
Pour ceux et celles d’entre vous qui ne savent pas la nouvelle (la plupart d’entre vous), ce sera ma dernière chronique (diatribe) dans cette belle publication. Après une décennie à titre d’économiste en chef de la CADA, je serai ce mois-ci, comme disent les gens, à la recherche d’autres défis à relever.
Ç’a été toute une décennie pour moi et, plus important encore, pour l’industrie. Si vous me le permettez une dernière fois, une petite rétrospective s’impose.
J’ai commencé ce travail en novembre 2008, et ceux d’entre vous qui ont la mémoire longue se souviendront que c’était le mois du début du ralentissement économique dans le marché canadien de l’automobile.
Au cours des dix premiers mois de cette année fatidique, les ventes ont atteint un niveau record. Puis novembre a frappé. Richard Gauthier m’a alors embauché, et l’industrie a atteint le fond du baril. Dans ma province natale, Terre-Neuve, nous aurions dit que ça ne fonctionnait tout simplement pas en novembre 2008. Ai-je dit que j’aimais mes éditeurs ? Quoi qu’il en soit, j’ai commencé à travailler au moment où l’industrie était à son plus bas. Tirez de ces deux événements du même mois les conclusions que vous voudrez.
Au cours de ma première semaine de travail, je me suis retrouvé à l’avant-scène sur la colline parlementaire à Ottawa avec MM. Gauthier et Huw Williams, directeur de longue date des Affaires publiques de la CADA, et le lien vital de la Corporation avec tout ce qui touche la politique et le gouvernement. Richard Gauthier faisait l’essentiel des discussions, alors que je faisais de mon mieux pour rester droit sous les feux des médias nationaux, en me demandant (en silence) quelle série de décisions dans la vie m’avait conduit à une telle situation ce jour-là.
Cet événement et la campagne de sensibilisation qui a suivi ont abouti à la création de la Facilité canadienne de crédit garanti de 12 milliards de dollars destinée à soutenir les marchés du crédit automobile qui s’étaient presque complètement effondrés lorsque Lehman Brothers dans l’île de Manhattan a fait faillite. Pour moi, c’est un début de mandat intense mais exaltant qui m’a donné l’équivalent d’un cours de doctorat dans une industrie extraordinaire au Canada au cours des dix dernières années.
L’année suivante a été la pire depuis longtemps pour nos membres et de nombreux autres secteurs de notre économie. Sous l’effet de la récession, nous avons perdu près de 20 % de nos ventes en 2009, un choc énorme pour tous les secteurs. La seule consolation, en l’occurrence, c’est que la situation n’était pas aussi mauvaise que l’Armageddon au sud de la frontière, où les concessionnaires ont perdu près de la moitié de leurs ventes du jour au lendemain.
Depuis cette période difficile et la consolidation de concessions douloureuse pour beaucoup qui en a résulté, les choses ont, bien sûr, été beaucoup plus positives pour le secteur.
2017 a été notre cinquième année consécutive de ventes record et la toute première fois que nous atteignions les deux millions. Cette année, le rythme des ventes est comparable (peut-être un autre record). Même dans le contexte d’une très légère baisse des ventes, les revenus des concessionnaires ont fortement augmenté cette année alors que les consommateurs semblent de plus en plus délaisser les voitures plus petites pour les plus grandes.
Au niveau de la Corporation, John White occupe le poste de président et chef de la Direction depuis deux ans et demi et dirige l’organisation vers une croissance et des services aux membres supérieurs.
Je me sens donc soulagé de laisser le secteur dans l’état où il se trouve, surtout après ce début difficile il y a de nombreuses années. De plus, si je ne peux pas prendre le crédit pour les ventes en plein essor que nous avons connues ces dernières années, je ne peux le faire pour 2008 non plus. Vrai ?
Pour un auteur, le plus beau cadeau que les lecteurs peuvent lui faire, c’est simplement de le lire.
Si vous avez décidé de consacrer dix minutes de votre journée à lire ce texte, c’est une victoire pour moi.
J’évolue dans un marché extrêmement concurrentiel en termes de clics, de temps et de vues.
Si vous êtes arrivé là, il est probable que vous vous rendiez à la fin, avec la probabilité décente que vous l’ayez fait une ou deux fois auparavant au cours de la dernière décennie.
Pour m’avoir accordé ces dix précieuses minutes par mois, je vous serai toujours reconnaissant, que vous ayez été d’accord ou pas. Merci et au revoir.
(Note de l’éditeur : Les idées de Michael, son style d’écriture habile et ses présentations divertissantes nous manqueront lors de divers événements destinés aux concessionnaires. L’équipe d’Affaires automobiles le remercie pour ses chroniques et lui souhaite le meilleur pour son nouveau travail.)







