Au cours de la dernière semaine, nous avons continué de voir les prix de gros baisser lentement sur le marché. Les segments de voitures pour les véhicules à 2 à 8 ans ont diminué de 0,60 % et les camions/VUS/multisegments ont diminué de 0,85 %. Ces chiffres semblent faibles, mais ce sont des baisses hebdomadaires, de sorte qu’ils sont très importants pour l’orientation des prix de l’industrie. Jusqu’à présent, pendant la pandémie, nous avons vu les prix des voitures et des camionnettes, des VUS et des multisegments baisser d’environ 0,5 % par semaine en gros. Comme vous l’avez peut-être lu dans une mise à jour antérieure en avril, nous avons connu la plus forte baisse mensuelle des prix de gros depuis la création de l’indice de rétention de la valeur du Canadian Black Book en 2005.
En mai, l’indice des prix CBB, qui suit les véhicules d’occasion à 2 à 6 ans, a chuté de 3,20 points, tout près de la baisse record d’avril de 3,58. Depuis février, l’indice a chuté de 7,8 points en raison de la crise de la COVID-19 et de son impact sur le marché.
Comme nous entrons dans les mois d’été, nous nous attendons à ce que les prix de gros et de détail se détériorent encore davantage. Nous attribuons cette diminution prévue à l’afflux important d’inventaires de véhicules d’occasion supplémentaires qui devrait frapper le marché, ainsi qu’à l’affaiblissement continu de la demande de détail des consommateurs en raison de la profonde récession actuelle. Bien que les ventes aient connu une forte hausse en mai, nous estimons qu’une grande partie de cet hausse a été une demande refoulée à la fin de mars et d’avril. Une fois que cette demande a été satisfaite, nous nous attendons à reprendre le tempo normal sur le marché.
Vendredi, Statistique Canada a publié les résultats de son enquête sur le travail de mai. Le taux de chômage au pays s’élève désormais à 13,7 %. Il s’agit du taux le plus élevé jamais enregistré depuis que des données comparables sont devenues disponibles en 1976. Avant que la COVID ne commence à avoir un impact sur notre économie, le taux de chômage était très faible de 5,6 %. Il est ensuite passé à 7,8 % en mars et à 13 % en avril. Selon Statistique Canada, la pandémie a maintenant eu des répercussions sur l’emploi de 5,5 millions de Canadiens. On s’attend à ce que les mesures du chômage s’améliorent à mesure que de plus en plus de Canadiens commenceront à retourner au travail maintenant que les restrictions imposées aux entreprises à l’échelle nationale commencent à s’assouplir. Ce sera dans les prochains mois que nous pourrons évaluer plus précisément combien d’entreprises et d’emplois qui y sont associés ne reviendront pas de l’arrêt temporaire.
Pour le secteur de l’automobile, la confiance des consommateurs est une mesure essentielle des perspectives de vente de l’industrie. Comme nous l’avons déjà dit, l’indice de confiance des consommateurs, tel que le précise le Conference Board du Canada, a augmenté de 16,2 points en mai, après avoir atteint un creux record en avril. L’indice se situe désormais à 63,7, ce qui est légèrement supérieur à son point le plus bas de la crise financière de 2008. Cet indice est toujours en baisse de 60 points par la marque d’avant la pandémie de février. Plus de la moitié des Canadiens demeurent pessimistes quant à leurs perspectives d’emploi futures, soit 52,2 %, ce qui n’augure rien de bon pour la rapidité de la reprise au Canada. Nous pouvons voir les consommateurs reporter les achats de véhicules ou passer de voitures neuves à des voitures d’occasion, malgré les nombreux incitatifs des constructeurs et des concessionnaires.
Au cours des dernières années, au Canada, les prix des véhicules d’occasion ont été gonflés par une économie forte, ainsi que par l’exportation de véhicules d’occasion du Canada vers les États-Unis. Pour 2019, DesRosiers Consultants estime qu’un peu moins de 300 000 voitures d’occasion au Canada ont été exportées vers le sud. Le volume de ces exportations est impressionnant. Au moment d’écrire cette mise à jour, le dollar canadien était à 0,74 $, une amélioration importante par rapport à la fin mars, où il est tombé sous la barre des 0,70 $. Nous estimons qu’il y a encore une occasion de profiter des exportations tant que le dollar reste inférieur à 0,80 $. L’exportation de ces véhicules est essentielle à la stabilité des prix sur le marché canadien, car elle siphonne une quantité massive d’approvisionnement. Aujourd’hui, nous comprenons que le volume des exportations a chuté de façon spectaculaire compte tenu de l’incertitude de la COVID. Espérons que l’activité à l’exportation reprendra, sinon il y aura une grande quantité d’approvisionnement supplémentaire au Canada, au cours des prochains mois.
Bien que les effets économiques de la pandémie continueront de se faire sentir dans trois ans, nous prévoyons que les valeurs de gros reviendront à la base pré-COVID-19 d’ici 2023, car l’offre utilisée diminuera en raison des réductions des ventes au détail et aux parcs tout au long de 2020 et jusqu’en 2021.




