Depuis son retour à la présidence des États-Unis, Donald Trump multiplie les controverses. Parmi les dossiers qui préoccupent le plus l’industrie automobile figurent les tarifs douaniers imposés sur certains produits, qui alimentent les craintes d’une hausse du prix des véhicules. Mais qu’en est-il réellement ? Les données démontrent une réalité bien différente.
L’industrie automobile demeure au cœur des tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis. Les tarifs douaniers déjà en vigueur, la possibilité de nouvelles mesures tarifaires, les quotas sur certaines importations américaines ainsi que les politiques favorisant la production locale alimentent les discussions. À cela s’ajoute la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), qui pourrait se poursuivre jusqu’en 2027. Afin de mieux comprendre les répercussions pour les consommateurs canadiens, Affaires automobiles s’est entretenu avec Luc Morin, vice-président des ventes – Québec chez AutoHebdo.
Un marché plus résilient que prévu
Malgré l’incertitude économique, les séquelles de la pandémie, l’inflation et les tensions commerciales, le marché automobile canadien demeure étonnamment stable. Au premier semestre de 2026, le ralentissement a été beaucoup moins important qu’anticipé.
Selon les données d’AutoHebdo, les transactions continuent de bien se porter et les prix affichent même un léger recul.
Au Québec, le prix moyen des véhicules neufs a diminué de 4,7 %, comparativement à 2,2 % à l’échelle canadienne. Les véhicules d’occasion enregistrent également une baisse de 2 %, pour un prix moyen de 36 690 $. Malgré cette légère diminution, le prix moyen d’un véhicule neuf demeure supérieur à 63 000 $, un sommet historique.
« Il y a eu beaucoup de pression sur les prix ces dernières années. Aujourd’hui, les consommateurs ont davantage de choix et les inventaires des concessionnaires sont bien garnis. Lorsqu’il y a plus de choix, le marché tend naturellement vers un meilleur équilibre et les prix se stabilisent. La demande est toujours présente et c’est un bon moment pour les consommateurs », explique Luc Morin.
Toujours selon AutoHebdo, aucune hausse importante des prix n’est anticipée au cours des prochains mois. « Il n’y a pas de hausse prévue ni de perturbation majeure à l’horizon. La deuxième moitié de l’année devrait être favorable », ajoute-t-il.
L’incertitude ne freine pas les achats
Les Canadiens suivent de près les négociations entourant l’ACEUM.
À l’échelle du pays, 63 % des consommateurs affirment être informés des discussions et 69 % estiment qu’elles entraîneront une hausse du prix des véhicules. Au Québec, 53 % des répondants suivent le dossier, tandis que 38 % anticipent des conséquences négatives.
Malgré ces inquiétudes, les comportements d’achat demeurent stables.
« Ce qui est intéressant, c’est que cette inquiétude ne se traduit pas par un ralentissement des transactions. Les consommateurs demeurent préoccupés, mais ils continuent d’acheter », souligne Luc Morin.
L’abordabilité demeure le principal critère
Le prix demeure le facteur le plus déterminant pour les consommateurs. Grâce à des inventaires plus élevés, les acheteurs disposent de davantage de temps pour comparer les modèles, les prix et les options de financement. Les décisions sont donc moins précipitées qu’au cours des dernières années, lorsque la rareté des véhicules limitait considérablement le choix.
Les véhicules électriques regagnent du terrain
Le marché des véhicules électriques (VÉ) connaît également un regain d’intérêt.
Au Québec, l’intérêt des consommateurs atteint désormais 44 %, une première depuis plusieurs années. Cette progression s’explique notamment par le retour des incitatifs du Programme pour l’abordabilité des véhicules électriques (PAVE), le développement du réseau de recharge ainsi que la hausse du prix de l’essence.
Les ventes de véhicules électriques neufs ont progressé de 15,8 %, tandis que les modèles d’occasion abordables suscitent un intérêt croissant.
Un marché qui retrouve son équilibre
L’abordabilité demeure toutefois un défi. Les consommateurs bénéficiant d’un bon dossier de crédit poursuivent leurs achats, alors que les ménages plus vulnérables restent freinés par le coût de la vie et les taux d’intérêt.
Dans l’ensemble, les données démontrent que le marché automobile canadien évolue progressivement vers un meilleur équilibre plutôt que vers une correction importante. Malgré les incertitudes liées aux tarifs douaniers et aux négociations de l’ACEUM, les prix se stabilisent, les inventaires augmentent et les consommateurs disposent d’un meilleur pouvoir de négociation.
Pour consulter l’Indice de prix T2 2026 d’AutoHebdo : https://assets.ctfassets.net/uaddx06iwzdz/4CIVNjoVHQPZWxNBmUpAWh/ddc6f99e519f3c350962f8d17c93ba87/Price-Index-Q2-2026-FR-_Final.pdf






