LA SATISFACTION DES CONCESSIONNAIRES AUPRÈS DES PRÊTEURS A ATTEINT UN NIVEAU RECORD
Récemment, J.D. Power et Associés a publié les conclusions de son étude canadienne 2013 sur la satisfaction des concessionnaires en matière de financement. L’enquête a révélé que, dans l’ensemble, la satisfaction des concessionnaires en termes de services obtenus des institutions prêteuses a considérablement augmenté. En fait, cette année, la satisfaction dans les quatre secteurs − Le crédit préférentiel à la consommation, la location, le financement et le prêt à risque − était à son plus haut niveau depuis la première étude, effectuée en 1998.
Le crédit préférentiel a reçu 883 points sur 1000, tandis que le crédit-bail en a obtenu 858, le financement, 910, et le prêt à risque, 846. Ces nouvelles viennent d’un secteur de l’automobile qui a montré un remarquable dynamisme au cours des dernières années, après la grande récession de 2008-2009. L’an dernier, 1,67 million de nouvelles voitures et camions ont été vendus au Canada, et de nombreux observateurs de l’industrie croient que 2013 connaîtra de bons résultats.
Et pourtant, ça s’inscrit dans la foulée d’une récession qui a provoqué de grands bouleversements dans l’industrie de l’automobile. Deux des trois grands constructeurs de Detroit ont dû être restructurés avec l’aide des gouvernements américain, canadien et ontarien, tandis que le troisième a fait sa propre réorganisation.
Les voitures ont connu une forte baisse des ventes en 2009, et la location qui, au Canada, représentait environ 46 % du marché avant la récession, a chuté à moins de 10 %. Et pourtant nous sommes ici, cinq ans plus tard, avec des ventes quasi record; de plus, les concessionnaires et les institutions prêteuses travaillent ensemble comme jamais auparavant. Que s’est-il donc passé ? Surtout, la tendance se poursuivra-t-elle ?
LA COMPRÉHENSION DES BESOINS
Lubo Li, directeur principal et chef des services financiers de J.D. Power et Associés, à Toronto, pense que le fait que les entreprises se portent actuellement bien dans le secteur de la vente d’automobiles est un facteur clé de la croissance de la satisfaction des concessionnaires à l’endroit des institutions prêteuses, mais il dit également qu’elles ont mis l’accent sur la fourniture de services de meilleure qualité. « Qu’il s’agisse des banques ou des clients, on met davantage l’accent sur l’interaction entre les personnes et on tend la main aux concessionnaires. »
Li dit que les institutions prêteuses comprennent qu’il est important d’établir des relations avec leurs clients concessionnaires, de les visiter souvent sur le terrain et d’être en mesure de leur fournir les services dont ils ont besoin, quand ils en ont besoin. « Peu importe qu’il s’agisse de services en matière de vente au détail, de formation, d’audit, de clarification du programme – c’est la priorité numéro un ». Il dit qu’on a également mis l’accent sur la recherche des concessionnaires dans les zones les plus reculées, ce qui, en soi, a également joué un rôle clé dans l’augmentation de la satisfaction à l’endroit des institutions prêteuses en général.
Mais qu’en est-il des risques ? Avec des conditions de financement de véhicule de plus en plus longues qui deviennent la norme, semble-t-il, et le coût d’acquisition d’inventaire pour de nombreux concessionnaires en plus des nombreux programmes d’image de marque, qui exigent que les concessionnaires investissent de manière significative dans l’amélioration de leurs installations, le risque ne devrait-il pas être une source de préoccupation pour les institutions prêteuses et, d’ailleurs, pour les concessionnaires également ?
Michael Hatch, économiste en chef de la Corporation des associations de détaillants d’automobiles au Canada, précise que, tandis que le commerce de vente d’automobiles est un secteur stratégique à forte activité et que les enjeux sont élevés, les affaires semblent être bonnes et ne suscitent aucune préoccupation majeure pour l’avenir.
TAUX DE DÉFAUT BAS
Bien qu’il y ait eu beaucoup de discussions sur le fait que la dette des consommateurs canadiens ait atteint des niveaux record, ce qui se reflète dans le secteur de l’automobile où un nombre croissant de consommateurs ont désormais un prêt plus élevé que la valeur de leur véhicule, le taux de défaut sur les prêts reste à un niveau historiquement bas. « Normalement, si le niveau de la dette ne cesse d’augmenter, le taux de défaut commencera à monter; mais ce n’est pas encore le cas », dit M. Hatch. Il note également que, bien que les modalités de paiement très longues et l’amortissement négatif soient très médiatisés, de nombreux acheteurs sur le marché aujourd’hui, choisissent encore de s’en tenir à des conditions de financement plus courtes pour l’achat de leur véhicule et continuent de changer de véhicule après quelques années, et ce, même si les voitures durent plus longtemps que jamais.
