L’honnêteté et la transparence en matière d’économie contribueront à apaiser l’inquiétude des consommateurs
Les concessions d’automobiles figurent parmi les plus touchées par la situation économique actuelle.
Après des mois à attendre que les stocks soient renfloués, les concessionnaires sont maintenant confrontés à un scénario où plus de véhicules sur le terrain entraînent des coûts de possession atrocement élevés, tandis que les coûts liés à l’emploi et à la main-d’œuvre restent à un niveau historique et suivent l’augmentation du coût de la vie.
D’un autre côté, les acheteurs se sentent mal à l’aise quant à l’orientation de l’économie, mais certains d’entre eux ignorent également le fait que l’offre automobile a considérablement augmenté au cours des dernières semaines.
Dans les faits, bon nombre des concessionnaires avec lesquels la CADA s’est engagée ont mentionné que les changements erratiques dans le comportement des consommateurs figurent parmi les aspects les plus inquiétants de l’état actuel de l’industrie.
Ce comportement change rapidement et devient imprévisible en raison, en partie, du portrait récent qu’on a fait de l’économie. Pendant des mois, le paysage médiatique a été bombardé d’articles et de chroniques sur les nombreuses hausses consécutives des taux d’intérêt au Canada.
Bien que cela ait contribué à sensibiliser davantage le public aux effets de ces taux d’intérêt à la hausse, cela a également créé beaucoup d’anxiété chez la majorité des Canadiens. En fait, l’anxiété économique semble généralisée : plus de 72 % des Canadiens ont l’impression que les taux d’intérêt dépassent leurs capacités de payer.
Cependant, l’un des problèmes de cette discussion est qu’elle est restée étrangement liée à une perspective canadienne de la situation économique et de la crise inflationniste qui sous-tend la politique monétaire.
Il est nécessaire d’élargir le débat en le complétant par une explication plus claire du fait que cette situation ne soit pas simplement le résultat du processus décisionnel et du comportement économique du Canada, mais le résultat d’une séquence importante d’événements qui se produisent partout dans le monde.
Le principal élément qui mérite une mention réside dans le fait qu’il y a encore beaucoup d’inconnus sur les effets d’une propension mondiale vers la hausse des taux d’intérêt. Il est difficile d’évaluer exactement comment l’économie d’un pays, celle du Canada, par exemple, pourrait être touchée quand bon nombre de ses partenaires économiques utilisent tous des « outils » similaires pour limiter les dépenses et réduire l’inflation.
Bien sûr, tout cela semble indiquer une contraction économique mondiale — une récession — mais cela n’informe pas les consommateurs et les propriétaires d’entreprise des nuances plus délicates de cette possibilité.
À titre d’exemple, l’industrie de l’automobile est caractérisée par une intégration économique où le produit final est le résultat du travail de nombreuses usines et entreprises, réparties sur toute la planète, et qui interagissent constamment.
Certaines des économies qui hébergent ces « centres de production » peuvent diverger sur de nombreux aspects : les qualifications des travailleurs, les lois sur la propriété, l’accès au crédit, la stabilité budgétaire, les dépenses publiques — cette liste interminable souligne comment les chaînes d’approvisionnement, ancrées dans des configurations économiques variées, peuvent être ralenties quand un grand nombre de pays importants luttent contre l’inflation de la même manière et en même temps.
Les chaînes d’approvisionnement perturbées peuvent générer, comme nous l’avons constaté tout au long de la pandémie, d’importantes pénuries de stocks qui pourraient également entraîner une volatilité des prix et du marché à l’échelle mondiale.
Le calendrier reste également à déterminer : les hausses des taux d’intérêt ont tendance à produire leurs effets complets entre six et douze mois après les faits. Étant donné que les augmentations ont été échelonnées sur quelques mois, il est difficile d’anticiper le moment opportun pour évaluer avec précision l’état actuel et futur, non seulement du marché de l’automobile, mais de l’économie dans son ensemble.
Bien qu’il soit possible que certains acheteurs potentiels parient sur une récession accompagnée d’une baisse des taux d’intérêt, il semble y avoir un consensus partagé entre les institutions bancaires centrales sur le fait que l’objectif devrait consister à réduire l’inflation et, surtout, à veiller à ce que les attentes en termes d’inflation restent ancrées. S’il s’agit vraiment de l’objectif principal, et si les chiffres de l’emploi restent aussi solides qu’ils le sont actuellement, on peut facilement faire valoir le fait que des taux d’intérêt plus élevés pourraient être maintenus pendant la contraction économique potentielle (en fonction de sa gravité).
Un dialogue clair, complet et nuancé de la part des médias et au sein des concessions d’automobiles pourrait jouer un rôle majeur et permettrait de s’assurer que les consommateurs, pour la plupart, disposent de l’information appropriée nécessaire pour prendre une décision financière importante comme l’achat d’un véhicule. Pour toutes ces raisons, il pourrait ne pas être suffisant de simplement considérer les hausses ou les baisses de taux d’intérêt comme un déclencheur pour entrer sur le marché. Une meilleure communication doit également venir d’en haut — le Fonds monétaire international (FMI) a récemment publié des articles appelant à plus de transparence et de clarté de la part des banques centrales sur les décisions politiques.
Que vous soyez un acheteur potentiel ou un propriétaire d’entreprise, tout le monde devrait être encouragé à engager une conversation sur l’économie. Il s’agit d’un exercice crucial parce qu’il génère une meilleure compréhension du public grâce à laquelle la prise de décision devient plus astucieuse, basée sur les faits et moins motivée par un sentiment trop pessimiste ou optimiste quant à l’économie.
Ceci, à son tour, facilite la relation concessionnaire-consommateur quand les deux parties ont un dialogue axé sur l’économie et sur toutes les angoisses personnelles qui pourraient y être liées.







