Le centre de formation en réparation de collisions de véhicules électriques ouvre à Milton

Pete Halasz, formateur, et les étudiants David Simon et Mike Kennedy.

Les techniciens en réparation de carrosserie au Canada ont désormais l’occasion d’apprendre à intervenir et à réparer les véhicules électriques (VE) en toute sécurité grâce à un programme de formation certifié de l’Inter-Industry Conference on Auto Collision Repair (I-CAR).

L’Association des industries de l’automobile du Canada (AIA Canada) a obtenu le mandat de dispenser la formation I-CAR, déjà offerte aux États-Unis et maintenant adaptée au marché canadien. On donne la formation dans des locaux loués au Centre d’innovation du Bureau canadien de soudage (CWB) à Milton, en Ontario.

Stuart Klein, vice-président des programmes de collision et directeur général d’I-CAR Canada, a déclaré à Canadian auto dealer que la plupart des constructeurs automobiles membres de Global Automakers of Canada disposent déjà d’un programme de certification en réparation de collision.

Pete Halasz et Stuart Klein.

« Leur préoccupation était l’absence d’une formation normalisée sur les systèmes haute tension des véhicules électriques à laquelle tous pourraient adhérer », explique Klein. « C’est exactement ce qu’I-CAR offrait à Chicago. C’est ce qui m’a poussé à amener cette formation au Canada.

« Aux États-Unis, les constructeurs commencent à exiger que leurs ateliers certifiés suivent cette formation lorsqu’ils vendent des véhicules électriques. La même tendance se dessine au Canada. »

Selon Klein, les discussions avec le CWB ont mené à la location d’un espace auparavant utilisé comme bureaux, puis à sa transformation en centre de formation spécialisé.

Il ajoute qu’il collabore également étroitement avec Certified Collision Care (CCC), qui gère les programmes de réparation de collision de 13 constructeurs. Selon lui, CCC a également identifié un besoin croissant de formation sur les véhicules électriques.

Le programme pratique de formation s’étend sur cinq jours. Klein explique que les techniciens commencent par construire des circuits électriques et apprendre à utiliser des outils spécialisés pour VE. Ils passent ensuite à un chariot de simulation, un composant de véhicule électrique sans carrosserie, où ils mettent leurs connaissances en pratique dans un environnement à basse tension conçu pour un apprentissage sécuritaire.

« Dans ce système, nous pouvons introduire des défaillances similaires à celles rencontrées dans des situations réelles. Les techniciens doivent alors identifier la panne à l’aide d’outils et de technologies, puis appliquer la solution appropriée », explique Klein. « Une fois cette étape franchie, ils travaillent sur de véritables véhicules et apprennent à mettre hors tension le système haute tension en toute sécurité. Nous n’ouvrons pas les batteries et nous ne les retirons pas. »

Il souligne que, même si la sécurité est essentielle dans tout atelier qui entretient des véhicules électriques, les centres de réparation de collision sont confrontés à des défis particuliers.

« Dans un atelier mécanique, un VE peut arriver pour un remplacement de freins ou une autre réparation, et 90 % du travail concerne la sécurité », explique-t-il. « Dans un atelier de carrosserie, une dépanneuse peut arriver avec un véhicule électrique accidenté. On ne sait pas toujours s’il est sécuritaire d’y toucher ou même de le faire entrer dans l’atelier. La priorité demeure la sécurité et l’évaluation initiale du véhicule. »

Klein indique que le cours est en développement depuis un an et qu’AIA Canada travaille en étroite collaboration avec de grands centres de réparation de collision ainsi qu’avec plusieurs constructeurs. Un projet pilote a débuté cette semaine avec deux étudiants et un instructeur. Les prochaines cohortes devraient compter quatre ou cinq étudiants par formateur, avec l’ajout d’un deuxième instructeur.

« Les véhicules électriques et les batteries continuent d’être produits. Les VE ne disparaîtront pas », affirme Klein. « Ils sont déjà sur nos routes et arrivent dans les ateliers. Nous ne pouvons pas les ignorer, surtout compte tenu des risques importants pour la sécurité. Lorsqu’on sait quoi faire et qu’on dispose du bon équipement, on peut effectuer le travail de façon sécuritaire. »

Stuart Klein à côté d’un chariot de simulation, un composant de véhicule électrique dépourvu de carrosserie.

Pete Halasz, formateur technique automobile principal et instructeur chez AIA Canada, souligne qu’il y a désormais plus d’un million de véhicules électriques sur les routes canadiennes. Il s’inquiète de la façon dont les ateliers de carrosserie gèrent l’arrivée de véhicules électriques endommagés et recommande aux techniciens d’attendre entre 24 et 48 heures avant de déplacer ces véhicules à l’intérieur pour des réparations conventionnelles.

« Une fois que le véhicule peut être approché en toute sécurité, je veux m’assurer que les techniciens savent comment le mettre hors tension correctement », explique Halasz. « Les batteries peuvent dégager des gaz toxiques qui peuvent être mortels. Il peut également y avoir des fils ou des contacts sous tension. Nous effectuons des travaux de soudage dans ces zones et démontons des composants reliés à ces systèmes ; il faut donc savoir exactement ce que l’on fait. Les systèmes hybrides actuels relient souvent les systèmes de refroidissement traditionnels aux systèmes de refroidissement des batteries. Je veux que mes étudiants comprennent comment intervenir sur un véhicule bien avant qu’il n’entre dans le garage. »

Mike Kennedy, l’un des deux techniciens inscrits au programme, est enseignant en carrosserie au Fanshawe College et instructeur en soudage certifié I-CAR. Il estime que les véhicules électriques sont de plus en plus présents dans l’industrie et que les apprentis comme les futurs techniciens doivent apprendre à travailler sur eux de manière sécuritaire et efficace.

« À l’heure actuelle, l’industrie ne sait pas vraiment ce qu’elle ignore encore », affirme Kennedy.

David Simon, qui travaille dans un atelier certifié CSN à Hamilton, estime que la formation lui a permis de prendre conscience de risques et de réalités qu’il n’avait jamais envisagés auparavant.

« Cette formation m’a ouvert les yeux sur certains dangers et certaines pratiques qui ne sont tout simplement pas connus du grand public dans notre industrie », explique Simon. « Je pense que la plupart des techniciens du secteur apprendraient quelque chose en suivant un cours comme celui-ci. »

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