Habituellement, une reprise et une croissance économique durent entre 12 mois et 10 ans. Comme il y a maintenant une décennie que le dernier ralentissement économique s’est produit, les Canadiens sont préoccupés par l’imminence d’une nouvelle récession, et ce, depuis l’an dernier.
En fait, de nombreux indicateurs économiques indiquent la fin de la croissance. Les dépenses de consommation et le marché immobilier sont en baisse, malgré la forte croissance de l’emploi et des revenus du travail. Les investissements d’entreprises de même que les exportations restent en deçà des attentes, et les ventes de voitures ont diminué en 2018, et ce, pour la première fois depuis la récession de 2009.
De plus, la courbe de rendement au Canada et aux États-Unis — un moyen de mesurer le pouls des investisseurs obligataires sur le risque à court et à long termes — indique aux investisseurs qu’ils devraient commencer à se préoccuper de ce qui se passera dans un avenir rapproché.
Allons-nous vers une récession en 2019 ? Les institutions financières et la Banque du Canada ont réduit leurs prévisions de croissance pour 2019 en invoquant la faiblesse des prix du pétrole, les taux d’intérêt plus élevés, le protectionnisme américain et les représailles internationales — en particulier avec la Chine, et une sortie potentiellement désordonnée du Royaume-Uni de l’Union européenne.
L’économie du Canada a stagné au dernier trimestre de 2018, enregistrant une croissance annuelle de seulement 0,4 %; le ralentissement a été plus marqué et plus général que prévu. Un nombre croissant d’économistes prédisent une légère récession au second semestre de 2019. Qu’ils aient tort ou raison, cela n’a pas beaucoup d’importance.
Ce qui importe, c’est de ne pas réagir avec excès pour éviter que les discours et les prédictions ne deviennent une prophétie. Autrement dit, si l’on se préoccupe trop d’une récession, on pourrait en créer une.
Même si la prévision d’une récession économique peut sembler bénigne, dans le s faits, elle est sérieuse. Si tout le monde craint un ralentissement économique, il prendra les précautions nécessaires pour se préparer.
Les consommateurs soucieux de conserver leur travail dépenseront tout simplement moins et économiseront davantage. Les entreprises investiront avec parcimonie, les banques prêteront avec plus de prudence, et les investisseurs se retireront. Par conséquent, l’activité économique ralentira. En d’autres termes, lorsque les consommateurs et les entreprises réduisent leurs dépenses, les conditions du déclenchement d’une récession sont alors réunies.
Cela ne veut pas dire que les risques ne sont pas réels. Certes, notre économie est confrontée à des défis. Chaque récession commence par un assouplissement des données, comme toutes les faiblesses de l’économie.
Il est important de ne pas prendre d’actions qui pourraient exacerber ces risques. La politique monétaire s’est resserrée au cours des deux dernières années, la hausse des taux d’intérêt pèse sur les dépenses des ménages, la baisse des prix des produits de base et les tensions commerciales mondiales créent des obstacles à la croissance. Ces facteurs ne devraient pas nous faire sombrer dans une récession, mais plutôt ralentir l’activité économique qui a été soutenue au cours des dernières années.
De plus, même en tenant compte de l’effet de ces défis, d’autres indicateurs donnent une image beaucoup plus saine. Le chômage est à son plus bas niveau historique. L’économie a enregistré une solide croissance de l’emploi au cours des deux premiers mois de 2019, et l’inflation reste sous contrôle.
La Banque du Canada prêche la patience en faisant pression en faveur de la hausse des taux d’intérêt et en évaluant plus avant l’incidence de la hausse des taux d’intérêt sur l’économie.
Cela étant dit, aucun d’entre nous n’a une boule de cristal pour déterminer si l’économie entre en récession ou non. Cependant, les décisions que nous prenons aujourd’hui, lorsque des vents contraires se manifestent à l’horizon, peuvent accélérer la matérialisation d’une récession.
Il est essentiel que les Canadiens ne paniquent pas en réaction aux nouvelles négatives sur l’économie. Les entreprises ne devraient pas retarder leurs décisions d’investir face à un environnement économique plus à risque. Ils devraient continuer à construire pour l’avenir. En cette période d’incertitude et de pessimisme quant à l’état de l’économie, il est également essentiel que le gouvernement prenne les mesures appropriées pour soutenir la croissance, les investissements et l’innovation.
Notre PIB s’est presque arrêté au cours des trois derniers mois de 2018, ce qui devrait inciter le gouvernement à stimuler l’économie en favorisant un environnement commercial concurrentiel.








