Entrevue avec Jacques Béchard PDG de la CCAQ

La CCAQ dénonce la campagne de dénigrement du Regroupement des cabinets de courtage d’assurance du Québec (RCCAQ) à l’endroit des concessionnaires d’automobiles

jacques-bechardLes médias ont récemmentfait état d’un conflit potentiel entre le RCCAQ et la CCAQ au sujet de la vente du produit d’assurance de remplacement. Nous avons interrogé le PDG de la CCAQ, Me Jacques Béchard, à ce sujet.

Me Béchard, nous avons appris que vous avez dénoncé les agissements du RCCAQ auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Nous aimerions connaître les motifs qui vous ont incité à demander l’intervention de l’AMF sur cette question ?

Effectivement, nous déplorons grandement, depuis un certain temps, les agissements du RCCAQ qui dénigre les concessionnaires d’automobiles. Le RCCAQ veut laisser croire que les concessionnaires se livrent à des pratiques déloyales dans la vente de produits, alors que les pratiques de nos membres sont irréprochables, et que nos assureurs partenaires ont une très grande réputation, en l’occurrence, l’Industrielle Alliance, La Capitale et SSQ Auto.

Écoutez, nous avons même fait part au président de l’AMF, M. Louis Morisset, du fait que le RCCAQ, sur son site Internet, invite ses membres courtiers à dénoncer et à trouver toute pratique qui ne serait pas conforme chez les concessionnaires.

Me Béchard s’insurge contre cette véritable « chasse aux sorcières » et mentionne : « Il n’y a pas de plaintes, mais il faut en inventer. » Voilà l’approche du RCCAQ que nous dénonçons vigoureusement, ajoute Me Béchard.

Me Béchard a insisté dans sa requête à l’AMF sur le fait qu’il soit grand temps de mettre fin à ces fausses accusations du RCCAQ qui briment la crédibilité de nos concessionnaires membres.

Il a argumenté que nos membres vendent annuellement plus de 400 000 véhicules neufs et 200 000 véhicules d’occasion, de sorte qu’ils distribuent un très grand volume de produits d’assurance crédit et d’assurance de remplacement. La CCAQ est très fière d’avancer que, avec un tel volume de ventes, il n’y a pratiquement pas de plaintes de consommateurs, puisque nos partenaires assureurs et nos membres ont à cœur la satisfaction de leur clientèle. Bon an mal an, des centaines de milliers de dollars sont versés en réclamation par nos partenaires assureurs, réitère Me Béchard.

Quel est selon vous le véritable enjeu pour les courtiers dans cette campagne de dénigrement, comme vous le dites ?

Écoutez, depuis plus de 25 ans, nos membres vendent des produits accessoires à la vente d’automobile, dont les produits d’assurance crédit et d’assurance de remplacement qui sont maintenant encadrés par la Loi sur la distribution de produits et services financiers (Loi 188). D’abord, le produit d’assurance crédit a été encadré en 1999 lors de l’adoption de la Loi 188, et en 2010, le Législateur a cru bon d’encadrer le produit d’assurance de remplacement, toujours au chapitre de la distribution sans représentant. En tout temps, nous avons collaboré avec l’AMF, et nous sommes très heureux que ces produits soient encadrés pour la protection des consommateurs.

D’ailleurs, depuis 2010, les courtiers, au même titre que les concessionnaires, ont la possibilité d’offrir le même produit d’assurance de remplacement. Or, il y a 25 ans, ce sont les concessionnaires et les assureurs qui ont pris les risques d’offrir ces produits de qualité pour les consommateurs. À cette époque, les courtiers ne se sont pas occupés de ce marché, ils ne voulaient rien savoir.

Maintenant que les concessionnaires ont développé cet important marché, les courtiers veulent se l’accaparer en attaquant faussement la crédibilité de nos membres, des citoyens corporatifs qui investissent des millions de dollars en terrains, en immeubles et en équipements de toutes sortes. Ils représentent d’ailleurs une force économique et sociale importante au sein de la collectivité. C’est pourquoi nous dénonçons ce manque d’éthique et que nous avons sollicité une rencontre avec la haute direction de L’AMF pour faire cesser ces agissements déplorables.

Nous suivrons ce dossier de très près, et pour aucune considération, nous ne tolérerons que le RCCAQ brime à tort la crédibilité de nos membres, conclut Me Béchard.

À propos de Linda Nadon

Linda Nadon est l'Éditrice d'Affaires automobiles. Elle peut être joint par courriel à lnadon@universusmedia.com.

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