Donc, pour les concessionnaires et les institutions prêteuses, il semble qu’on ait raison d’être optimiste. Et ça se reflète peut-être sur certains des produits offerts sur le marché, y compris une croissance dans le financement des prêts hors norme. Michael Buckingham, directeur principal, Finances automobiles chez J.D. Power & Associates, aux États-Unis, affirme que, même si le marché des prêts est essentiellement saturé au sud de la frontière, au Canada, les choses sont légèrement différentes. « Vous avez deux des grandes banques – TD et Scotia, qui font des affaires d’or, avec quelques petits acteurs comme GM Financial. »
UNE PLUS GRANDE DISCIPLINE
Cependant, comme la valeur des voitures a tendance à se déprécier et qu’on accorde des prêts sur la valeur actuelle, on a actuellement une plus grande discipline en matière de crédit par rapport au marché très médiatisé des États-Unis, où les prêts hypothécaires exotiques liées à des titres adossés à des créances ont monté en flèche, déclenchant une crise économique.
M. Buckingham dit que, quand il s’agit de financement automobile hors norme, il y a un désir persistant chez les institutions prêteuses de fournir un soutien solide à leurs clients concessionnaires. « J’ai rencontré un certain nombre d’institutions financières au cours des 60 derniers jours », a-t-il dit lors d’une récente entrevue téléphonique avec Affaires automobiles », et il y a un désir de continuer à offrir ce soutien aux concessionnaires, que ce soit par le financement, l’expansion ou des prêts immobiliers, car cela les aide aussi dans d’autres gammes de produits et également des services bancaires en général. »
Outre l’inventaire, un autre domaine clé où les concessionnaires voient une augmentation significative des coûts, un soutien financier solide sur l’immobilier est essentiel. Le désir des fabricants de pousser les programmes d’image, en plus de l’augmentation des volumes de ventes, avec de faibles taux d’intérêt, a contribué à alimenter la croissance chez plusieurs groupes de concessionnaires franchisés au cours des dernières années, les concessionnaires et les prêteurs cherchent à réduire à la fois les risques et les coûts fixes. M. Buckingham indique que, tandis que ces groupes, pour la plupart, voient un besoin croissant de faire croître leur entreprise, le fait que le marché a été et continue d’être en bonne santé, a considérablement renforcé les évaluations de concession, ce qui a effectivement ralenti le rythme des acquisitions de concessions dans de nombreux cas.
Outre les grands groupes de concessions, il y a également eu une croissance du côté des petits exploitants qui voient la valeur dans l’expansion de leur exploitation, peut-être en faisant l’acquisition d’une ou de deux autres concessions, ce qui augmente la valeur de l’entreprise et assure également le soutien d’institutions financières.
« Nous avons vu cela souvent », dit M. Buckingham, « à la fois au Canada et aux États-Unis où les concessionnaires ajoutent une deuxième ou une troisième franchise. »
LE MARCHÉ DE L’OCCASION
Un domaine où il y a eu et continuera probablement d’avoir une croissance importante, c’est le marché de la voiture d’occasion. Avec des voitures qui durent plus longtemps, des concessionnaires et des institutions financières qui voient une valeur accrue dans le financement de véhicules plus âgés et à kilométrage plus élevé.
« Il est révolu le temps où les voitures arrivaient à la fin de leur vie utile à 150 000 kilomètres », dit Michael Buckingham. « Les véhicules d’aujourd’hui vont bien au-delà de cette limite. » Avec les institutions prêteuses qui choisissent de financer des véhicules plus âgés au kilométrage élevé et les concessionnaires qui les gardent pour la vente à la concession plutôt que de les vendre aux enchères, M. Buckingham dit que, en soi, c’est une occasion pour les institutions prêteuses d’augmenter leurs affaires directes avec leurs clients concessionnaires; c’en est une aussi pour les concessionnaires qui voient la bonne qualité des voitures d’occasion comme un centre de profit plus important, surtout quand elles sont liées à des contrats de financement élargis et des programmes de garantie et de protection. « Cela entraîne des occasions », dit-il, « et je pense que ce sera positif. » Cependant, il met en garde les concessionnaires : ils doivent faire rouler l’inventaire et ne pas avoir d’argent qui dort. « Tant que les véhicules se vendent, les concessionnaires continueront à se procurer des voitures d’occasion. »











