Le groupe AutoQuébec

Patrice Demers et Jean Gosselin

Énergisantes stratégies de marché au Québec

Sous l’impulsion des grands regroupements de concessions, au Canada comme en Amérique, s’installe au Québec la fraîcheur d’une nouvelle philosophie de rassemblement. Une entreprise de la grande région de Québec est entrée d’un pas réfléchi dans la dynamique des acquisitions en bousculant sainement l’évolution des pratiques établies. Portrait d’une vision déterminante et stimulante pour l’avenir de l’industrie. Une représentation en déploiement aux quatre coins du Québec.

Fondée en 2008 par Jean Gosselin, spécialiste en exploitation de concessions, et Patrice Demers, spécialiste en stratégie financière, le groupe AutoQuébec a créé un concept de regroupement inspirant, unique même. Coprésidents de l’organisation en croissance remarquée, le duo d’associés a réuni dans un esprit particulièrement singulier neuf concessions d’automobiles au Québec. Des entreprises qui conservent un caractère distinctement local, une position en rupture avec l’unicité habituellement privilégiée par les propriétaires de grands regroupements. «…Des enseignes qui font d’entrée de jeu abstraction du préfixe AutoQuébec dans la dénomination des raisons sociales abritées par le groupe, dans le but ultime de conserver à chaque enseigne son patrimoine. Un concept qui évoque l’individualité d’une adresse, une idée bien accueillie par les dirigeants des concessions en quête de renouveau, dans les grands centres comme en région…», explique Jean Gosselin, copropriétaire du groupe et directeur général de Lévis Chrysler.

RAFFINEMENT DE TENDANCE

La tendance du marché est actuellement à la consolidation dans le domaine des concessions d’automobiles. On observe ce mouvement partout en Amérique. On compte notamment plusieurs exemples au pays dans l’industrie. En outre, deux regroupements imposants ayant des ramifications pancanadiennes. Sans égard à leur taille, chacun de ces groupements possède une expertise particulière, des modèles d’affaires légèrement différents d’une organisation à l’autre mais qui partagent un objectif commun…: mieux servir le client. À une différence près, souligne Jean Gosselin.

«…Chez nous, chaque concession a un directeur général devenu, dans la plupart des situations, un associé. Une personne bien implantée dans son milieu et qui sait bien faire fonctionner la concession tout en conservant la saveur locale de l’établissement. Dans ce contexte, nous ne cherchons pas à ajouter la désignation du regroupement à une enseigne établie, pas plus qu’à modifier l’identité régionale des entreprises dont nous faisons l’acquisition. Nous convenons cependant de renommer une concession pour uniquement mieux définir son emplacement auprès des clients potentiels. Mazda Métro, sur la rue Papineau face à l’autoroute métropolitaine, à Montréal, est devenue, dans cet esprit, Mazda Papineau.…»

DES ENTITÉS DISTINCTES

En vertu de cette formule, chaque concession conserve sa personnalité, selon son marché, explique-t-il. «…Aussi, nos points de vente sont différents les uns des autres car ils sont adaptés à chaque région. Ils servent des clientèles et des besoins distincts, propres à leur localité. L’uniformité du groupe se perçoit uniquement dans la qualité de l’expérience offerte aux clients. C’est le seul vecteur d’ensemble.»

Or, les grands regroupements ont tendance à presque tout standardiser, déplore Jean Gosselin. «Dans ce cadre, les concessions doivent ordinairement fonctionner d’une même façon. Chaque site perd ainsi son identité au profit du groupe», constate-t-il. «C’est ce que nous voulons éviter à tout prix! Nous cherchons plutôt à rationaliser les pratiques et à apporter de nouvelles forces dans chaque établissement; là où le groupe peut le faire, sans jamais enlever de pouvoir au directeur général qui reste le maître d’oeuvre de sa concession.»

«Je suis né et j’ai grandi dans le milieu de l’automobile. J’observe depuis longtemps qu’il existe des potentiels de développement de talents dans toutes les concessions du Québec. Notamment des gens qui ont principalement été des employés et à qui notre formule fournit un tremplin. Notre processus d’affaires permet à ces individus de se découvrir et de devenir directeur général de la concession où ils évoluent depuis longtemps, pour devenir éventuellement un associé.»

À CE JOUR, NEUF ÉTABLISSEMENTS

AutoQuébec regroupe aujourd’hui sept concessions en plus d’un point de vente et service autorisé et d’un centre de véhicules d’occasion implanté au centre du Québec. «Notre force consiste à rendre les concessions que nous acquérons plus dynamiques dans leur marché. Dans ce contexte nous rénovons des immeubles, nous achetons davantage de lotissement pour agrandir des immeubles et, même, construire des locaux tout neufs sur un nouveau site près de l’ancienne adresse de la concession.»

Le groupe, qui célèbre ses dix années d’existence, se démarque également en favorisant une politique d’achat local partout où il s’implante. «Quand nous pouvons réaliser des affaires avec un fournisseur existant, dans le périmètre de la concession, dans un marché donné, nous lui donnons préséance.»

UNE PENSÉE VISIONNAIRE

Afin d’exprimer cette philosophie d’autonomie et de proximité, Jean Gosselin souligne que, en 1969, son père, qui avait une petite station service à Saint-Nicolas, a eu l’idée d’ajouter au commerce familial la vente de produits d’automobiles fabriqués au Québec. «Des Renault. Ces véhicules étaient en effet assemblés à Saint-Bruno-de-Montarville. Or, mon père, qui avait roulé dans un gros véhicule toute sa vie, disait qu’un jour la taille des véhicules diminuerait, que l’avenir serait aux petites voitures. Le visionnaire avait vu juste.»

«Quand j’ai racheté l’entreprise familiale avec mon frère, une entreprise que j’ai vendue depuis, c’était une concession Renault. Ce qui nous a donné le goût de rouler dans de petites voitures et de continuer de faire affaire avec des fournisseurs locaux quand c’était possible.» Jean Gosselin conserve jalousement de cette époque une inestimable collection de véhicules de la marque française, un parc emblématique des millésimes 1961à2002 au Québec.

UNE RELÈVE D’ENTREPRISE

Jean Gosselin est aujourd’hui fier de compter sur le cadet de ses fils dans l’entreprise. «Jean Raphaël est comptable professionnel agréé de formation. Il détient également une licence de MBA. Il est actuellement directeur financier du groupe. À ce titre, il relève directement de Patrice Demers, coprésident d’AutoQuébec et stratège de développement financier. Une expérience qui prépare Jean Raphaël à assurer l’avenir du développement d’entreprise à long terme.»

Le groupe, qui abrite les concessions Chrysler de Lévis, de Thetford, de Clermont et des Escoumins, Ford Appalaches, Kia Saint-Constant, Mazda Papineau et Lévis Mazda, en plus de AutoQuébec Occasion à Thetford Mines, une entité desservant tout le regroupement, dissimule d’autres projets d’acquisition, aux quatre coins du Québec, conclut Jean Gosselin.

À propos de Marc Beauchamp

Marc Beauchamp est concepteur, rédacteur et journaliste pigiste, il est aussi producteur de contenu multiplateforme pour médias de masse et de spécialité. On peut le joindre par courriel à marcbeauchamp1960@gmail.com

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