L’année 2026 s’inscrit dans un contexte exigeant pour l’industrie automobile québécoise. Les décisions réglementaires, les ajustements aux programmes d’incitatifs et les tensions commerciales internationales redéfinissent rapidement l’environnement dans lequel évoluent les concessionnaires.
L’International de l’auto de Québec, tenu récemment, a néanmoins rappelé la solidité du marché de la Capitale-Nationale. L’édition précédente avait attiré près de 65 000 visiteurs grâce à une formule créative et renouvelée. Cette vitalité témoigne d’un intérêt soutenu pour l’automobile et confirme que, malgré les incertitudes, les consommateurs demeurent présents.
Mais derrière cette énergie se trouve une réalité plus structurante.
Les ajustements apportés par le gouvernement du Canada au Programme pour l’abordabilité des véhicules électriques (PAVE) ont modifié de façon significative les paramètres du marché. Le retour d’incitatifs constitue un signal positif. Il soutient l’accessibilité et stimule l’intérêt des consommateurs. Toutefois, au-delà de ces annonces, la prévisibilité demeure essentielle.
Notre industrie planifie sur plusieurs années. Les concessionnaires investissent dans leurs infrastructures, dans la formation de la main-d’œuvre et dans l’adaptation technologique de leurs ateliers. Mais la planification ne dépend pas uniquement des décisions locales. Les allocations des constructeurs sont directement influencées par la stabilité réglementaire et par la cohérence des politiques publiques.
Dans un marché nord-américain intégré, le capital et les produits vont là où la règle est claire. Si le Québec envoie des signaux contradictoires ou imprévisibles, les allocations peuvent être redirigées ailleurs. Le risque est concret : moins de véhicules disponibles, une compétitivité affaiblie et, à terme, moins d’investissement ici même au Québec.
C’est pourquoi ces décisions exigent un cadre stable et prévisible. L’incertitude complique la gestion des opérations, fragilise les stratégies d’approvisionnement et ralentit l’investissement.
L’arrimage entre les orientations fédérales et provinciales devient donc central. Le Québec devra adapter ses politiques afin d’assurer une cohérence avec le cadre national, tout en tenant compte des spécificités de son marché.
À cela s’ajoutent les annonces concernant les véhicules chinois ainsi que les perturbations tarifaires liées aux décisions américaines. L’industrie automobile est profondément intégrée à l’échelle nord-américaine. Les décisions commerciales prises à Washington ont des effets immédiats sur les coûts, les approvisionnements et la compétitivité des entreprises québécoises.
« Avec 63 000 emplois répartis dans les 125 circonscriptions du Québec et plus de 1,5 milliard de dollars en revenus fiscaux annuels, notre industrie constitue un pilier structurant de l’économie québécoise et canadienne. »
Dans un contexte où les chaînes d’approvisionnement demeurent sensibles aux tensions géopolitiques, la stabilité réglementaire devient un levier stratégique.
Avec 63 000 emplois répartis dans les 125 circonscriptions du Québec et plus de 1,5 milliard de dollars en revenus fiscaux annuels, notre industrie constitue un pilier structurant de l’économie québécoise et canadienne. Sa contribution dépasse largement la simple transaction automobile : elle participe activement au dynamisme régional et à la vitalité de nos régions.
L’année 2026 est également une année électorale au Québec.
L’année 2026 sera déterminante.
Dans un contexte marqué par les ajustements au PAVE, par les tensions commerciales internationales et par une campagne électorale qui s’amorce, les décisions publiques devront aller au-delà des réactions ponctuelles.
Elles devront offrir un cadre cohérent, arrimé entre Ottawa et Québec, et suffisamment prévisible pour permettre aux entreprises d’investir avec confiance.
La transition énergétique, la compétitivité et la vitalité des régions ne s’opposent pas. Elles doivent s’inscrire dans une même stratégie.
En 2026, l’enjeu dépasse l’évolution du marché automobile.
Il s’agit de savoir si le Québec choisira d’offrir à son industrie un cadre stable et compétitif dans un marché nord-américain intégré.
Les investissements iront là où les règles sont claires.
Les allocations iront là où la prévisibilité est assurée.
Il appartient maintenant aux décideurs de créer ces conditions.
C’est cette vision que nous porterons au cours des mois à venir.









