Prospérer à l’heure de la COVID

Les défis sont nombreux en cette période historique. Ils imposent de savoir grandir et de se redéfinir. Dessein de pérennité avec Charles Drouin, chef de la Direction de la Corporation Mobilis, et directeur général du Salon international de l’auto de Québec.
Le Salon de l’auto de Québec a été le dernier événement majeur à s’être tenu cette année dans le secteur de l’automobile au pays. Ce salon qui, à l’instar de ses huit dernières prestations annuelles, connaît une progression soutenue de son achalandage, doit cependant, en raison de la crise sanitaire qui sévit, annuler ou reporter ses activités. Sa poussée dans la conjecture est freinée.
L’événement a vécu dans cette quasi-décennie une moyenne d’augmentation de 14 % de fréquentation. Cette performance, remarquable selon les pairs de l’industrie, en fait le salon de l’auto numéro un au Canada au prorata de la population. La COVID-19, ce trouble-fête déroutant, risque de fragiliser l’impulsion du SIAQ si rien n’est fait pour repenser sa perspective de tenue.
Il est démontré que, en mode présentiel, plus d’un résident sur dix de la région de la Capitale-Nationale fréquentent le salon année après année. « Un succès s’expliquant en partie par le virage familial mené par l’organisation dès 2012 et, de ce fait, par une présence accrue de femmes dans cette catégorie d’événements », résume Charles Drouin, heureux de cette décision d’équipe.
Outil important
L’opération génère d’importantes répercussions. « La présentation du Salon international de l’auto de Québec produit bon an mal an environ 4,7 millions de dollars de retombées à Québec, dont près de 1,2 M$ est issue du tourisme. Or, le Salon de l’auto n’aura pas lieu en 2021. Du moins pas dans un cadre réel en raison des mesures sanitaires adoptées, évoquent les organisateurs.
L’annulation de ce rendez-vous printanier qui fait rayonner l’ensemble des marques des fabricants aura un impact certain sur l’économie régionale. Mais il sera encore plus affligeant pour les concessions d’automobiles, estime l’industrie. Particulièrement parce que 30 % des visiteurs qui foulent les allées de ce salon en mars se disent prêts à transiger, confirme une étude.
Cette vitrine qui fait figure de fait d’armes au Canada pour sa dynamique reconnue est qualifiée de surface de magasinage et de comparaison de produits éclairant le processus d’achat, stipule un recueil d’opinion. Les visiteurs y apprécient l’idée de voir et de toucher les véhicules et d’échanger en personne avec les représentants des fabricants en situation réelle, observe Charles Drouin.
Des données du salon 2020 révèlent également que l’ambiance amène près de 45 % des visiteurs à avoir l’intention d’acheter un véhicule durant la tenue de l’activité. Les répondants affirment aussi, dans une proportion de 75 %, que l’événement influence fortement leur décision d’achat. « Il stimule la volonté de transiger du visiteur. C’est un outil important pour les concessionnaires. »
Sa tenue est également essentielle à la bonne marche des activités annuelles de la Corporation. Le rendez-vous, en plus d’être un lieu de contact inspirant, permet de générer d’importantes recettes budgétaires pour l’organisation. « Ces sommes pourvoient au déroulement et à la création des programmes aux membres. Elles servent à maintenir la santé financière de l’ensemble des opérations. »
Plus encore, le SIAQ contribue à l’image sociétale de l’industrie, en favorisant entre autres le déploiement de la Soirée bénéfice de la Fondation Mobilis. Une mission caritative venant en aide aux personnes à mobilité réduite. Ce gala a permis d’amasser en 2020 plus de 165 000 dollars en dons. Le tournoi de golf annuel de la Fondation, annulé l’été dernier, s’inscrivait dans ce même dessein.
Pistes d’avenir
« Dans cet esprit de confinement, le déroulement du Salon du camion lourd de Québec n’a pas eu lieu cette année. Nous avons convenu de le reporter au mois d’octobre 2021. Il en va de même du Salon du véhicule électrique de Québec dont nous sommes copromoteurs. Nous espérons son retour aux journées habituelles en mai prochain », enchaîne le porte-parole de la Corporation Mobilis.
Continuer à grandir dans ce contexte pose un véritable défi, explique Charles Drouin. « Nous devons donc penser autrement pour éponger le déficit de retombées. Concrètement, nous étudions de nouveaux scénarios de récolte de financement dans la région de Québec. »
Se réinventer
On le voit, cette ère covidienne amène les entreprises à revoir des pratiques commerciales établies dans tous les domaines. « À cet égard, la pandémie a du bon. Elle force positivement l’introspection et l’innovation essentielles à tout essor d’organisation. Elle transforme notamment l’industrie du salon en l’entourant de nouvelles technologies propices à son évolution. »
« Objectivement, plusieurs idées sont déjà sur la table. Des échanges de vues se poursuivent au sein du conseil d’administration de la Corporation pour mener à bien et de manière consensuelle l’avènement d’un concept novateur et attrayant de présentation de salons d’avant-garde », assure Mobilis.
Ces bouleversements permettent de mettre en lumière la vitalité d’industrie et les efforts consentis pour alimenter son énergie. « Dans cette vision, faire connaître la diversité des métiers et des professions à exercer en concession dans un salon doit intégrer l’œuvre de composition », conclut Charles Drouin, pour qui l’avenir sous l’impact de la COVID-19 inspire un foisonnement de défis stimulants.








