Le marché canadien demeure fragile

Alors que le marché des véhicules neufs aux États-Unis ne connaît pas un plein essor, au moins la reprise est forte. Les ventes canadiennes pour les deux premiers mois de l’année, cependant, ont été relativement stables.

À ce jour, à la fin de février, les ventes sont à la baisse de 0,7 % par rapport à la même période en 2010 et en retrait de 2,4 % par comparaison à la moyenne des cinq dernières années. Bien que ces chiffres ne soient pas catastrophiques, ils ne suggèrent pas une reprise dynamique.

Les ventes de janvier ont connu une hausse modeste (3,6 %) par rapport à l’an dernier, et elles ont baissé de 4,2 % en février. (Les chiffres de ventes mensuelles peuvent être consultés sur notre site Web, www.canadianautodealer.ca.)

« Nous avons parlé d’un arrêt de la reprise pendant un certain temps », dit Dennis DesRosiers, président de DesRosiers Automotive Consultants. « Franchement, nous ne savons pas si c’est le début d’une période difficile, mais février démontre clairement que la reprise de l’automobile au Canada est fragile. »

Et DesRosiers et l’économiste en chef de la Banque Scotia, Carlos Gomes, ont prédit que le marché serait en légère hausse cette année. « Mais nous avons toujours dit que nous ne serions pas surpris si le marché était en légère baisse », dit DesRosiers. Il note toutefois que février est l’un des mois où les ventes sont à leur plus bas au cours de l’année. « Février ne veut donc pas dire grand-chose. »

La situation semble un peu mieux quand on le regarde en termes de nombre désaisonnalisé annualisé (NDA). Bien que le NDA de janvier soit de l›ordre de 1,46 à 1,48 million, Gomes évalue février à 1,56, et DesRosiers, à 1,58. Cela représente une hausse annualisée entre 60 000 et 100 000 véhicules par comparaison avec janvier et un retour aux chiffres d’avant décembre, soit un total de 1,557 million de véhicules pour 2010.

Où allons-nous à partir d’ici ? Avec la perspective de la hausse du prix du carburant et de la réduction inévitable des programmes incitatifs, deux facteurs qui pourraient affecter le marché, c›est une grande question, en effet.

Ford reprend la tête au chapitre des ventes.

Alors que Ford a remporté la course pour l’ensemble des ventes en 2010, General Motors a retrouvé sa forme à la fin de l’année et a vendu plus que la marque à l’ovale bleu au cours des deux derniers mois de l’année ainsi qu’en janvier. Mais, plutôt que de glisser sous les ventes de février 2010 (-10,3 %), Ford a repris la première place, tant pour le mois et depuis le début de l’année, alors que les ventes de GM ont chuté encore plus (-11,2 %) ce qui a permis à Chrysler de progresser de 8,5 % et de prendre la deuxième place.

Il y a également d’autres points d’intérêt : Hyundai (+2,3 %) dépasse Toyota (-26,7 %)
et réclame la quatrième place pour le mois,
mais pas pour l’année. La marque coréenne
est consciente que c’est Honda qui occupe la cinquième place à ce jour. Mercedes-Benz
(+4,4 % en février) maintient jusqu’à présent son avance du côté des voitures de luxe pour l’année, mais BMW a fortement rebondi (+27 %) pour combler l’écart de par rapport à janvier.

À ce jour, par rapport à l’an dernier, Porsche a fait le plus grand gain (+43,5 %), suivie d’Audi (34 %). Parmi les marques grand public, Kia (+27,7 %) vient en tête, suivie de Volkswagen (+18,7 %).

Par rapport à leurs ventes moyennes des cinq dernières années, Audi (103,3 %) et Kia
(71,9 %) sont les marques les plus en vue.
Derrière elles viennent Hyundai (+47,4 %), Mercedes-Benz (+47,3 %), Volkswagen (+43,4 %), Porsche (+41,6 %) et Subaru (+40,9 %).

Les tendances pour les trois prochains mois
les ventes d’un mois à l’autre de certaines marques en particulier sont devenues très volatiles – Honda étant un cas d’espèce. Un regard sur les résultats combinés des trois derniers mois permet de sublimer une partie de cette volatilité, bien que les tendances générales semblent se maintenir (voir le graphique).

Les ventes globales sont restées pratiquement inchangées (-0,3 %) au cours de cette période. Porsche a été la grande gagnante (46,5 %), suivie de Kia (+23,5 %), d’Audi (+23,2 %), de Mercedes-Benz (+23 %), de BMW (+22,3 %) et de Volkswagen (+17,7 %).

De l’autre côté du spectre, smart (-30,7 %)
a montré la plus forte baisse, suivie de Toyota (-29,3 %), de Suzuki (-27,4 %), de Lexus
(-22,1 %) et de Volvo (-11,5%).

À propos de Linda Nadon

Linda Nadon est l'Éditrice d'Affaires automobiles. Elle peut être joint par courriel à lnadon@universusmedia.com.

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