Ne craignez pas la taxe sur le carbone !

Elle pourrait être préférable à certaines lourdeurs réglementaires en matière de réduction des émissions

J ’ai déjà traité de la question des taxes sur le carbone dans cette chronique puisqu’elles deviennent un outil politique commun à de plus en plus d’administrations au Canada et ailleurs.

Depuis que le gouvernement fédéral a fait connaître son plan dans ce domaine, il y a environ un an et demi, les provinces qui n’ont pas encore un régime de « tarification du carbone » ont été principalement occupées à se conformer au prix plancher établi à l’échelle nationale.

Ce prix plancher entrera en vigueur l’an prochain au un niveau très modeste de 10 $ la tonne, mais augmentera chaque année par la suite jusqu’à ce qu’il atteigne 50 $ la tonne en 2023. Même à ce prix, ça ne devrait pas avoir un effet important sur le comportement en matière d’émissions, mais ça contribuera à nous permettre d’atteindre nos objectifs écologiques globaux de la manière qui nous convient.

On assume souvent qu’une taxe significative sur le carbone sera une mauvaise nouvelle pour l’industrie, mais cela ne doit pas être le cas. En fait, une taxe plus élevée sur le carbone pourrait être une bonne nouvelle pour les constructeurs et les concessionnaires d’automobiles si elle s’accompagne d’un allégement de la réglementation propre à l’industrie (et relativement coûteuse et inefficace) visant à réduire les émissions. Au cours des dernières années, notre industrie a été une cible populaire face à cette réglementation, au coût important des constructeurs, des concessionnaires et des consommateurs.

À son niveau de 50 $ la tonne en 2023, la taxe ajoutera un peu plus de dix cents au prix du litre d’essence. Même en doublant la taxe à 100 $ par tonne (un niveau qui commencerait à sérieusement réduire les émissions), cela ajouterait moins de 25 cents au prix du litre d’essence.

C’est certainement suffisant pour que les consommateurs le remarquent à la pompe ; cependant, si la taxe est correctement appliquée, ces mêmes consommateurs verront une augmentation correspondante sur leur chèque de paie. En effet, une taxe sur le carbone générera des milliards de dollars de revenus que les provinces pourront utiliser à leur guise. Nombreuses seront celles qui l’utiliseront pour réduire considérablement les impôts provinciaux sur le revenu.

Le politicien qui imposera une hausse de 10 ou 20 cents du prix de l’essence est un politicien courageux ; cependant, la technologie et la mise en oeuvre graduelle de la taxe atténueront le choc. Premièrement, comme nous le savons tous, le prix de l’essence est assez volatil. Entre 1997 et 2017, le prix moyen est passé d’environ 98 cents à 1,15 $ le litre (tous les prix étant ajustés en fonction de l’inflation), mais il y a eu une forte volatilité au cours de cette période de deux décennies.

De plus, les nouveaux véhicules parcourent de plus en plus de kilomètres sur un réservoir ; ce Elle pourrait être préférable à certaines lourdeurs réglementaires en matière de réduction des émissions processus technologique se poursuivra et, peut-être même, s’accélérera au cours des années à venir.

Même si le parc automobile national continue de croître, nous avons récemment connu une première dans l’histoire : une baisse de la quantité de carburant consommée par les Canadiens.

Ce n’est pas parce que les gens soudainement roulent moins. C’est parce que les années d’amélioration en termes d’économie de carburant commencent enfin à faire fléchir la courbe de consommation, même s’il y a plus de voitures qui parcourent plus de kilomètres. Cela réduira en partie la hausse des prix à la pompe provoquée par une taxe sur le carbone.

Et une taxe sur le carbone à long terme pourrait être une bonne nouvelle pour l’industrie. La taxe est presque universellement acceptée par les économistes comme l’outil politique le plus efficace et axé sur le marché pour réduire les émissions, par opposition à la réglementation sur l’économie de carburant et les plafonds de pollution spécifiques à l’industrie visant d’autres secteurs.

Si les gouvernements en prennent conscience dans les années à venir, la taxe sur le carbone couvrant de plus en plus l’activité économique, il est possible qu’ils réalisent que l’augmentation de la taxe sur le carbone puisse être associée à une réglementation réduite, qui a toujours été un moyen très coûteux de réduire les émissions, ce qui, dans notre propre secteur, augmente le prix des véhicules de façon substantielle.

Alors ne craignez pas la taxe sur le carbone, mais voyez à ce qu’on la mettre en oeuvre de la manière la plus efficace possible.

Faites pression sur les dirigeants politiques provinciaux et fédéraux pour que toute taxe sur le carbone soit neutre sur le plan des réductions d’impôt sur le revenu et qu’elle s’accompagne d’une réduction correspondante de la réglementation coûteuse et inefficace propre au secteur.

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