La Corporation des associations de détaillants d’automobiles (Canadian Automobile Dealers Association — CADA) encourage Ottawa à réinitialiser le mandat fédéral sur les véhicules zéro émission (VZE), affirmant que les objectifs actuels de ventes ne sont plus réalistes pour les consommateurs ni pour le marché.
L’association a fait ces commentaires dans un communiqué de presse et devant des députés fédéraux lors d’une réunion de comités à Ottawa.
La CADA indique que les concessionnaires ont beaucoup investi dans la transition vers les véhicules électriques. Mais l’association mentionne désormais que le rythme imposé par le gouvernement ne correspond pas aux pressions liées à l’accessibilité financière et à la disponibilité limitée des produits. Le coût demeure le principal obstacle pour les acheteurs. Les données nationales montrent que 67 % des Canadiens s’attendent à dépenser moins de 500 $ par mois pour un véhicule.
« Les attentes définies dans le mandat sur les VZE ne reflètent pas ce qui se passe réellement sur le marché », a déclaré Tim Reuss, président de la CADA, dans un communiqué. « Avec la montée des préoccupations liées à l’abordabilité et les nouvelles pressions créées par les tarifs américains, poursuivre sur la voie actuelle risque de rendre les véhicules encore plus coûteux pour les Canadiens et de nuire à la compétitivité de notre secteur. »
La CADA a publié des chiffres montrant que le paiement mensuel moyen d’un véhicule a grimpé à 770 $ pour une location et à 880 $ pour un prêt. Ces hausses sont attribuées aux tarifs, aux contraintes d’approvisionnement et à la montée des taux d’intérêt. Les concessionnaires affirment que ces montants poussent de nombreux ménages à retarder le remplacement de véhicules plus âgés.
La CADA souligne également que l’inégalité des infrastructures de recharge et la demande plus faible pour les VE dans les régions rurales ajoutent une pression supplémentaire. « Les objectifs actuels en matière de VE ne reflètent tout simplement pas ce que nous observons sur le terrain », a déclaré Charles Bernard, économiste en chef de la CADA. « Les Canadiens subissent une pression financière croissante, et les politiques doivent s’aligner sur ce que les consommateurs peuvent réellement se permettre. »
Devant le comité, la CADA a proposé de suspendre le mandat jusqu’à la conclusion des négociations commerciales du Canada avec les États-Unis et le Mexique, de comptabiliser tous les hybrides dans les objectifs futurs, d’harmoniser les cadres provinciaux et fédéraux, d’exclure les VE et les hybrides de la taxe sur les véhicules de luxe, et d’empêcher les entreprises sans présence manufacturière ou commerciale au Canada de tirer profit de la vente de crédits.




