
J’ai utilisé cette tribune à plusieurs reprises pour offrir un aperçu de l’évolution récente de la dynamique de la dette des consommateurs dans le marché canadien de la vente d’automobiles.
Bien que les détails puissent varier, le problème, lui, n’a pas changé : les consommateurs ont accumulé une dette plus importante au cours de la dernière décennie pour financer l’achat d’un nouveau véhicule, mais quand, chaque jour, on disait que cela présageait la mort de l’industrie, on exagérait nettement. Je reste d’avis que certaines des mises en garde plus extrêmes que nous avons vues sur le sujet de la dette des consommateurs ne sont pas crédibles. Il est possible cependant que la façon dont la dynamique de la dette a évolué au cours des dernières années pourrait générer des problèmes dans notre industrie.
Commençons par les bonnes nouvelles. Les ventes de voitures neuves conservent un rythme qui permettra d’obtenir une autre année record en 2014. Après des ventes record en 2013, le marché n’avait pas besoin de croître énormément pour récidiver cette année. À ce jour, les ventes sont fortement en avance sur l’année dernière, et, à moins d’une très forte diminution au dernier trimestre de l’année, nous établirons un nouveau record de ventes cette année, peut-être au-delà des 1,8 million de véhicules. Il s’agit d’un revirement remarquable et l’indice d’une économie solide et de la confiance des consommateurs.
Comme c’est le cas depuis longtemps, les ventes, pour la plupart, doivent être au moins partiellement financées. Bien que les consommateurs, dans la plupart des cas, prennent le risque de faire un paiement initial, près de 90 % des clients des concessionnaires ont besoin d’un produit financier quelconque pour couvrir leur transaction. Bien qu’on ait repris la location à la suite de la récession, elle ne représente qu’environ une transaction sur cinq au Canada.
Cela signifie que près des deux tiers des ventes sont financés par des prêts à la consommation traditionnels.
LE VERSEMENT MENSUEL D’ABORD
La tendance inquiétante dans le financement automobile qui a donné lieu à des mises en garde des économistes et des représentants du gouvernement, c’est l’habitude qu’ont les fabricants, les concessionnaires et les consommateurs d’étirer les prêts d’achat le plus longtemps possible.
Si, autrefois, le prêt sur quatre ou cinq ans était la norme, aujourd’hui, on en est rendu à sept et, même, à huit ans sur un produit qui est universellement reconnu comme un bien qui déprécie.
On peut expliquer cela par l’amélioration de la durée de vie et de la qualité des produits et des véhicules. Comme un véhicule financé dure plus longtemps que par le passé, il est normal d’amortir le prêt qu’il soutient sur un peu plus long terme. À titre de représentants de l’industrie, cependant, nous devons faire face à la réalité que les extensions récentes, pour la plupart, en matière de prêts à la consommation ont été le résultat de la demande des consommateurs qui voulaient avoir le paiement mensuel le plus bas possible. L’argent facile et des taux faibles ont rendu cela possible, mais potentiellement au coût des ventes à venir. Les consommateurs achètent de plus en plus un paiement mensuel et non un prix d’achat.
Plus le terme de financement est long, plus il faut du temps au consommateur pour sortir la tête de l’eau : avoir plus d’équité que le solde du prêt. À l’autre extrémité de l’échelle, un 0 % sur un terme de 96 mois sur un prix d’achat 25 000 $ donne un paiement mensuel de 260 $.
DEUX TYPES DE CLIENTS
Cependant, comme la dépréciation d’un véhicule neuf est plus importante — rapide dans les premières années de la vie de la voiture et plus lente à mesure qu’il vieillit — cela peut prendre cinq ans ou même plus au client pour obtenir une équité positive sur le véhicule. Si la dépréciation est forte, les versements sur le prêt ne sont pas : ils restent les mêmes d’un mois à l’autre, que ce soit pour 72, 84 ou 96 mois. Les consommateurs qui vont chez les concessionnaires avec une équité négative sur leur véhicule ne sont pas aussi intéressants que ceux qui ont un échange avec une valeur positive, et ce, pour des raisons évidentes.
Jusqu’à maintenant, nous avons évité les conséquences négatives de la tendance des conditions de prêt de plus en plus longues. Mais le rendement passé n’est pas garant des résultats futurs; et le fait que les analyses sur cette question, pour la plupart, soient truffées d’avertissements extrêmes, il est sage d’au moins d’examiner l’effet potentiel de la prolifération des équités négatives et des conditions de prêt de plus en plus longues sur les ventes futures.
La durée moyenne des prêts n’est pas susceptible de s’allonger beaucoup plus. Si cela est vrai, et nous sommes près de la limite où les produits de financement peuvent être étendus, des problèmes pourraient survenir pour les années à venir, et l’on pourrait encaisser sur les tendances d’aujourd’hui au détriment de la prospérité à long terme.







