Le cours normal des affaires ?

Dans un marché volatil, les concessionnaires reviennent aux bases.

J’écris cet article juste après la défaite du Canada contre les États-Unis en prolongation lors du match pour la médaille d’or du tournoi olympique masculin de hockey.

Du point de vue du hockey, ce fut un match incroyablement divertissant et passionnant, et nous avons remporté la médaille d’argent.

Cependant, compte tenu de l’agressivité des États-Unis sur le plan économique, cette défaite est difficile à accepter. Les émotions sont vives chez tous les Canadiens, et ce, pour plusieurs raisons.

Nous vivons une période de changements incessants et imprévisibles, largement dus aux modifications politiques irritantes de notre voisin du Sud.

Le gouvernement fédéral de notre pays a réagi principalement de deux façons. Premièrement, en tentant d’étendre notre rayonnement commercial interprovincial et international. Deuxièmement, en maintenant une sorte de relation de négociation avec les États-Unis afin de préserver et, idéalement, d’améliorer nos relations commerciales actuelles.

Cet article est publié fin avril. D’ici là, le monde pourrait être complètement différent.

Néanmoins, la décision rendue la semaine dernière par la Cour suprême des États-Unis annulant les droits de douane a été une bonne nouvelle. Il n’a toutefois pas fallu longtemps à la Maison-Blanche pour imposer un nouveau droit de douane de 10 % à tous les pays du monde, y compris le Canada.

Il faudra attendre l’analyse des détails pour en avoir le cœur net. La réaction immédiate avant l’ouverture des marchés est cependant très négative, les marchés boursiers affichant une forte baisse.

Cette réponse apparemment émotionnelle, comme beaucoup d’autres avant elle, rend pratiquement impossible toute prévision fiable de l’avenir.

Cela est particulièrement vrai pour les concessionnaires de véhicules neufs, qui tentent de répondre aux attentes en matière d’investissement des marques qu’ils représentent, aux nombreuses attentes des consommateurs qu’ils servent et de rassurer leurs employés dont le gagne-pain dépend de leur sens des affaires.

Cependant, selon votre point de vue, tout n’est pas que négatif.

Il semble y avoir un climat de difficultés à court terme pour un gain potentiel à long terme. À court terme, la situation pourrait devenir assez difficile dans certaines régions du pays.

Toutefois, l’augmentation de la demande commerciale mondiale et des investissements industriels nationaux pourrait apporter l’indépendance et la sécurité dont nous avons tant besoin à long terme. Nous avons juste besoin de temps pour y parvenir.

Le gouvernement fédéral semble lier certaines opportunités commerciales avec des acteurs étrangers à la condition que les produits soient fabriqués au Canada et que des avantages sociaux soient accordés aux Canadiens.

Les acteurs étrangers semblent s’engager de manière positive, mais seul l’avenir nous le dira.

« Notre base de fabrication et d’assemblage automobile centrée sur les États-Unis est et restera soumise à une pression importante, la Maison-Blanche cherchant à contraindre les constructeurs à délocaliser toute leur production aux États-Unis. »

Alors que le premier ministre et ses délégués commerciaux parcourent le monde à la recherche de perspectives, les Canadiens sont invités à envisager l’avenir avec optimisme.

Le récent accord commercial prévoyant l’échange de véhicules électriques chinois contre des avantages agricoles canadiens, avec la promesse d’une relation commerciale plus approfondie dans un avenir proche, pourrait constituer une telle opportunité.

Seul le temps nous dira dans quelle mesure les constructeurs automobiles chinois assembleront leurs véhicules et s’approvisionneront en pièces détachées au Canada.

Il s’agit d’un changement d’orientation radical, mais qui, à bien des égards, n’est pas sans rappeler celui qui s’est produit il y a plusieurs décennies, lorsque les usines Toyota et Honda ont ouvert leurs portes en Ontario.

Aujourd’hui, elles sont devenues le pilier de la fabrication et de l’assemblage de véhicules au Canada.

