
Les hausses de taux d’intérêt en ont surpris certains. Voici ce qu’elles cachent.
En juin, la Banque du Canada a annoncé qu’elle avait relevé le taux cible du financement à un jour à 4,75 %.
Cela peut constituer une surprise pour de nombreux Canadiens, car les médias mentionnaient depuis de nombreux mois déjà que la hausse des taux d’intérêt à la fin de 2022 entraînerait un ralentissement de l’économie et, par conséquent, une baisse des taux au cours de la première partie de 2023.
Comme je l’ai fait dans le passé, je profite de cette occasion pour donner aux concessionnaires un contexte économique plus large, passer en revue ce qui a conduit à cette hausse des taux d’intérêt et souligner comment cela pourrait les affecter au cours des 3e et 4e trimestres.
D’abord et avant tout, le PIB canadien a connu une croissance de près de 3,1 % au cours des 6 derniers mois. Même ajustée à la croissance démographique, cette vitalité économique a été stimulée par une forte augmentation de la consommation d’un large éventail de biens et de services, ce qui a entraîné une demande de main-d’œuvre soutenue.
Habituellement perçue comme un précurseur fiable de ce qui va suivre dans l’économie, l’activité sur le marché du logement a également suivi une tendance à la hausse malgré ce que les économistes, pour la plupart, avaient prévu.
La récente reprise économique a entraîné une hausse de l’inflation, la première en plus de 8 mois, et a ainsi incité la Banque du Canada à augmenter son taux directeur pour freiner l’économie et ramener l’inflation à un taux raisonnable.
La stabilité de l’activité économique a également été observée dans l’industrie de l’automobile. En fait, les ventes d’automobiles au Canada ont augmenté de plus de 10 % en mai par comparaison avec avril, et les ventes ont augmenté de 13,5 % par rapport à mai 2022.
Même si ces résultats sont positifs et reflètent la vigueur globale de l’économie, les chiffres de ventes sont toujours proches des niveaux prépandémie.
Il y a un côté positif : les inventaires ont augmenté régulièrement, mais sont toujours à la traîne par rapport aux niveaux de 2021. Selon un sondage mené par Desrosiers Automotive Consultants, les concessionnaires affirment que, en moyenne, les stocks sont à 42 % de leur niveau normal. Avec des niveaux de consommation soutenus, il est juste de supposer que la faiblesse des stocks a contribué à la difficulté des concessionnaires à accaparer une partie de la demande – une demande qui, pour de nombreuses raisons, n’était pas prévue si tard en 2023.
Maintenant, à quoi les concessionnaires d’automobiles doivent-ils s’attendre pour la deuxième partie de l’année ? Ce serait un euphémisme de dire que la situation actuelle est déroutante pour les propriétaires d’entreprises canadiennes. La Banque du Canada redouble d’efforts pour la freiner, l’économie montre encore des signes clairs de dynamisme. Laquelle des deux l’emportera ?
Dans les faits, le Canada n’est pas encore entré dans la période où les taux d’intérêt commencent à avoir des effets mesurables sur l’économie. Historiquement, il faut 18 à 24 mois pour qu’une économie soit pleinement affectée par les hausses de taux d’intérêt imposées précédemment par les institutions bancaires centrales. Actuellement, notre économie est à 15 mois de la hausse initiale des taux cibles. Cela signifie que le 4e trimestre est la période où des changements importants dans les habitudes de consommation pourraient se produire et indiquer aux propriétaires d’entreprise ce qui s’en vient.
En d’autres termes, il est plus que probable que le ralentissement économique attendu ait été retardé et non évité. Même les propres données de la Banque du Canada semblent montrer que l’excédent global de la demande pourrait ne pas être aussi important que prévu. Si l’on ajoute à cela le niveau d’endettement de plus en plus élevé des ménages, il est encore une fois juste de supposer que nous ne voyons actuellement que la pointe de l’iceberg.
De plus, un aspect-clé du message de la banque centrale a changé depuis la dernière annonce publique : il y avait une mention du comportement des entreprises comme d’un possible facteur derrière l’augmentation des prix. Bien que cela puisse sembler bénin de loin, il pourrait y avoir un effet d’entraînement sur la façon dont les consommateurs interagissent avec les concessionnaires d’automobiles.
Les concessionnaires d’automobiles se sont battus bec et ongles pour bâtir un environnement de confiance, de transparence et de communication claire avec les clients potentiels et actuels. D’un autre côté, l’inflation persistante et l’augmentation des prix et des biens poussent de nombreux consommateurs à chercher les coupables derrière cette période économique plus difficile.
Maintenant que la Banque du Canada mentionne même la possibilité que les intérêts des entreprises ont un effet sur les prix, ça pourrait se répandre. Il deviendra de plus en plus important pour les concessionnaires d’être conscients de cette dynamique, de comprendre les consommateurs et de revenir aux principes fondamentaux du service à la clientèle qui ont aidé les concessionnaires d’automobiles à devenir l’une des entreprises les plus fiables et dignes de confiance au Canada.







