Le dilemme du partage des données

octobre 31, 2022

Les voitures connectées sont la voie de l’avenir, mais à qui appartiennent les données, et comment protéger la vie privée des utilisateurs ?

La relation entre les concessionnaires et les fabricants ainsi que le partage des données deviennent de plus en plus complexes à mesure que la technologie évolue vers les voitures connectées et les préoccupations en matière de sécurité.

En janvier, la Corporation des associations de détaillants d’automobiles (CADA) a publié un rapport détaillé intitulé Guide du concessionnaire sur les données et leur partage, faisant suite à À la croisée des chemins, un rapport qui comprenait des renseignements sur la reconnaissance de l’importance des données et de leur partage, de la cybersécurité et de la protection de la vie privée.

Le Guide du concessionnaire sur les données et leur partage comptait plus de 100 pages d’information qui comprenaient ce que les concessionnaires devaient surveiller pour se conformer à la Loi canadienne sur la lutte contre le pourriel (LCAP), annoncée par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes en juillet dernier.

Cependant, en septembre, la CADA a fourni à ses membres une liste complète des principes de partage des données de l’écosystème automobile élaborée par la National Automobile Dealers Association en juillet. La CADA a noté que la fabrication et la vente au détail d’automobiles d’aujourd’hui nécessitent une intégration compliquée et critique des systèmes d’information et le partage de données entre les systèmes des concessionnaires, les fabricants et les véhicules eux-mêmes. 

Les cinq principes énoncés dans le document touchaient les catégories suivantes :

  • Les données font l’objet d’un partage seulement en exécution d’une entente de données claire, conforme et écrite;
  • Les données font l’objet d’un partage seulement de façon sécuritaire ;
  • Les données font l’objet d’un partage seulement encadrées par un mécanisme clair d’imputabilité et de protection;
  • Les données font l’objet d’un partage avec des tiers seulement de manière transparente et conforme ;
  • Les concessionnaires et les constructeurs conviennent d’instaurer une structure permanente visant à continuer à travailler ensemble.

Il a été noté que, bien que tous les efforts aient été faits pour assurer l’exactitude et l’actualité de ces principes de partage de données, ils sont de « nature générale » parce que la nature du partage de données est en constante évolution, comme les diverses pratiques, les réglementations et les formes de risques qui y sont associées. 

De plus, compte tenu de la complexité des circonstances individuelles dans chaque concession et des différences de droit selon l’emplacement de la concession et de la base de la clientèle, les principes de partage des données ne sont pas conçus comme des conseils juridiques ou d’autres conseils professionnels, et ne devraient pas être interprétés comme tels.

Au cours d’une entrevue avec Affaires automobiles, le président et chef de la direction de la CADA, Tim Reuss, a déclaré : « Oui, ces principes ne peuvent pas être des règles, mais ce sont des recommandations solides. Nous avons déjà vu dans les juridictions au sud de la frontière que si les concessionnaires et les fabricants les prennent au sérieux, elles peuvent entraîner des résultats assez positifs. »

Ainsi, au mieux, le partage de données peut être défini comme une frontière large et peut-être confuse.

Michael Crosby, concessionnaire en titre de Crosby Auto Group, qui exploite quatre concessions dans le sud-ouest de l’Ontario, a déclaré qu’il y a beaucoup à faire avec des données, plus particulièrement ce qui peut et ne peut pas être partagé par les concessionnaires avec les fournisseurs et les fabricants.

Il a déclaré que l’importance des accords de partage de données consiste à énoncer les préoccupations en matière de responsabilité, d’obligation, de protection et d’information ainsi que la ligne de démarcation.

« Ce sont des documents juridiques essentiels », a déclaré M. Crosby. « Outre un accord de concessionnaire régissant la relation entre le fabricant et les attentes avec un concessionnaire, le partage de données est probablement tout près.

« Chaque marque a des accords de partage de données, certains d’entre eux sont plus actuels que d’autres et peuvent dater et vieillir très rapidement. Lorsque ce sujet a été abordé, il y a 12 à 14 ans, certains fabricants ont conclu des accords de partage de données très basiques. Beaucoup d’entre eux doivent être refaits et travaillés, et c’est un processus entre les fabricants qui travaillent habituellement par l’intermédiaire des conseils de leurs concessionnaires et des avocats et de tout le reste. C’est assez complexe.

Il a déclaré que la sécurité et les vols de données sont probablement la principale préoccupation des consommateurs.

« J’ai entendu parler de concessions aux prises avec un logiciel de rançon par lequel on demandait de l’argent pour avoir accès à leurs systèmes et à leurs données », a déclaré M. Crosby. « Une violation où quelqu’un aurait accès à de l’information volée serait certainement le pire scénario. C’est là que la sécurité et l’intégrité de votre système ainsi que le fait de traiter avec le fabricant et le lien entre les deux, sont d’une importance cruciale. »

Don Romano, président de Hyundai Canada, a déclaré qu’il y avait beaucoup de discussions sur le partage de données et peu de discussions concernant les détails des données. Il a déclaré que, avec l’avènement de la voiture connectée, la quantité et la sensibilité des données changent radicalement.

« Nous devons trouver des moyens de permettre à nos concessionnaires d’accéder à toutes les données que nous recueillons et d’en tirer parti sans compromettre la sécurité et la confidentialité des clients », a déclaré M. Romano. « À cette fin, la conversation devrait porter moins sur le partage des données que sur la sécurité et l’accès aux données. Nous devrions discuter de la façon dont les données sont consultées et utilisées par les fabricants et les concessionnaires, et moins de qui les contrôle. »

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