DES REVENUS PLUS IMPORTANTS ET UN NOMBRE CROISSANT DE PERSONNES CAPABLES D’ACHETER UN VÉHICULE, VOILÀ DE BONNES NOUVELLES POUR L’INDUSTRIE CANADIENNE DE L’AUTOMOBILE, MAIS COMME LE NOTE MICHAEL HATCH, IL FAUT TOUJOURS FAIRE PREUVE DE PRUDENCE.
Les années que nous avons connues dans l’industrie depuis le plancher record de 2009 ont été à croissance lente. Mais avec beaucoup de travail et un peu de chance, nous avons réussi à établir un nouveau record de ventes pour les voitures et les camions au Canada en 2013.
Les ventes ont augmenté d’un impressionnant 4 % à l’échelle nationale l’an dernier pour atteindre 1,74 million de véhicules neufs vendus; c’était la deuxième fois seulement que nous atteignions le seuil de 1,7 million.
C’est sans aucun doute une excellente nouvelle pour une industrie beaucoup donnaient pour morte il y a très peu de temps. Toutefois, les chiffres que nous avons atteints l’an dernier a battu ceux précédemment établis en 2002. Donc, une autre façon de dire que nous avons établi un nouveau record de ventes en 2013, c’est que la demande pour les véhicules neufs a connu des difficultés au cours de la dernière décennie ou plus. Est-il exagéré d’appeler cela une « décennie perdue » en matière de ventes de voitures au Canada ?
L’expression « décennie perdue » est le plus souvent associée à l’économie japonaise stagnante des années 1990. Cependant, puisque nous avons perdu six années depuis le début de la dernière récession, le terme a surgi plus souvent en référence à d’autres événements qui se sont produits plus près de nous. Depuis 2002, les choses suivantes se sont produites au Canada : la population a augmenté de 12 %; les ventes au détail ont fait un bond de 46 %; l’emploi total a augmenté de 20 %; les recettes de l’État ont augmenté de 51 %; et l’indice de la Bourse de Toronto a presque doublé – augmentant de plus de 80 % au cours des 11 dernières années.
CROISSANCE DES REVENUS
Comparer ces chiffres directement avec les ventes de voitures qui sont essentiellement stagnantes sur cette même période n’est pas tout à fait juste: les revenus de l’industrie de la vente d’automobiles, par exemple, ont considérablement augmenté au cours de la dernière décennie. En outre, la croissance dans la plupart de ces indices semblerait moins impressionnante si on la comparait non pas à l’année 2002, mais aux pics obtenus au cours des années passées. Pourtant, il y a une impression douce-amère à battre un record de ventes qui a été établi lorsque Jean Chrétien était premier ministre.
Cependant, appeler les 10 dernières années une décennie perdue est nettement exagéré. Bien que les ventes de voitures neuves aient été difficiles depuis 2002, ce n’est pas là la seule chose que les concessionnaires d’automobiles font aujourd’hui.
Le marché de la voiture d’occasion a augmenté presque chaque année depuis 2002, et les concessionnaires d’automobiles neuves font des investissements impressionnants dans ce domaine — la finance, les services et les garanties restent un terrain fertile pour les concessionnaires qui veulent faire de l’argent. D’autres secteurs d’activité fournissent des flux de trésorerie positifs également. En fait, les revenus totaux provenant des ventes dans le secteur de l’automobile ont augmenté de 69 à 85 milliards de dollars au cours de la dernière décennie.
Même si l’inflation est en grande partie responsable, il y a eu un croissance réelle; et le prix moyen des voitures neuves est essentiellement le même que la dernière fois que le dossier a été réglé.
PLUS DE CONDUCTEURS
Et non seulement y a-t-il plus de Canadiens qu’en 2002, mais il y en a beaucoup plus qui conduisent un véhicule. Entre 1990 et 2000, le nombre de véhicules sur la route par comparaison avec la population en âge de conduire n’a pas augmenté du tout. Depuis lors, il a bondi de plus de 8 % à près de 80 %, baissant légèrement dans les années de récession.
La qualité des produits d’aujourd’hui fait en sorte que les consommateurs font moins la différence entre un véhicule neuf et un véhicule presque neuf, et un taux de possession plus élevé d’un point est positif : les gens qui, pour la plupart, ont fait l’acquisition d’un véhicule, ne peuvent plus s’en passer.
Nous n’atteindrons pas à le taux de possession récent de 101 % (plus de voitures que de gens qui peuvent les conduire) de nos amis les Américains dans un avenir proche, mais le fait que taux a légèrement augmenté au cours de la dernière décennie, après une longue période de stagnation, est une nouvelle positive pour l’industrie.
Chaque fois qu’un record de ventes est établi, c’est une bonne nouvelle. C’est une bonne nouvelle pour le vendeur, pour le concessionnaire, pour le groupe de concessionnaires, pour la province ou le pays dans son ensemble. Qu’il nous ait fallu 11 ans pour revenir au niveau de 2002 montre bien que nous avons fait face à d’immenses défis au cours de ces années, des défis qui sont toujours présents dans l’industrie de l’automobile. Donc, vous pouvez sabrer le vin mousseux, mais peut-être pas le champagne, et célébrez le nouveau record canadien des ventes de véhicules pour 2013.








