Les 20 et 21 octobre dernier s’est tenu un rassemblement d’envergure dans le domaine de l’automobile, soit la troisième édition de la Rencontre au Sommet de la Corporation des concessionnaires automobiles du Québec (CCAQ). C’est la toute première fois qu’étaient rassemblés autant de décideurs et de leaders du même domaine sous le même toit, avec le même objectif commun : transformer positivement l’industrie automobile.
La grande salle du Manège militaire Voltigeurs de Québec s’est vue métamorphosée pour l’ouverture de la Rencontre au Sommet 2025. Il faut dire que l’introduction a été particulièrement étonnante, puisque plongée dans l’obscurité, avec lumière verte, personnages masqués, un signe de protestation et de résistance qui nous rappelle les Anonymous. Pourquoi ? Pour soulever ce malaise que ressent en ce moment l’industrie. Voilà pourquoi ce sommet est d’une grande importance. Se réunir, discuter, trouver des solutions et avancer.
Des questions à répondre
Concessionnaires, constructeurs, partenaires, membres du gouvernement, tous étaient au même endroit pour commencer cette transformation automobile au Québec. L’événement se résume en deux journées d’échanges, d’ateliers, de conférences, de panels d’experts, où l’on prend d’assaut de véritables questions. Quel est l’avenir des concessionnaires automobiles et de sa structure traditionnelle ? Comment remonter dans l’échelle de popularité des consommateurs ? Quelle est la prochaine étape de cette fameuse certification ? Pour répondre à ces questions, plusieurs ateliers collaboratifs étaient au programme. L’idée était de faire émerger des idées, des solutions concrètes et de mettre en place des actions qui peuvent modifier la perception de notre industrie.
En 2023, on a mis en face le problème. En 2024, on a décidé que l’on voulait changer les choses et on a rédigé un manifeste. Puis, cette année, on a amorcé la transformation, mais en sachant qu’il y a bien du travail à faire. « Vous nous avez demandé d’aller encore plus loin, nous y sommes », a mentionné Nathalie Aumont, présidente du C.A. de la CCAQ. « D’ailleurs, félicitations aux concessionnaires qui font l’effort, puisqu’à ce jour, 60 % d’entre vous ont terminé leur formation. Au nom du C.A., merci de votre implication ! »
L’un des ateliers au programme concernait les enjeux auxquels on fait face actuellement, les pratiques ou initiatives et les solutions de demain. Le manque de personnel est bien sûr un élément qui a été soulevé dans la salle. Ça et les employés du type « ça fait 20 ans que je fais ça de même ! ». Le choc des générations est certainement un enjeu. L’implication de la direction pourrait-elle être accrue ? Si les employés ne comprennent pas bien où l’entreprise veut aller et qu’ils n’y voient pas de bénéfices réels, ça peut être un frein à l’avancement. Transparence et communication, bien sûr, mais de façon améliorée, et au bon moment !
Concrètement, quelles seraient les solutions de demain ? Dans la salle, on a répondu qu’il fallait de la reconnaissance, mais pas seulement pour le travail, pour les comportements aussi. L’implication de la direction a de nouveau été mentionnée, en plus de faire participer l’équipe, de bien expliquer le changement et la certification.
Certification phase 2
On a aussi présenté la phase 2 de la certification. Une équipe y sera d’ailleurs entièrement consacrée à la CCAQ. Puis, un comité de discipline verra le jour, soit le Conseil de conformité professionnelle et de discipline. Ce sera mis en place vers la fin de l’année, ce sera complètement indépendant et c’est très attendu des concessionnaires.
Au gouvernement
Mme Chantale Hébert, journaliste politique réputée, et M. Jean Charest, politicien toujours très actif, étaient sur place (séparément) afin de livrer leurs commentaires et opinions, des plus intéressants, sur le gouvernement et ses diverses actions. Difficile de ne pas aborder M. Trump et son administration. Ils ont donc parlé du plan économique du président américain, de la rivalité entre les superpuissances que sont les États-Unis et la Chine et ce à quoi on peut s’attendre pour demain. Un avenir positif ? On l’espère…
D’un autre point de vue
Des journalistes automobiles ont été invités sur un panel, notamment Antoine Joubert et Louis-Philippe Dubé. Leurs points de vue extérieurs à la communauté des concessionnaires étaient très intéressants. Oui, les concessionnaires font des efforts, mais les consommateurs le savent-ils ? Comprennent-ils ce que l’industrie tente de faire ?
Il faut dire que les concessionnaires sont davantage préoccupés par la vente et que l’industrie a du retard sur les attentes des clients. Aujourd’hui, il faut de l’hyperspécialisation. Où les vendeurs se situent-ils à ce niveau ?
Dans le public, la confiance est effritée et ça prend du temps à la regagner. « Les gens sont fâchés. » On sent toutefois le vent d’optimisme. Puis, ce ne sont pas seulement les concessionnaires qui doivent racheter la confiance du public, c’est toute l’industrie. Le prix d’un véhicule n’a pas beaucoup changé depuis 1995, mais le coût des pneus, des assurances, etc., a beaucoup augmenté, a déclaré Antoine. Le top 3 des irritants chez les consommateurs comprend les pratiques de ventes agressives, les intérêts du concessionnaire qui sont priorisés et, bien sûr, le prix.
Enfin, selon les experts du panel, les gens veulent toujours aller en concession et y faire des transactions, mais il faudra bonifier l’expérience client.
Coin techno
L’intelligence artificielle, les données, les outils numériques et technologiques peuvent être très compliqués et donner de beaux maux de tête. Grâce au segment Le Belvédère technologique, présenté par 360 Agency, ainsi qu’à un panel de redoutables maîtres de la technologie, les gens de la salle ont pu en connaître davantage à ce sujet. Cela a clos la Rencontre au Sommet 2025.
Félicitations à toute l’équipe derrière ce Sommet des plus intéressant et qui fait certainement réfléchir sur l’avenir de l’industrie.

