Pendant des années, les trois grands constructeurs automobiles de Détroit ont travaillé en étroite collaboration avec les fournisseurs de pièces et les assembleurs canadiens afin d’assurer un processus de production automobile efficace.

Cette époque est peut-être révolue, ou du moins sera-t-elle considérablement perturbée au cours des trois prochaines années.

Il ne fait aucun doute, du moins à court terme, que notre base de fabrication et d’assemblage automobile centrée sur les États-Unis est et restera soumise à une pression importante, la Maison-Blanche cherchant à contraindre les constructeurs à délocaliser toute leur production aux États-Unis.

En conséquence, de nombreux emplois canadiens sont menacés à court terme, dans l’attente que la nouvelle stratégie automobile canadienne fasse son chemin et que les esprits s’apaisent.

Les négociations de l’ACEUM au printemps et à l’été pourraient apporter des réponses très attendues.

Les concessionnaires canadiens de véhicules neufs n’ont d’autre choix que de suivre les fluctuations de cette perturbation.

Tant que les concessionnaires franchisés disposent d’un nouvel approvisionnement en véhicules neufs à vendre au détail, leur cycle économique ne devrait pas être bouleversé de manière significative.

« Accroître la pénétration du marché dans les domaines les plus rentables de nos activités n’est pas une mauvaise stratégie pour les concessionnaires. »

Comme nous le constatons, les véhicules d’occasion, les pièces détachées, les services, le financement, l’esthétique automobile et la réparation de carrosserie sont devenus leur avenir et leur priorité à court terme.

Pour certains concessionnaires, cela a toujours été le cas. D’autres naviguent en eaux inconnues.

Pendant des années, l’objectif était la vente de véhicules neufs. Après tout, les concessionnaires sont des détaillants franchisés de véhicules neufs.

Cependant, les priorités ont changé.

La vente de véhicules neufs n’est qu’un moyen de générer des activités rentables en aval.

Autrefois, les véhicules d’occasion étaient sacrifiés pour stimuler les ventes de véhicules neufs. Aujourd’hui, c’est l’inverse qui se produit.

Les marges et l’approvisionnement des véhicules neufs étant compromis, l’échange et la revente de véhicules d’occasion sont désormais l’objectif, créant ainsi une voie vers des revenus rentables entre les différents services.

Les opportunités potentielles créées par l’arrivée sur le marché canadien de nouvelles marques étrangères, proposant différentes options de propulsion efficaces, sont énormes.

À terme, les nouveaux modèles à prix plus bas (pas nécessairement) des marques nouvelles au Canada pourraient s’avérer être un coup de pouce pour les détaillants canadiens de véhicules neufs, car le modèle de concession domine les stratégies d’agence et de vente directe aux consommateurs.

Selon toute vraisemblance, certaines concessions pourraient être reconverties, et d’autres devront être construites.

Quoi qu’il en soit, certains investissements seront nécessaires.

Oui, il y aura des risques, et ceux-ci pourraient être trop élevés pour certains. Mais pour ceux qui ont le bon instinct d’investir, les rendements pourraient être substantiels.

À court terme, je ne vois aucune raison pour laquelle les concessionnaires canadiens ne pourraient pas tirer parti des occasions actuelles.

Ces occasions résident dans la prise en compte de la durée de vie du véhicule.

Certains concessionnaires le font déjà. Ceux qui ne le font pas devraient s’y mettre.

Accroître la pénétration du marché dans les domaines les plus rentables de nos activités n’est pas une mauvaise stratégie pour les concessionnaires.

En fait, cela nous place dans une position idéale en nous fournissant une base solide pour développer nos activités de manière harmonieuse si et quand de nouvelles marques feront leur apparition.

D’ici là, poursuivons le cours normal des affaires.

À propos de Charles Seguin

Chuck Seguin est président de Seguin Advisory Services, une société-conseil qui aide les concessionnaires d’automobiles à réussir en leur fournissant des points de vue et des services indépendants confidentiels conçus pour répondre aux multiples décisions auxquelles sont confrontés les directeurs des concessions. On peut le joindre au (416)565-9493 et par courriel à cs@seguinadvisory.ca.

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