Les départs au sein d’une entreprise occasionnent des coûts très importants, non seulement en termes monétaires mais aussi en matière de réputation. Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre compétente et qualifiée, le calcul du taux de roulement et de ses effets se veut donc un élément essentiel à placer au sommet de sa liste de priorités.
Lors de l’évaluation des dépenses associées au roulement de personnel de notre organisation, nous avons le réflexe commun de seulement tenir compte des coûts directs, plus évidents. Nous inscrirons tout de go les coûts associés à la fin d’emploi, au temps supplémentaire octroyé pendant que le poste est vacant, au processus de recrutement et à la formation.
Par contre, de nombreux autres éléments moins apparents devraient également entrer en ligne de compte dans ce calcul. Prenons, par exemple, la perte de productivité tant des employés actuels, débordés par la surcharge de travail, que du nouveau venu, non familier avec les procédures en place et davantage susceptible de faire des erreurs lors de la période d’apprentissage. Des constats qui mèneront, sans l’ombre d’un doute, à des délais et des mécontentements.
Les volets « crédibilité », « mémoire corporative » et « développement des affaires » en prennent aussi pour leur rhume. Dans un contexte comme l’industrie de l’automobile où la relation de confiance avec le client se forge à petits pas, le départ d’un vieux routier aux ventes ou d’un conseiller technique d’expérience représente des coûts difficiles à établir avec précision, mais, certes, très élevés. Et que dire de l’intérêt et de la motivation des employés en place et des candidats potentiels ?
TÂCHE IMPORTANTE
Tel que déjà mentionné, la prise de conscience du taux de roulement de votre entreprise se veut essentielle, car elle donne la possibilité d’intervenir pour conserver vos employés clés. Avec ces chiffres en mains, vous pourrez dès lors élaborer une bonne stratégie de rétention.
Un entretien périodique avec vos collaborateurs vous permettra d’évaluer le climat de travail et les irritants. Vous pourrez, du coup, en apprendre davantage sur les intérêts et le plan de carrière de vos employés et ainsi établir les besoins en formation. À l’autre bout du spectre, une entrevue de départ structuré avec un travailleur à sa fin d’embauche vous permettra de dégager des causes possibles du roulement de personnel.
Sachant qu’un départ peut coûter jusqu’à quatre fois le salaire de l’employé qui quitte le navire, et que le taux de roulement moyen au Québec se situait à 35 % en 2010, il est crucial de rester vigilant en réévaluant périodiquement vos outils de mesure. Vous pourrez ainsi comparer vos résultats et vos objectifs afin d’apporter les ajustements nécessaires. Vous pourrez, du coup, mieux positionner votre entreprise face à une concurrence de plus en plus féroce.




