À mesure que la fraude chez les concessionnaires augmente, les banques canadiennes redoublent d’efforts pour aider les concessionnaires à riposter.
Depuis des décennies, les concessionnaires automobiles canadiens comptent sur leurs partenaires bancaires non seulement pour obtenir des capitaux, mais aussi pour bénéficier d’une stabilité, d’une formation et de conseils fiables. Peu de gens le savent mieux que Mauro Grande, directeur des opérations et des politiques chez CIBC Auto Finance, qui a passé plus de 30 ans dans le secteur des services financiers, dont 17 directement dans le financement automobile.
M. Grande a vu le secteur traverser plusieurs cycles, de la crise financière de 2008 à la transformation numérique accélérée par la COVID-19. Au fil du temps, une leçon ressort clairement : la relation entre les concessionnaires et les banques doit rester étroite, adaptative et fondée sur la confiance mutuelle.
« Nous sommes toujours étroitement liés, explique M. Grande. Les concessionnaires et les prêteurs sont le prolongement de leurs activités respectives. Nous nous efforçons donc toujours de renforcer ces relations, de trouver des moyens de nous entraider et d’offrir des programmes, des formations et un soutien qui renforcent notre partenariat. »
Augmentation du nombre de fraudes : nouvelles menaces, nouveaux outils
L’une des questions les plus préoccupantes pour les concessionnaires et les prêteurs d’aujourd’hui est la fraude. Le vol d’identité, la fraude synthétique, la fraude par traite et par chèque, et même la fraude en interne au sein des concessions sont en augmentation. M. Grande souligne que la numérisation des ventes de véhicules, tout en améliorant l’efficacité, a également rendu la surveillance plus cruciale.
« La COVID a poussé le secteur à passer d’un processus très traditionnel à un processus de plus en plus numérique, énonce-t-il. Cela a apporté des avantages aux clients, mais aussi de nouveaux risques. Les fraudeurs sont sophistiqués et les concessionnaires constituent la première ligne de défense. »
La CIBC a réagi en préconisant l’utilisation de technologies avancées de détection et de prévention de la fraude. La principale d’entre elles est la vérification d’identité numérique (VIN), qui a rapidement évolué ces dernières années et devient la norme dans l’ensemble du secteur. En vérifiant l’identité des clients plus tôt et de manière plus approfondie, les prêteurs peuvent aider les concessionnaires à prévenir les pertes avant qu’elles ne se produisent.
La CIBC collabore également avec des partenaires clés du secteur, tels Dealertrack et Paays, afin de renforcer les alertes de fraude en temps réel et d’aider les concessionnaires à partager des données, tout en respectant la confidentialité. Selon M. Grande, ce type de collaboration sera essentiel pour garantir la protection de l’ensemble de l’écosystème, c’est-à-dire les concessionnaires, les prêteurs et les clients.
« La lutte contre la fraude nécessite une approche à plusieurs niveaux, une surveillance constante et un partage continu des informations », ajoute-t-il.
Formation des concessionnaires aux meilleures pratiques
Au-delà de la technologie, la CIBC investit dans des programmes de formation des concessionnaires qui mettent l’accent sur les signaux d’alerte en matière de fraude, la diligence raisonnable en matière d’embauche et les mesures de protection opérationnelles. La fraude interne, qui consiste pour les employés des concessionnaires à utiliser abusivement des informations ou à s’associer à des acteurs extérieurs, est une question particulièrement sensible.
« Nous avons tout vu, de la collaboration ouverte avec des fraudeurs à des cas plus subtils où une personne utilise l’identité d’une autre pour aider un client à obtenir un prêt, précise M. Grande. Une partie de notre rôle consiste à partager ce que nous avons appris avec les concessionnaires afin qu’ils puissent prévenir ces situations de manière proactive. »
Les prochaines formations mettront davantage l’accent sur la vérification des antécédents, la surveillance des employés et le partage des enseignements tirés du réseau de concessionnaires. M. Grande souligne que les grands groupes disposent souvent des ressources humaines nécessaires pour gérer ces risques, tandis que les petits concessionnaires peuvent avoir besoin d’un soutien et d’une sensibilisation accrus.
Faire face aux risques de blanchiment d’argent
La lutte contre le blanchiment d’argent (LBA) est un autre sujet de préoccupation croissant. Avec la hausse constante des prix des véhicules, les voitures sont devenues des instruments efficaces pour transférer rapidement des montants importants, parfois au-delà des frontières.
« Ce n’est pas un hasard si l’usurpation d’identité aboutit souvent à l’expédition de véhicules à l’étranger, explique M. Grande. Nous devons faire preuve de diligence pour prévenir ce phénomène. »
En tant qu’institution financière réglementée par le gouvernement fédéral, la CIBC respecte des normes strictes en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement des activités terroristes. Au-delà des contrôles internes, la banque offre aux concessionnaires une formation régulière sur la déclaration des transactions importantes ou suspectes, les activités inhabituelles et la conformité aux exigences du CANAFE.
Les récentes modifications réglementaires ont rendu les concessionnaires eux-mêmes directement responsables de la conformité en matière de lutte contre le blanchiment d’argent. M. Grande estime que cela renforcera à terme le secteur : « En mettant en place leurs propres procédures et contrôles internes, les concessionnaires renforceront leur sensibilisation et leur résilience. Cela profitera à tous. »
M. Grande affirme que les mesures de protection contre la fraude et le blanchiment d’argent ne sont qu’une partie de l’engagement plus large de la CIBC à aider les concessionnaires à servir leurs clients de manière responsable. Il mentionne des défis tels que le capital négatif et les pressions sur l’accessibilité financière, notant que si les exigences en matière de divulgation sont strictes, les connaissances financières des consommateurs demeurent inégales.
La CIBC surveille les transactions effectuées par les concessionnaires afin de détecter les tendances préoccupantes et, si nécessaire, intervient pour protéger à la fois les clients et la réputation de la banque.
Alors que les fraudeurs font preuve de plus en plus d’inventivité, M. Grande souligne la nécessité d’une vigilance constante, de l’adoption de technologies et d’une coopération à l’échelle du secteur. De la vérification d’identité numérique à la formation renforcée en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, la CIBC se positionne non seulement comme un prêteur, mais aussi comme un partenaire dans la protection de l’écosystème du financement automobile.
« En fin de compte, conclut M. Grande, plus nous agissons tous de manière appropriée, banques, concessionnaires, régulateurs, plus le secteur se renforce. Protéger les clients, protéger les concessionnaires et protéger le marché profite à tout le monde. »








