La dernière édition des six grands salons de l’auto au Canada témoigne d’une transformation profonde amorcée depuis la pandémie. Entre annulations successives, incertitudes économiques et changements des habitudes des consommateurs, ces événements ont dû se réinventer pour survivre et rester pertinents.
Au sommet de la pandémie, l’industrie des salons automobiles a été frappée de plein fouet. Je me souviens que je travaillais sur un salon de l’auto en 2021 et 2022, sans jamais savoir s’il verrait le jour. Il y avait une valse continue de discussions avec les constructeurs et les concessionnaires… un pas en avant, deux en arrière. Cette longue pause de deux ans a mis en péril un modèle qui fonctionnait, à ce moment, très bien. Comme d’autres secteurs culturels et événementiels au Canada, la COVID a provoqué une paralysie des salons de l’auto.
En 2023, le retour des salons marque un véritable tournant ! Loin de simplement reprendre leur formule traditionnelle, mes collègues organisateurs ont misé sur l’innovation et l’adaptation. D’ailleurs, les dernières éditions ont accordé une place beaucoup plus importante aux véhicules électriques, avec des essais routiers et même des zones dédiées. À Toronto, par exemple, l’espace « Electric City » illustre parfaitement cette nouvelle orientation. Celle-ci reflète non seulement les grandes tendances de l’industrie, mais aussi les attentes d’un public de plus en plus curieux face aux différentes options de motorisation.
Pensons à l’événement de Québec, qui proposait notamment des zones de karting, des jeux gonflables ainsi qu’une piste téléguidée. Du côté du Salon de Montréal, on trouvait un circuit de mini-voitures électriques destiné aux enfants, tandis qu’à Calgary, la zone dédiée aux premiers répondants a rencontré un franc succès.
Aujourd’hui, les salons de l’auto ne doivent plus seulement informer. Ils doivent faire vivre des émotions aux visiteurs. Ils doivent également développer une approche expérientielle, essentielle pour continuer à progresser, assurer une pérennité et attirer les visiteurs.
De plus, dans un contexte où le numérique occupe une place importante dans le processus d’achat, il ne s’agit plus seulement de regarder des voitures, mais de les toucher, de comparer directement plusieurs modèles, d’obtenir des conseils personnalisés, mais également de vivre une expérience complète. En effet, les salons agissent désormais comme un complément aux recherches en ligne en permettant aux consommateurs de concrétiser leurs démarches.
Les chiffres récents confirment d’ailleurs leur pertinence. Le Salon de l’auto de Montréal 2026 a attiré environ 170 000 visiteurs, marquant un retour en force, tandis qu’à Toronto, c’est près de 375 000 personnes qui ont fréquenté la dernière édition. Plus important encore, les visiteurs de ces salons sont beaucoup plus susceptibles de procéder à l’achat d’un véhicule dans les mois suivants, ce qui a été prouvé par diverses études de marché.
« Plus important encore, les visiteurs de ces salons sont beaucoup plus susceptibles de procéder à l’achat d’un véhicule dans les mois suivants, ce qui a été prouvé par diverses études de marché. »
Un autre élément clé des salons automobiles réside dans leur capacité à séduire une nouvelle génération. Les jeunes adultes, notamment ceux de la génération Z, y voient une façon efficace de découvrir et de comparer plusieurs options sous un même toit. Habituée au numérique, cette clientèle trouve dans les salons une expérience complémentaire, tangible et immersive.
Enfin, malgré certains défis récurrents, comme l’absence de quelques constructeurs, les salons continuent de jouer un rôle central dans l’écosystème automobile canadien. Ils servent à la fois de vitrines pour les innovations et les concessionnaires, de plateformes de marketing pour les constructeurs et de lieux de décision pour les consommateurs.
En somme, les défis des dernières années ont profondément ébranlé les salons de l’auto au Canada, mais également accéléré leur transformation. En misant sur l’expérience, l’innovation technologique et l’adaptation aux nouvelles attentes du public, les salons ont su démontrer qu’ils demeurent, aujourd’hui plus que jamais, des rendez-vous incontournables pour l’industrie automobile.






