Le 11 juin dernier, le gouvernement du Québec a annoncé un assouplissement majeur de sa norme sur les véhicules zéro émission (VZE). La Corporation des concessionnaires automobiles du Québec (CCAQ), l’Association canadienne des constructeurs de véhicules (ACCV) et les Constructeurs mondiaux d’automobiles du Canada (CMAC) reconnaissent l’effort, mais soulignent que l’engagement de suspendre temporairement la norme n’a pas été respecté.
La cible initiale de 100 % de ventes de véhicules neufs électriques en 2035 a été ramenée à 80 %. Les véhicules à essence ne seront donc pas complètement bannis et leur commercialisation demeurera légale après cette date. Néanmoins, selon la CCAQ, l’ACCV et le CMAC, cette annonce constitue davantage un assouplissement du régime qu’une véritable suspension permettant une révision complète du programme.
« Nous reconnaissons que le gouvernement pose aujourd’hui un geste qui apporte un certain répit aux concessionnaires et aux manufacturiers, et nous le saluons. Cela dit, il faut être clair : l’engagement public qui avait été pris était celui de suspendre l’application de la norme VZE, non simplement de la moduler. Pour les concessionnaires du Québec, qui vivent déjà les effets très concrets de cette réglementation sur les allocations, les coûts et la prévisibilité de leurs opérations, il demeure essentiel que le gouvernement aille plus loin et respecte pleinement sa parole », a mentionné Ian P. Sam Yue Chi, président-directeur général de la CCAQ, dans un communiqué.
Les associations affirment soutenir l’électrification des transports, mais demandent un cadre plus réaliste, adapté aux conditions actuelles du marché, à l’évolution de la demande, au contexte fédéral et à la capacité de payer des consommateurs. Elles soutiennent que les quotas, crédits et pénalités imposés par la norme continuent d’exercer une forte pression sur les constructeurs et les concessionnaires. Elles jugent les nouvelles cibles encore trop ambitieuses et craignent des conséquences négatives pour les consommateurs, les concessionnaires et les manufacturiers.
Les trois organisations réitèrent leur volonté de collaborer avec le gouvernement afin de mettre en place une réglementation plus réaliste qui favorise la transition énergétique sans fragiliser l’industrie automobile québécoise ni les emplois qu’elle soutient.
« Nous saluons le fait que le gouvernement reconnaisse enfin la nécessité d’ajuster le tir. Malheureusement, les cibles exprimées sont encore trop ambitieuses en fonction du contexte économique, des défis commerciaux avec nos partenaires américains et de la capacité de payer des conductrices et conducteurs québécois. À poursuivre des cibles qui ne sont pas arrimées à la réalité du marché, on pénalise les consommateurs, les concessionnaires et les manufacturiers. Conformément à l’engagement de la première ministre, nous nous attendions à une suspension qui aurait permis une révision complète du programme vers des objectifs crédibles, un mécanisme de conformité applicable et un véritable alignement avec le contexte nord-américain. Cela demeure insuffisant », a souligné Patrice Maltais, des Constructeurs mondiaux d’automobiles du Canada.





