Une vision d’affaires porteuse émane de l’ère covidienne. Elle accélère l’expansion des technologies numériques et stimule l’implantation d’initiatives de mise en marché d’avenir. Des stimuli qui galvanisent l’art de communiquer. Entretien avec Denis Dessureault de la Corporation des concessionnaires d’automobiles de Montréal.
La CCAM a ouvert la saison des salons canadiens de l’automobile en 2020. « Nous avons été chanceux de pouvoir exercer cette activité normalement l’an dernier, c’est-à-dire avant l’éclosion de la pandémie au pays », lance Denis Dessureault, vice-président principal de la Corporation des concessionnaires d’automobiles de Montréal. « La tenue du salon de l’auto annuel a permis de conclure une année financière presque complète, contrairement à des associations paires de l’industrie qui n’ont pas eu le loisir de vivre cette situation qui relève du hasard. »
« L’apport financier du salon de Montréal a contribué à maintenir l’équipe en poste et à permettre de continuer à promouvoir et à offrir l’ensemble des services destinés aux membres. Une réalité qui ne se présente pas cette année, cette fois pour toutes les associations de l’industrie. À raison, c’est en août que nous avons pris la décision d’annuler le déroulement du SIAM 2021 dans sa version présentielle. Comme ailleurs au pays, notre plan B consistait à créer un salon virtuel. »
« Or, en octobre, dans le sillon des discussions menées avec les autres organisations de salons de l’auto, nous nous sommes résolus, après avoir consulté les fabricants, à faire les choses différemment. »
Rassembler autrement
« D’une manière encore plus vigoureuse, nous avons édifié un plan C. Il constitue un programme d’initiatives qui permet à la CCAM d’assurer l’évolution d’un contact avec les acheteurs potentiels de véhicules dans la zone métropolitaine de Montréal. Une façon conviviale, ludique même, d’inviter la population à continuer à fréquenter les concessions d’automobiles de la région a donc été mise sur pied. Un projet exécuté dans le respect assuré des directives et des recommandations gouvernementales », précise-t-il.
De cette offensive est née une émission de télé : Zone auto. Une production sur plateau et en extérieur d’une durée d’une heure, présentée à TVA le 20 février à 10 heures en matinée. Un tournage suivi d’une websérie de sept épisodes diffusés sur les plateformes internet du Salon de l’auto, dès le soir même. L’information sera assortie de primeurs d’industrie, de récits d’essais routiers en compagnie de chroniqueurs et de statisticiens connus et du dévoilement des prix annuels de l’Association des journalistes automobiles du Canada (AJAC) dans huit catégories, notamment.
À cette dynamique de reportages s’ajoutent des rencontres avec des collectionneurs, un partage d’entrevues pertinentes et une offre de contenu d’actualités de qualité destinée aux passionnées de l’automobile. Une série d’émissions propulsée par le Salon international de l’auto de Montréal qui, en raison de la pandémie, tente de se réinventer.
« Il ne faut pas se leurrer, la dynamique des salons sur toute la planète s’est transformée depuis l’éclatement de la COVID-19. Le défi consiste désormais à attirer des exposants davantage qu’à convier des visiteurs », confie Denis Dessureault dans un courant de réflexion initiée bien avant l’arrivée du virus.
Réinventer la présentation
« La démarche s’inscrit dans un processus continu de raffinement de l’expérience client », dit le vice-président exécutif de la CCAM. « La réalité covidienne impose la restructuration. Tous les fabricants d’automobiles sont maintenant rompus à de nouvelles habitudes de communication. Ils proposent des dévoilements privés sur le web. Le mode virtuel a pris le dessus sur les salons traditionnels. »
« Notre plan consiste donc à sortir le salon du salon. La tenue de Zone auto à TVA et la web diffusion faciliteront ce rebond. Les amateurs d’automobiles pourront ainsi suivre toutes les manifestations de l’industrie sur nos plateformes multimédia en création. Cette expérience a débuté cette année avec la présentation de l’Avant-Première Bénéfice du Salon de l’auto sur le web et les réseaux sociaux. »
L’événement caritatif présenté aux donateurs au profit des six fondations hospitalières parrainées par la Corporation des concessionnaires d’automobiles de Montréal s’est ainsi déroulé virtuellement en janvier. L’activité durant laquelle deux humoristes reconnus se sont relayés durant plus d’une heure, en direct, a permis d’offrir un spectacle haut en couleurs aux internautes ayant contribué financièrement à la collecte de fonds. L’encan silencieux annuel du Salon s’est déroulé sous les mêmes auspices numériques.
La CCAM, qui s’est créé un segment bien particulier également dans le domaine de la formation pour les membres, a su relever un autre défi en cette ère de contraintes de rassemblements. Rare association canadienne parmi les paires à offrir une expertise de formation de spécialité et seule organisation du genre à présenter des cours de la NADA au pays, la CCAM offre désormais en lieu et place d’enseignement en classe, des modules de cours en ligne.
Rayonnement étendu
« La pandémie aura accéléré la transformation numérique que nous privilégions depuis un certain temps. Mais c’est avec l’aide de la CCAQ que nous y sommes parvenus. Ce partenariat lancé par Robert Poëti a contribué à l’acquisition d’une plateforme LMS (Learning Management System). Elle permet la diffusion des cours de la CCAQ et de la CCAM partout au Québec. Un départ canon qui annonce une fière adhésion des concessionnaires des quatre coins du Québec », commente le porte-parole de la CCAM.
Le programme de Leadership Elite, un ordre du jour destiné aux individus qui occupent des postes de responsabilités et qui souhaitent développer davantage de compétence dans ce domaine dans les concessions, emprunte la même voie.
D’autres projets ciblant une nouvelle offre de services aux membres pourraient bientôt émerger des cartons, rapporte également l’organisation montréalaise. Une annonce pourrait officiellement révéler sous peu la création d’un programme attendu de services de gardiennage et de surveillance des concessions. L’intention pilotée par la filiale de logistique événementielle de la CCAM, SUM Logistique, une entreprise désormais en quête de missions, COVID-19 oblige, étudie cette faisabilité.
« Nous érigeons l’avenir avec une saine énergie », conclut le vice-président principal de la Corporation des concessionnaires d’automobiles de Montréal, Denis Dessureault.








