REGARD SUR L’AVENIR : EMBAUCHE ET FORMATION DE TECHNICIENS EN MÉCANIQUE AUTOMOBILE
Selon le Comité sectoriel de la main-d’œuvre des services automobiles, la perspective d’emploi dans le domaine de la mécanique de véhicules serait acceptable. Paradoxalement, d’autres sources publiaient une liste des formations gagnantes, dont celle de la mécanique automobile (DEP), comme étant l’une des plus prometteuses. Ceci s’explique par le vieillissement du personnel en place et l’accroissement du parc automobile au Québec. En effet, malgré les nombreux défis environnementaux qu’amène l’augmentation du nombre de véhicules sur nos routes, le transport individuel est en pleine croissance, même dans les agglomérations urbaines. Selon ces mêmes sources, le mécanicien de demain ne manquera pas de travail.
Évidemment, nous généralisons ici pour l’ensemble du Québec. En revanche, certaines régions pourraient offrir une moins bonne perspective d’avenir pour ce métier. Par exemple, le secteur de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine se révèle moins favorable pour le secteur global de l’automobile. Avec un taux de chômage dépassant les 12 %, le travail se fait rare.
LE MÉCANO TYPIQUE
Le métier de mécanicien exige un certain type de personnalité ainsi qu’une prédisposition physique. Même si ce technicien doit compter sur son esprit analytique, le travail se révèle demandant pour le corps. Le climat d’un atelier peut être très chaud en été et très froid en hiver, ce qui demande une bonne capacité d’adaptation et une bonne constitution. La condition physique doit être suffisante pour effectuer de nombreuses tâches manuelles et lever de lourdes charges sporadiquement.
Le mécanicien du futur devra cultiver son esprit, d’abord et avant tout. Bien sûr, l’outil traditionnel demeurera à son service, comme la bonne vieille clé anglaise ou le marteau, mais son cerveau sera son atout le plus précieux. En effet, la complexité des engins d’aujourd’hui et de demain exige de la part du technicien en atelier de bonnes connaissances en informatique, en électronique et en électricité. Il doit être en mesure de manipuler des outils de diagnostic puissants. Même si les moteurs à combustion internes ne sont pas encore en voie de disparition, les systèmes de motorisation hybride occuperont une large part du marché des véhicules de promenade, de même que les moteurs fonctionnant exclusivement à l’électricité.
CE QUE L’AVENIR NOUS RÉSERVE
La prochaine génération de mécaniciens spécialisés aura du pain sur la planche. Depuis que l’électronique s’est immiscée dans le fonctionnement des voitures, cette industrie évolue à un rythme effarant. Si le parc automobile grossit dans les pays industrialisés mais aussi dans les pays en émergence, la technologie, elle, se complexifie. Les composants électroniques embarqués prennent du galon. Les boîtes de vitesses ont évolué de façon fulgurante depuis quelques années, et ce n’est qu’un début.
La protection de l’environnement est au cœur des préoccupations sociales et le sera encore pour les prochaines décennies. Cela signifie que des normes gouvernementales sévères joueront un rôle important dans l’évolution des défis technologiques. Ces changements toucheront la peinture, les fluides, la climatisation, les revêtements et nettoyants, le recyclage et l’utilisation de matériaux plus légers, notamment.
Un ajustement de la formation initiale en mécanique de véhicules légers s’impose. Ces défis environnementaux et technologiques exigent une adaptation rapide du milieu de l’enseignement qui ne dispose pas nécessairement des composants de pointe pour dispenser une formation adéquate. Une meilleure coopération entre les entreprises et les institutions d’enseignement est souhaitable, et la combinaison travail-études devrait être valorisée davantage.
NOUVELLE GÉNÉRATION, NOUVEAU DÉFI
La venue d’une nouvelle génération de mécaniciens représente un défi pour les employeurs, notamment les ateliers de mécanique et les concessionnaires d’automobiles. Les départs à la retraite forcent les entreprises à recruter pour combler les besoins en main-d’œuvre, mais dans certaines régions, l’offre se fait rare. Voici donc un premier défi qui se pointe à l’horizon : trouver du personnel. La demande est supérieure à l’offre, ce qui signifie que le nombre de diplômés ne suffit pas à répondre à la demande. Dans un tel contexte, le mécanicien en herbe se voit offrir un monde de possibilités et adopte des comportements qui ne servent guère les intérêts de l’employeur.
Cette nouvelle génération de mécaniciens est différente des générations précédentes. Pourquoi ? Il semble que ces jeunes personnes s’approprient un système de valeurs au goût du jour, notamment en ce qui concerne le travail. En effet, le jeune employé doit occuper un poste qui lui procure une satisfaction et une gratification immédiates ; le travail apporte des défis au quotidien qui n’imposent ni contraintes, ni structures hiérarchiques rigides. L’individu préfère que sa créativité soit mise à profit et accepte plus difficilement l’autorité.
Un net avantage qui jouera en la faveur des futurs jeunes mécaniciens : la connaissance de la technologie. Non seulement ont-ils grandi en baignant dans une mer de gadgets électroniques de toutes sortes, mais l’utilisation de nouveaux appareils à la fine pointe ne les intimide guère. Ces personnes auront donc beaucoup de facilité à apprendre la nouveauté, ne craindront pas le changement et seront motivées par cet apprentissage et cette découverte.
UN MONDE DE CHANGEMENTS
Ces caractéristiques qui définissent la prochaine génération de mécaniciens pourront rassurer les employeurs. La compétence de ces travailleurs de demain ne devrait pas générer de craintes. Ces jeunes seront férus de technologie, et l’utilisation d’appareils à la fine pointe deviendra une source de motivation pour eux. En revanche, le défi qui attend les entreprises consiste, d’une part, à recruter du personnel motivé ; d’autre part, à composer avec des individus qui adoptent des valeurs différentes. La technologie évolue à un rythme effréné, l’humain s’adapte à une vitesse plus lente.








