FORTIER AUTO, UNE ONDE DE CHOC DANS L’INDUSTRIE
C’est avec des idées neuves et des projets bien ficelés qu’on bâtit et fait grandir toute industrie. Une pratique souvent liée à un paradoxe d’expérience et de jeunesse, à une symbiose de maturité et de fougue si vous préférez, de volonté et de capacité à améliorer les choses, en somme.
Générateur d’un imposant changement de paradigme dans l’industrie de la vente au détail d’automobiles, Fortier Auto, une institution vieille de cent ans, témoigne de cette dynamique d’accomplissement. Objet d’une certaine controverse à l’origine, l’une de ces initiatives perçue comme un pavé lancée dans la marre, un geste qui a éclaboussé, a fait vivre un virage institutionnel au marché. L’implantation de nouvelles heures d’ouverture les week-ends, désormais monnaie courante dans les grands centres urbains, a révolutionné le commerce de la vente au détail de voitures neuves et d’occasion. Selon plusieurs pairs de l’industrie, cependant, l’onde de choc s’est rapidement dissipée, le concept étant salué. « Un geste qui a contribué à l’éveil de l’industrie et à son dépassement. » Or d’autres initiatives ont aussi révolutionné l’industrie avec moins de heurts, certes, mais tout autant de fascination. Ces visions d’affaires émanant de l’expérience Fortier Auto sont dorénavant étendues à l’ensemble de l’industrie.
Vision d’entreprise
Fondé en 1914 par Narcisse Fortier, le commerce, au départ une station de mécanique pour automobiles et motos, avec poste d’essence, a vite été associé à l’histoire de l’automobile dans le marché montréalais. « Narcisse était déjà bien impliqué socialement dans la communauté dès le début du siècle dernier. Il s’est fait connaître et reconnaître grâce à sa sollicitude envers les gens et pour l’avant-gardisme de son action d’entreprise », observe Michel Salotti, copropriétaire avec Denis Vallières, de Fortier Auto, respectivement directeur des Ventes et contrôleur depuis plus de dix ans au moment où ils ont acquis l’entreprise de la 3e génération des Fortier, en 1994. « L’atelier, qui allait rapidement devenir une institution dans l’industrie, les habitants l’ayant déjà baptisé la Mecque de l’automobile dans l’Est de la ville au début du siècle dernier, a commencé à vendre ses premières automobiles neuves vers 1935. Au début, les véhicules de l’emblème ovale étaient tout simplement placés en consigne sur le lotissement de l’entreprise, une première pour un garage de l’Est de l’île. » Fort de l’idée, le succès de la vente d’automobiles neuves ne tarde pas à se manifester, si bien que, en 1937, Ford demande à la famille Fortier de devenir officiellement son concessionnaire en titre. Sont alors constitués les premiers départements de mécanique complète et de pièces d’origine, confortant l’entreprise dans sa désignation de précurseur de marché. Une tradition désormais bien ancrée.
Le début des années 1970 favorisera l’exécution d’un nouveau plan d’affaires pour le concessionnaire, un tremplin. Sous le coup d’une prévisible expropriation dans la foulée d’un projet d’autoroute menaçant l’imposant immeuble de deux étages de la rue Notre-Dame abritant les installations de Fortier Auto depuis 1919, l’entreprise planifie son déménagement. C’est dans un édifice tout neuf construit sur un terrain de 256 000 pieds carrés dans une zone métropolitaine en plein essor, donnant sur la desserte ouest de l’autoroute 25 à Anjou, que les activités se poursuivront. Une adresse empreinte d’une imposante visibilité où loge depuis trois ans un nouvel immeuble de 88 000 pieds carrés de surface, hébergeant trois vastes étages de salles d’exposition, y compris une aire ouverte pour automobiles sur le toit.
Un pionnier
Rare concession d’automobiles en milieu urbain à jouir de plus de 700 pieds de façade sur l’autoroute encore aujourd’hui, l’entreprise, qui a mis au monde le concept de visibilité, ne cesse de façonner le marché. La construction, sur le même site, d’un édifice distinct de ventes au détail de véhicules d’occasion, l’un des premiers immeubles de trois étages (18 000 pieds carrés) d’expression soignée, doté d’une salle d’exposition intégrée, lance du même souffle la vogue des concessionnaires offrant sur leur lotissement des voitures assorties d’un bas kilométrage dans un ravissant décorum. Un baume qualifié de bombe dans le marché de l’occasion.
En 1997, Fortier planche également sur la création et le développement d’un audacieux concept qui, une fois de plus, transformera l’industrie. La notion de deuxième chance au crédit pour acheteurs de voitures est alors lancée. L’idée qui mise sur la redéfinition des besoins en matière de véhicule sera en quelques années adoptée par tous les acteurs de l’industrie, à l’instar du centre d’appels également créé.
« Or, la croissance remarquée et soutenue de marchands indépendants de véhicules d’occasion offrant à leur clientèle la possibilité de magasiner une voiture les week-ends nous a poussés à agir pour éviter d’affaiblir ce que nous avions mis tant d’effort à construire. » Fortier Auto propose d’étendre les heures d’ouverture de son centre de voitures d’occasion à la période du samedi et du dimanche. L’entreprise ajoutait dans la foulée la perspective pour le client de faire l’acquisition d’un véhicule neuf le week-end dans l’édifice voisin, ce qui représentait une autre phase d’appréciation de l’offre. « Nous devions, dans les circonstances procéder sciemment pour éviter l’éventuelle érosion de nos parts de marché dans l’occasion », précise Michel Salotti. « L’option adaptée à de grands marchés, comme les régions métropolitaines de Montréal et de Québec où la concurrence est plus active, convenait à nos ambitions. La formule a fait manifestement boule de neige, des concessionnaires préférant maintenir ouvert leur département des ventes de véhicules neufs et d’occasion les week-ends à longueur d’année dans plusieurs grandes agglomérations depuis. »
Repousser les limites
Une option qui porte ses fruits. Logeant dans les hauts du sommet des ventes de véhicules dans la catégorie détail au pays, ayant écoulé l’an dernier plus de 1 500 véhicules neufs et un nombre équivalent de modèles d’occasion, totalisant 3 000 livraisons sur un même site, l’esprit d’innovation et de dépassement qui anime l’entreprise prépare d’ici environ cinq années un objectif de 5 000 ventes par an.
Lauréat à 25 occasions du prestigieux Prix du président, soit la plus haute distinction accordée à un concessionnaire de la marque au pays, l’organisation est aujourd’hui associée à une dynastie de performeurs… un honneur au cœur de l’équipe comparable à celui accordé au club de hockey Les Canadiens 24 fois vainqueur de la coupe Stanley, un beau clin d’œil à la fierté du travail bien accompli.













