Santé psychologique au travail, l’affaire de tous

février 26, 2024

Selon les données recueillies par l’Institut national de santé publique du Québec, une personne sur cinq éprouvera un problème de santé mentale au cours de sa vie. Les difficultés qui découlent d’un problème de santé mentale peuvent avoir des répercussions sur les activités professionnelles des travailleurs. Plus que jamais, il est essentiel pour les employeurs de promouvoir un milieu de travail sain. Pour ce faire, il est primordial d’établir des relations interpersonnelles et interprofessionnelles solides au sein de votre entreprise. La confiance qui en découlera augmentera le bien-être au travail et, par conséquent, réduira le taux d’absentéisme et les départs.

Ne sous-estimez pas la communication

La transparence auprès de votre équipe est fondamentale. Partagez vos valeurs et vos attentes pour vous assurer que tous soient sur la même longueur d’onde. Vous pouvez le faire de plusieurs façons, en présentant un guide de politiques d’entreprise lors de l’intégration, notamment. Dans ce document, l’employeur établit ses attentes et la culture de l’entreprise de façon claire et précise aux travailleurs. Afin de remémorer cette information à votre équipe, vous pouvez afficher vos valeurs dans votre concession, faire des rappels dans vos communications internes et montrer l’exemple en les appliquant vous-même. N’oubliez jamais que le leader définit l’attitude de son équipe, et que prôner par l’exemple est la clé.

L’écoute et la compréhension sont vos meilleurs alliés quand un employé vous confie un problème lié au travail ou à sa vie personnelle. Il est important de garder en tête que les perspectives et les réactions varient selon les individus. Portez attention au non-verbal, il peut être très instructif. Une personne qui adopte un comportement qui ne lui est pas habituel, comme s’effacer lors de réunions, pourrait être un signe. À titre de gestionnaire, c’est notre rôle de comprendre ces signaux et de tenter de vous mettre dans les chaussures des autres. En d’autres termes, il faut être empathique. Posez des questions, soyez intéressé par ce qu’on partage avec vous, prenez le temps et démontrez que vous accordez de l’importance aux membres de votre équipe. Ne négligez pas l’influence des suivis réguliers. Ils vous permettront d’optimiser les mesures mises en place pour faciliter le travail d’un employé qui éprouve des problèmes de santé mentale et de les adapter à ses besoins et à ceux de votre entreprise. Ce processus est collaboratif. Il est important que le salarié et l’employeur y contribuent à parts égales.

Il n’est pas toujours négatif de diverger d’opinion. On peut cheminer grâce aux différentes perspectives apportées. Réaliser un portrait d’ensemble avec les différentes positions vous permettra possiblement de mettre le doigt sur une solution à laquelle vous n’aviez pas pensé. Soyez créatif, impliquez vos collaborateurs, écoutez-les et échangez avec eux dans un esprit d’ouverture et de respect.

Des outils à disposition

Il est judicieux de prendre connaissance des outils qui s’offrent à vous pour faciliter les relations de travail. Il est également important de ne pas oublier vos obligations légales. La Loi sur les Normes du travail énonce que toute personne salariée a droit à un milieu de travail exempt de harcèlement psychologique ou sexuel. Elle précise aussi que l’employeur a l’obligation de prendre les moyens raisonnables pour prévenir et faire cesser le harcèlement quand il en est informé. La loi énonce également que tout employeur doit adopter et rendre disponible à son personnel une politique de prévention et de traitement des plaintes en matière de harcèlement psychologique. Cette politique doit inclure un volet concernant les conduites qui se manifestent par des paroles, des actes ou des gestes à caractère sexuel (LNT art. 81.19). Non seulement est-il nécessaire de mettre en place une politique, mais il est également impératif de bien la comprendre et de l’appliquer.

Il est conseillé de mettre en place des ressources utiles comme un programme
d’aide aux employés, une personne référence en ressources humaines ou d’avoir à portée de main les coordonnées d’organismes de soutien à référer comme Info-Social (811), Écoute-Entraide (1 855-EN LIGNE), le Centre
de prévention du suicide, etc.

Votre rôle n’est pas d’agir comme un intervenant spécialisé. Il est plutôt de démontrer de l’ouverture et de l’adaptabilité face aux enjeux de santé mentale des membres de votre équipe. L’objectif consiste à exercer un leadership humain et relationnel. N’hésitez pas à demander conseil à un conseiller en relations de travail ou en ressources humaines.

À propos de Gabrielle Maheux

CRHA et conseillère en relations de travail de la Corporation Mobilis. On peut le joindre à gmaheux@corporationmobilis.com

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