CCAQ l’une des premières organisations nord-américaines à avoir établi efficacement un protocole de réouverture d’industrie. Elle a servi de canevas à la reprise, estiment les dirigeants de la CADA et de la NADA. « Une autre belle raison d’être fiers et de célébrer », conclut Robert Poëti, président-directeur général de la Corporation des concessionnaires d’automobiles du Québec.

À propos de Marc Beauchamp

Marc Beauchamp est concepteur, rédacteur et journaliste pigiste, il est aussi producteur de contenu multiplateforme pour médias de masse et de spécialité. On peut le joindre par courriel à marcbeauchamp1960@gmail.com

Articles liés
Share via
Copy link