Assise dans une salle d’attente qui était tout, sauf excitante, je me suis dit : « Si, au moins, j’étais dans une concession, je pourrais admirer les nouveaux modèles, mais bon… je suis dans un endroit plutôt ennuyeux. » Je dois attendre depuis une quinzaine de minutes qui me semblent interminables, je perds du temps et je peste !
Vous avez lu le livre de Dany Laferrière ? L’art presque perdu de ne rien faire ? Je dois vraiment mettre de ses réflexions en pratique. L’une des plus belles façons de se soustraire au temps dur, ces heures qui, dans les sociétés contemporaines,remplissent nos agendas, c’est « l’accident ». L’imprévu qui nous extrait du temps présent pour nous faire glisser dans celui où tout peut survenir. Du temps malléable, extensible, du temps mou, comme dirait Dany Laferrière. Mais, en dehors de « l’accident », accéder au temps mou relève de l’effort, nécessite une certaine volonté d’aller à contre-courant. Il faut de la discipline, la volonté de placer à l’horaire des plages de temps mou ! Ces 15 minutes d’attente m’obligent à sombrer dans un temps d’arrêt obligatoire, aucune échappatoire possible. Je m’offre donc quelques minutes de contemplation et de liberté.
Pourquoi croyez-vous que je vous parle de ceci ? Parce que nous sommes harassés par de longues heures de travail, la circulation, la gestion de plusieurs tâches à faire à répétition à toutes les semaines. Nous avons besoin d’un temps d’arrêt, de repos où on laisse vagabonder son esprit là où l’on y trouve du plaisir.
Plusieurs concessionnaires et fournisseurs organisent des journées employés où le plaisir est à l’honneur. Des journées d’activités estivales ou hivernales, des groupes d’entraînement, des sorties à vélo, des journées familiales, etc. Nous exigeons de la performance de nos employés, nous désirons qu’ils soient enthousiastes, souriants et pétillants avec les clients. Un minimum de temps pour l’esprit est nécessaire afin d’obtenir leur pleine productivité. Ces journées spéciales et ces sorties sont appréciées et vont dans le même sens que le temps mou de Dany Laferrière. Car c’est là, en dehors de l’obligation du temps productif, que l’existence prend tout son sens. Des employés heureux performent plus, sont moins malades et viennent travailler avec le sourire.
Maintenant, quand l’attente est interminable, quand la circulation est infernale, et quand un imprévu survient, je saute sur l’occasion de ce temps qui m’est offert, « l’accident » dans mon horaire, et je profite de l’instant présent, rien de plus.





