Faire des affaires en période d’austérité

Aller au-delà des programmes incitatifs temporaires

Une nouvelle année approche, et avec elle, la tendance annuelle d’analyser le passé et de jeter un regard optimiste sur l’avenir. Les jours commencent déjà à allonger, et, bientôt, le consommateur sortira de la période d’hibernation qu’il s’est imposée pour donner le coup d’envoi à ses achats du printemps.

Avant même de nous en apercevoir, nous troquerons nos pelles pour la tondeuse à gazon. Il est temps pour les Canadiens de penser à nouveau au nettoyage du printemps et aux vacances d’été. Peut-être nous reste-t-il six (huit ou 20) semaines d’hiver. Toutefois, nous sommes optimistes. Il le faut.

Pendant que les gens, pour la plupart, passent le plus clair de leur temps à chercher à savoir ce que la vie réserve à leur famille et à leur carrière, je fixe le plafond et j’essaie d’imaginer une économie canadienne privée des programmes incitatifs fédéraux qui nous ont permis de nous maintenir au cours des deux dernières années. À chacun ses problèmes, pas vrai ?

Aussi sûrement que la nuit vient après le jour, le gouvernement du Canada commencera sous peu à adopter des mesures d’austérité qu’il appliquera dans notre économie. Comme nous parlons de mesures gouvernementales, le processus se mettra en marche à une vitesse qui sera nettement en deçà de la vitesse de la lumière, cela va sans dire. Cependant, outre un vent de changement politique significatif, plusieurs des programmes mis sur pied au cours de la pire récession deviendront caducs, et le gouvernement devra en payer le prix.

Il est difficile de ne pas penser à la métaphore de l’économie soignant la gueule de bois de la nouvelle année avec une facture de carte de crédit salée dans la boîte aux lettres.

Qu’est-ce que tout cela signifie ?

On pardonnera aux lecteurs qui se demandent ce que signifie toute cette agitation. Après tout, nous n’avons pas vu, pour la plupart, la couleur des milliards de dollars du fédéral, surtout ceux qui n’ont pas perdu leur emploi.

Mais aussi loin que puisse nous paraître l’argent que notre gouvernement dépense, on en verra des effets véritables car l’économie devrait se maintenir au cours des mois à venir.

L’indice le plus important que nous devrions surveiller cette année est le taux de chômage. Normalement, au Canada, si vous avez un emploi, vous avez besoin d’une voiture pour vous y rendre; et si vous avez une voiture, vous avez besoin d’un emploi pour la payer. Ainsi, il y a toujours eu une corrélation étroite entre les deux marchés au Canada – les ventes de véhicules ont plongé en 2008 et 2009 à une période où le taux de chômage est passé de 6 à
8 % et où il y eu 40 000 pertes d’emplois.

Nous avons recouvré depuis la plupart de ces emplois, ce qui est dû en partie au fait qu’on a réduit le déficit, mesure qu’on retirera bientôt.

Maintenant que la plupart des infrastructures et des projets du fédéral pour revitaliser le marché de l’emploi au cours de la récession arrivent à leur terme, le secteur privé devra désormais soutenir l’emploi. La plupart des hypothèses mentionnent une croissance relativement modeste cette année, mais on aura besoin d’une croissance plus forte pour réduire le chômage de façon significative.

Pour ce qui est de notre industrie, il est difficile de prédire si la croissance des ventes ira au même rythme que celle de l’an dernier. Malheureusement, il n’y a aucun remède rapide pour la gueule de bois.

Ceci dit, nous demeurons parmi les pays qui luttent encore pour établir un équilibre entre une croissance lente et de gros déficits. L’économie est une science sociale, pas un laboratoire. Nous ne saurons jamais ce qui aurait pu arriver sans les programmes incitatifs et nous ne serons jamais certains du moment idéal pour les retirer.

À la fin, je dirais que l’optimisme qui suit habituellement la nouvelle année devrait venir avec la foi
d’avoir choisi une voie solide vers une croissance qui se soutient
elle-même – encore que la croissance sera lente pour environ deux
ans – et éventuellement vers
des budgets équilibrés.

Personne ne sait avec certitude si le temps est arrivé d’ouvrir le robinet de la fiscalité; cependant, les bases de ce pays sont très solides, et même si ce n’est pas le moment idéal, nous devons composer avec la résistance collective.

Appelons cela un sous-produit en santé de nos hivers légendaires.

 

 

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